Depuis plus de 50 ans, la population colombienne souffre de violences, d’enlèvements et de déplacements forcés. De plus, une agriculture problématique s’est développée, entraînant la destruction des forêts et des sols. Vicaría del Sur, une organisation partenaire d’Action de Carême, s’emploie à inverser cette tendance en soutenant les communautés avec des techniques agroécologiques et dans la défense de leurs droits. Aujourd’hui, elles récoltent les fruits de leurs efforts.

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Sortir de la faim et de la misère
L'impact d’Action de Carême en Colombie
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Un groupe de solidarité soutenu par Action de Carême dans l’ouest du Népal lutte contre la discrimination des Dalits. Après quelques succès initiaux, le groupe est aujourd’hui confronté à des revers, mais ses membres ne se laissent pas décourager.

Un texte de Ralf Kaminski, rédacteur chez Action de Carême

À l’école Bhawani Basic, dans la région de Dolpa, 17 élèves sur 28 sont des Dalits. Bien qu’elles représentent environ 13 % de la population népalaise, les personnes dalits sont confrontées à de nombreuses formes de discrimination.

Au Népal, un système séculaire issu de l’hindouisme répartit les personnes en classes sociales appelées castes. Les Dalits, qui comprennent plus de 20 castes inférieures, sont traditionnellement considérés comme impurs et « intouchables ». Pour les castes plus élevées, les boissons ou les aliments touchés par les Dalits sont donc également considérés comme impurs.

Sushila B. K. est dalit et membre d'un groupe de solidarité dans la région de Dolpa.

« Nos enfants nous racontaient souvent leurs expériences à l’école », explique Sushila B. K., agricultrice, mère et membre du groupe de solidarité Dalit Batabaran Krishi Samuha. « Les élèves étaient souvent ignoré·e·s par les enseignant·e·s non-dalits, qui ne corrigeaient pas leurs devoirs, mais les punissaient plus sévèrement que les autres s’il leur arrivait d’oublier quelque chose à la maison. »

La discrimination se manifeste particulièrement autour de la nourriture et des boissons. « Deux enseignantes non-dalits demandaient toujours à des élèves non-dalits de leur apporter de l’eau quand elles avaient soif, plutôt que de demander à l’employé dalit de l’école, responsable de ce type de tâches. » Les élèves qui apportaient l’eau devaient veiller à ne pas toucher par mégarde un·e camarade dalit, sinon les enseignantes refusaient de boire l’eau. En général, les non-dalits refusaient de consommer des repas ou des boissons que l’employé dalit de l’école avait touchés.

La menace d’une plainte déclenche un changement

C’est du moins ce qui se passait jusqu’à l’automne 2023, lorsque le groupe de solidarité est intervenu auprès de l’école. « La loi est de notre côté », explique Sushila B. K. Le groupe a informé la direction de l’école que le comportement des non-dalits contrevenait à la loi en vigueur et a menacé de porter plainte. « Tout le monde était évidemment au courant de la loi, mais il a fallu que nous agissions par la menace pour provoquer un changement de comportement. »

Depuis, les responsabilités de l’employé dalit de l’école, Maan Prasad Kami, se sont élargies : « Aujourd’hui, en plus de m’occuper du matériel scolaire et de nettoyer les salles de classe, je prépare et je sers également les repas de midi, le thé et le café pour tou·te·s les enseignant·e·s, les élèves et les invité·e·s. » Avant, les repas se résumaient à de la malbouffe, comme des nouilles instantanées ou des biscuits. « Je suis très heureux d’avoir plus de responsabilités et de voir les enfants manger plus sainement. »

Les propos d’un chamane ravivent la méfiance

Depuis le mois d’octobre 2023, tout le monde mangeait ensemble à la cantine scolaire ce que Maan Prasad Kami préparait. Pendant environ cinq mois, tout se passait bien. « Progressivement, de moins en moins de personnes participaient au déjeuner », raconte Sushila B. K. À cette même période, un enfant non-dalit avait développé une éruption cutanée autour de la bouche, et ses parents l’avaient emmené chez le chamane du village. « Le chamane avait recommandé que l’enfant ne mange ni ne boive rien qui ait été touché par des personnes de castes inférieures. » Cette information s’était rapidement propagée à l’école et aujourd’hui, seuls trois des onze enfants non-dalits mangent les repas de Kami. Pourtant, l’éruption cutanée s’était probablement développée en raison de problèmes de santé.

« Quelques changements positifs ont toutefois persisté », constate Sushila B. K. « Les enfants s’assoient maintenant tous ensemble sur les mêmes bancs en classe, au lieu d’être séparés comme avant. » Malgré ce revirement, Maan Prasad Kami garde espoir. « Je n’aurais jamais cru que la discrimination envers nous, les Dalits, pourrait un jour changer. Pourtant, elle a réellement diminué, et je suis désormais convaincu que nous pouvons remporter ce combat et que les attitudes à l’école continueront de s’améliorer. » D’autant plus qu’il a également observé des changements positifs dans la cantine d’une autre école.

Maan Prasad Kami est employé à l'école Bhawani Basic dans la région de Dolpa.

Deux pas en avant, un pas en arrière

De son côté, Sushila B.K. est persuadée que l’intervention du groupe n’a fait que modifier le comportement des non-Dalits à l’école, mais pas leur attitude. « Et encore, uniquement à cause de notre menace juridique. De plus, ils craignent la réaction des autres non-Dalits. » Une enseignante a en effet été prévenue par le propriétaire de son logement qu’elle devrait déménager si elle continuait à manger les repas préparés par un Dalit à l’école.

Le fait qu’il y ait toujours des reculs dans la lutte contre la discrimination n’est pas inhabituel, explique Umakanta Bhusal, le responsable de projet local de CAED, une organisation partenaire d’Action de Carême au Népal. « Souvent, on fait deux pas en avant et un en arrière, mais cela nous fait tout de même progresser lentement. » Pour lui, la principale raison du recul à l’école Bhawani Basic réside dans l’attitude des parents non-dalits. « Ils exercent une pression sur leurs enfants et les enseignants. En fin de compte, les non-Dalits veulent conserver leur rôle privilégié aussi longtemps que possible. »

La lutte des Dalits continue

Umakanta Bhusal reconnaît qu’il est difficile de changer des attitudes sociales aussi profondément ancrées, et que changer la loi ne suffit pas. « Cependant, nous continuons à y croire, tout comme les communautés dalits avec lesquelles nous collaborons. »

Le groupe de solidarité Dalit Batabaran Krishi Samuha a demandé au directeur de l’école d’organiser une réunion entre la direction, les enseignant·e·s et le groupe pour discuter à nouveau de la situation. « Nous sommes plus déterminé·e·s que jamais à continuer de nous battre », déclare Sushila B. K.

Ce qui les intéresse avant tout, ce sont leurs enfants. « C’est pourquoi nous nous concentrons autant sur l’école, car nous savons qu’une bonne éducation ouvre de nombreuses portes. Nous voulons que nos enfants aiment aller à l’école, qu’ils apprennent beaucoup et qu’ils aient une vie meilleure que la nôtre ».

Pour en savoir plus sur notre engagement au Népal, cliquez ici.

Umakanta Bhusal est responsable de projet auprès de CAED, l'organisation partenaire locale soutenue par Action de Carême.

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Malgré la persistance du conflit et des affrontements dans le pays, les organisations partenaires d’Action de Carême fournissent un travail efficace sur le terrain. Cependant, la crise est très éprouvante pour la population et rien ne peut être entrepris sans mesures de sécurité.

Texte : Ralf Kaminski, rédacteur à Action de Carême

Depuis 1962, Action de Carême est active en République démocratique du Congo (RDC), anciennement appelée Zaïre jusqu’en 1997. Aujourd’hui, nous travaillons en collaboration avec 13 organisations partenaires dans le pays. Ensemble, nous luttons contre la faim et la pauvreté, promouvons l’alphabétisation et une alimentation saine, réduisons l’endettement, plaidons en faveur d’une exploitation responsable des ressources naturelles et œuvrons pour améliorer l’égalité des genres.

En 2023, près de 13 000 personnes ont ainsi pu bénéficier d’une alimentation plus saine et en plus grandes quantités, dont 55 % de femmes, pour lesquelles les conditions se sont grandement améliorées. Dans le pays, il existe 649 groupes de solidarités qui accordent de petits prêts à des taux d’intérêts très faibles à leurs membres et cultivent ensemble des parcelles de terre ainsi que des étangs de pêche. De plus, l’année dernière, nous avons signé des accords avec diverses entreprises pour investir les revenus miniers dans des projets sociaux communautaires.

Déplacements limités dans le pays

Bien que nous ne menions pas de projets dans l’est du pays, une région convoitée par divers groupes, la situation instable et imprévisible de cette zone a également un impact sur notre travail. « Partout, les habitants et les habitantes suivent les violences qui sévissent dans l’est du pays, ce qui engendre du stress et des traumatismes », explique Germain Nyembo, coordinateur d’Action de Carême en RDC. « Nous sommes toutes et tous concerné·e·s par cette situation, tout comme une blessure au bras affecte le bien-être général du corps. »

Sans compter l’insécurité croissante dans d’autres régions du pays au cours des dernières années. « Les affrontements entre les milices Mobondo et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans les provinces de Mai-Ndombe et de Kwango, à l’ouest, réduisent notre rayon d’action », explique Germain. En effet, les combats ont entraîné des déplacements de populations vers les régions voisines, notamment vers le Kwilu et Kinshasa. « L’année dernière, nous avons dû reporter ou suspendre à plusieurs reprises des missions de conseil aux côtés de nos partenaires au Kwilu en raison de problèmes de sécurité. » Aujourd’hui encore, certains tronçons peuvent être dangereux. « Il s’y produit des attaques sporadiques, d’où l’importance de ne pas voyager de nuit. »

Des habitantes du village de Lokolo montrent fièrement leur certificat d'alphabétisation lors de la Journée mondiale de la femme.

Anxiété et troubles du sommeil

Le conflit a également des conséquences pratiques sur la vie des habitant·e·s : les fonctionnaires subissent des retards de paiement en raison de dépenses imprévues liées à la gestion des conflits. La liberté de mouvement des commerçant·e·s et des consommatrices  et consommateurs est limitée. Sans compter la dévaluation de la monnaie congolaise, qui augmente les prix du carburant, des vêtements et des denrées alimentaires.

Ce contexte de crise est avant tout source d’une grande insécurité, y compris dans les projets d’Action de Carême. « Nous vivons dans l’incertitude, nous ne savons pas de quoi demain sera fait », explique Germain. « Beaucoup de gens ont des troubles du sommeil et craignent que les conflits et les affrontements ne s’étendent à d’autres régions. » Les chef·fe·s de projet sont eux et elles aussi soumi·se·s à de fortes pressions psychologiques, ce qui les prive d’une force et d’une énergie précieuses qu’ils et elles pourraient dédier à leur travail en période de stabilité.

Le retrait seulement en dernier recours

Des mesures de sécurité concrètes ont été prises pour assurer le travail au quotidien. Ainsi, les itinéraires sont tenus secrets ou modifiés à la dernière minute, et certaines visites peuvent être tout simplement annulées. Dans les régions où la situation est critique, nos partenaires locaux s’efforcent d’entretenir de bonnes relations avec les autorités. « Pour pouvoir travailler en sécurité, il est essentiel que nos actions sur le terrain soient acceptées », indique Germain.

Des mesures complémentaires peuvent également être envisagées si la situation vient à s’aggraver. « Par exemple, être accompagné·e·s par des agent·e·s de sécurité armé·e·s lors de nos déplacements, ou se retirer d’une zone si la situation y devient trop dangereuse. » Toutefois, le retrait n’est envisagé qu’en dernier recours, et il n’a jamais été nécessaire jusqu’à présent. « Malheureusement, nous devons constamment surveiller la situation en matière de sécurité, en particulier avant de nous rendre dans des zones dangereuses. » 

Pour en savoir plus sur l’origine de la crise en RDC, cliquez ici.

En RDC, Action de Carême travaille en partenariat avec des organisations locales afin de réduire durablement la faim. Dans le cadre de nos projets, nous assurons l’alimentation de 16 000 Congolaises et Congolais. Souhaitez-vous faire un don pour soutenir notre engagement en RDC et toucher encore plus de personnes ?

Germain Nyembo rapporte que de nombreuses personnes au Congo craignent une extension des conflits et des combats à d'autres régions du pays.
Germain Nyembo rapporte que de nombreuses personnes au Congo craignent une extension des conflits et des combats à d'autres régions du pays.

Au Sénégal, la baisse des récoltes et la diminution du nombre de poissons sont des réalités qui touchent de plein fouet les personnes vivant de l’agriculture et de la pêche. Dans les projets d’Action de Carême, elles acquièrent des compétences qui leur permettent de relever ces défis avec détermination.

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Le défi de s’adapter aux changements climatiques
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Nous créons de l’espoir – vous souhaitez nous y aider ?

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Sandrine Cottier est responsable du développement des programmes chez Action de Carême. Récemment, elle a visité plusieurs projets en Inde et a pu constater à quel point la population a gagné en assurance.

Quel était le motif de ton voyage en Inde ?

Nous voulions aller à la rencontre des organisations partenaires sur le terrain afin qu’elles nous parlent de leurs réussites, et nous en inspirer pour améliorer nos missions dans d’autres pays. C’est pourquoi le coordinateur et la responsable de notre programme au Népal étaient également du voyage.

Avez-vous pu observer des éléments intéressants ?

Oui, un grand nombre ! La culture de l’erreur notamment. En Inde, nos organisations partenaires se réunissent régulièrement pour discuter de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Ainsi, elles peuvent aborder les erreurs ouvertement, sans créer de malaise chez les personnes concernées. Car tous et toutes peuvent en tirer des enseignements ; c’est un processus qui fait avancer à la fois les personnes et la mission.

Qu’est-ce qui t’a particulièrement impressionnée lors de cette visite ?

On peut véritablement percevoir, à travers le visage et le comportement des personnes, si elles sont encore sous l’emprise de la servitude pour dettes ou si, au contraire, elles ont réussi à s’en affranchir. Les premières sont repliées sur elles-mêmes, ne vous regardent pas dans les yeux, parlent à voix basse et sont plutôt craintives. Tandis que les autres sont sûres d’elles, vous regardent, parlent avec assurance et détermination. Ce changement d’attitude est flagrant, c’est impressionnant.

« Ces groupes les amènent à surmonter leurs peurs en leur montrant que toute une communauté d’entraide se tient à leurs côtés. »

Cette image de la région d'Andhra montre des femmes Adivasi qui se sont libérées de l'esclavage pour dettes.

Comment en est-on arrivé à cette situation de servitude pour dettes ?

En Inde, nous œuvrons principalement auprès des Adivasis, une communauté aborigène descendante des populations autochtones, dont les membres vivent pour la plupart dans une grande précarité. Beaucoup empruntent de l’argent à de grands propriétaires terriens en s’engageant à travailler pour ces derniers sept jours sur sept, du matin au soir, jusqu’à avoir remboursé la totalité de leurs dettes. Mais cela est quasi impossible. Car cette cadence les empêche de travailler à côté pour couvrir leurs besoins quotidiens, les contraignant à s’endetter à nouveau. Notre projet sur place vise à les aider à sortir de ce cercle vicieux pour pouvoir vivre dans la dignité. Pour ce faire, nous mettons notamment en place des groupes de solidarité, qui les aident à gagner en assurance. Ces groupes les amènent à surmonter leurs peurs en leur montrant que toute une communauté d’entraide se tient à leurs côtés. Nous les encourageons même à défier leur propriétaire terrien en leur montrant que la loi est officiellement de leur côté.

Quels ont été les bienfaits de ta visite ? Quelles évolutions a-t-elle suscitées au sein du programme ?

En Inde, Action de Carême collabore étroitement avec les autorités agricoles et les universités étatiques pour assurer la production paysanne de denrées alimentaires selon des méthodes agroécologiques. Un système qui favorise certes la transmission et l’échange de connaissances, mais dans lequel nous devons veiller à ce que les agricultrices et agriculteurs ne se voient pas imposer des semences hybrides, qui nécessitent le recours à des pesticides. Car cela favorise l’endettement et la spirale de la dépendance. Nous pouvons également profiter de ces expériences sur les avantages et les risques de telles coopérations dans d’autres programmes nationaux.

Action de Carême effectue régulièrement des évaluations des projets. En quoi celles-ci peuvent bénéficier à d’autres projets ?

De nombreuses recommandations s’appliquent strictement au pays concerné et ne sont que partiellement transposables. Mais, de manière générale, plus le processus d’évaluation intègre les personnes impliquées dans les projets, plus il a des chances de mener à des conclusions et à des ajustements utiles. En effet, l’idée n’est pas tant d’évaluer le travail que de déclencher un processus de réflexion chez les personnes concernées.

Apprenez-en plus sur nos projets en Inde ici.

Sandrine Cottier en compagnie des coordinatrices de nos organisations partenaires dans la région du Tamil Nadu.

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Le réchauffement climatique touche le plus durement les groupes les plus vulnérables, dont la population sénégalaise. Aboubarcry Sall est le coordinateur de notre projet Bamtaree-Podor. Il nous raconte les conséquences de la crise climatique et les mesures qui sont prises.

 

« La sécheresse et le manque d’eau qui sévissent dans la région du Fouta au nord du Sénégal sont une des conséquences du réchauffement planétaire. Cela entraîne une disparition tragique d’espèces végétales et animales et porte de plus en plus atteinte à la sécurité alimentaire des populations et du bétail. Les pâturages et les ressources en eau diminuent comme peau de chagrin, notamment en raison de l’essor des cultures irriguées – notamment rizicoles – et de l’abus d’engrais chimiques et de pesticides, ces derniers ayant également des effets néfastes sur la santé des habitant·e·s. À la recherche de pâturages, les éleveuses et éleveurs doivent parcourir de longues distances, ce qui les éloigne de leur domicile habituel. S’ils emmènent leur famille, c’est l’éducation des enfants qui s’en ressent.

Précipitations irrégulières

Depuis plus de trois décennies, nous enregistrons des précipitations irrégulières en constante diminution. Auparavant, la saison des pluies durait de mai à octobre, soit six mois, et apportait 400 à 500 mm de précipitations. Ces vingt dernières années toutefois, elle ne dure que d’août à octobre et apporte moins de 250 mm. En revanche, nous subissons des inondations lors des années pluvieuses.

S’adapter au réchauffement climatique

Malgré tout, la population fait preuve de résilience et met au point des stratégies d’adaptation à la nouvelle donne. Pour assurer leur approvisionnement en eau, les habitant·e·s forent des puits et construisent des mares. Dans le domaine agricole, la sélection de semences résistantes à la sécheresse pour les cultures céréalières et maraîchères sur les champs familiaux ou collectifs fait des merveilles. En outre, la création de groupes de solidarité permet aux familles paysannes de s’entraider en temps de pénurie. »

L’approche des groupes de solidarité est originaire du Sénégal et constitue un pilier central du travail de l’Action de Carême. Pour en savoir plus sur les groupes de solidarité, cliquez ici.

Die anhaltende Trockenheit lässt Menschen und Tiere in Senegal leiden.
La sécheresse persistante affecte tant les humains que les animaux.

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Mère de sept enfants, Maman Danga Essambo a fondé un groupe de solidarité aux côtés d’autres femmes. 

« Je suis présidente de l’association Anawedja, dont la dénomination signifie Les étrangères. Nous cultivons collectivement des champs de riz et d’arachides. Nous récoltons le riz au mois d’avril ou de mai. Ensuite, nous en entreposons une partie pour notre propre consommation, en vendons une autre partie et distribuons le reste parmi les membres de notre association qui s’en servent pour ensemencer leurs champs. La saison suivante, nous cultivons des arachides et vendons une partie de la récolte en vue d’acheter des uniformes scolaires, des manchettes et des livres pour nos enfants, mais aussi des houes pour travailler aux champs ainsi que des articles de première nécessité pour nos familles. Par ailleurs, nous nous procurons également du jeune bétail à élever afin de diversifier notre production agricole.

Une partie des recettes vient alimenter la caisse de solidarité.

Dans le cadre de cette dernière, nous organisons des rencontres régulières qui permettent à chaque membre de verser son écot. Cependant, tout le monde ne contribue pas dans la même mesure. Certaines personnes ne cotisent jamais, de sorte que nous pouvons difficilement les aider lorsqu’elles rencontrent des difficultés financières.

Nous, paysannes, avons besoin que les élues et élus politiques nous soutiennent dans notre volonté d’aller de l’avant.

Nous avons besoin d’être formées aux nouvelles pratiques agricoles. Nous souhaitons cultiver différents fruits et légumes afin de diversifier et d’étoffer notre production. »

Depuis plus de vingt ans, les activités d’Action de Carême et de ses organisations partenaires s’articulent autour de groupes de solidarité adaptés aux particularités culturelles de chaque pays. Une approche qui aboutit à une réduction durable de la faim. En savoir plus ici.

Danga Esambo cultive des champs avec d'autres femmes. Une partie du produit de la récolte est reversée au groupe de solidarité.
Danga Esambo cultive des champs avec d'autres femmes. Une partie du produit de la récolte est reversée au groupe de solidarité.

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Comment les communautés peuvent-elles contribuer à réduire la pauvreté ? Le programme mené par Action de Carême au Sénégal répond à cette question : avec les calebasses. Le système des calebasses a connu un tel succès que même le gouvernement sénégalais y a prêté attention et a décidé de soutenir le réseau national à hauteur de plus de 200000 francs.  

Un rapport de Vreni Jean-Richard, responsable du programme Sénégal

Les calebasses sont des groupes de solidarité qui épargnent en commun. Ils se constituent un capital auquel les membres peuvent avoir recours en cas de besoin. La fortune épargnée est également utilisée pour faire des achats en commun, ce qui permet d’obtenir des prix de gros et d’éviter les coûts de déplacements. La calebasse profite particulièrement aux femmes et aux enfants lorsque les hommes sont absents. Ceux-ci partent souvent travailler en ville durant plusieurs mois ou emmènent le bétail vers de nouveaux pâturages. Aussi, lorsque les hommes sont absents, les familles ont un filet de sécurité en cas de difficultés financières.  

Des groupes de solidarité pour plus de sécurité 

Le réseau national compte près de 2000 calebasses et réunit 66500 familles. Il offre une sécurité à plus d’un demi-million de personnes ! Celles-ci peuvent obtenir discrètement des crédits sans intérêt, pour affronter une période de pénurie, acheter de la nourriture, payer des frais de santé ou de scolarité. 

Le Gouvernement du Sénégal soutient financièrement la démarche d’Action de Carême 

Le Ministère de la microfinance et de l’économie sociale et solidaire s’est engagé, début 2023, à soutenir le réseau national de calebasses en lui fournissant des moyens de transport et des petits hangars. En outre, il met à disposition environ 150000 francs sous forme de crédit. Il permet ainsi aux réseaux de traiter les achats groupés au niveau régional, voire national, et de gagner en efficacité. Une partie de cet argent est réservée à la population jeune. Les adolescent·e·s et les jeunes parents ont besoin de produits spécifiques comme des couches, du lait en poudre, des cahiers d’école ou des pneus de vélo.  

Les groupes de solidarité constituent un filet de sécurité sociale pour les membres.
Les groupes de solidarité constituent un filet de sécurité sociale pour les membres.

Une aide pour s’aider soi-même 

Pour faire fonctionner leurs micro-entreprises, les habitant·e·s des zones de projets d’Action de Carême ont également besoin de biens bon marchés : filets de pêche, farine pour les pâtisseries, café pour la vente à l’emporter, etc… Ces micro-entrepreneurs et entrepreneuses ne peuvent pas obtenir de prêts auprès d’une banque ou d’un institut de crédit, mais grâce aux réseaux de calebasses, ils ont désormais accès à des matières premières bon marché qu’ils peuvent transformer de manière rentable et soutenir ainsi leurs familles. La reconnaissance et le soutien du gouvernement font la fierté des femmes, qui représentent plus de 90 % des membres des groupes de solidarité. C’est un signe important qui montre que les gens peuvent s’aider eux-mêmes et que des idées innovantes peuvent changer le monde. 

Depuis plus de vingt ans, les activités d’Action de Carême et de ses organisations partenaires s’articulent autour de groupes de solidarité adaptés aux particularités culturelles de chaque pays. Une approche qui aboutit à une réduction durable de la faim. En savoir plus ici.

90% des membres des groupes de solidarité dans le programme Sénégal sont des femmes.
90% des membres des groupes de solidarité dans le programme Sénégal sont des femmes.

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Chaque année, le 17 avril, la Journée internationale des luttes paysannes est l’occasion de sensibiliser la population à la situation des paysans, paysannes, ouvriers et ouvrières agricoles du monde entier. Ce jour particulier permet de mettre en lumière leurs conditions de vie ainsi que les réalités économiques, politiques et sociales auxquelles elles et ils sont confrontés. 

Un commentaire de Claudia Fuhrer, responsable Justice alimentaire, Action de Carême 

En raison de la crise climatique, des conflits et de la pandémie de Covid-19, la faim dans le monde touche désormais plus de 828 millions de personnes. De plus, selon le Programme alimentaire mondial, entre début 2020 et mi-2022, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë a même doublé pour atteindre 345millions. 

Les familles paysannes souffrent également de la faim 

Bien que les paysannes et paysans produisent environ 70 % des denrées alimentaires dans le monde, la moitié d’entre eux sont touchés par la faim. Leur accès à la terre, à l’eau et aux semences est menacé. Ils sont victimes d’expropriation et de violences de la part de leurs propres gouvernements et des multinationales de l’agroalimentaire. La Journée internationale des luttes paysannes est l’occasion pour les paysannes et les paysans de réaffirmer leur combat pour la reconnaissance de leurs droits et d’appeler à plus de solidarité de la part de la communauté internationale par des actions menées dans le monde entier. 

Action de Carême soutient les communautés paysannes 

La collaboration avec les paysans et paysannes est un élément central du travail d’Action de Carême. Dans douze pays, elle soutient des projets qui contribuent à la réalisation de leurs droits et encouragent une agriculture durable et socialement équitable.  

Action de Carême apporte une aide ciblée aux familles paysannes, notamment au Guatemala.
Action de Carême apporte une aide ciblée aux familles paysannes, notamment au Guatemala.

L’impact des groupes de solidarité 

Les groupes de solidarité sont une approche avec laquelle Action de Carême travaille depuis des années. Par leur biais, les familles paysannes peuvent s’accorder des prêts sans intérêts et s’entraider dans le travail des champs ainsi que dans la vente des excédents de récoltes. À Madagascar, au Sénégal, en Inde et au Kenya notamment, ces groupes donnent l’impulsion à d’importants changements sociaux. 

Protéger les droits de celles et ceux qui nous nourrissent 

En outre, Action de Carême s’engage avec les organisations partenaires de son programme international « Justice alimentaire » et par le biais du projet RAISE, dans dix pays et au niveau international, pour la réalisation de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Ensemble, nous pouvons éliminer la faim. 

Nous nous engageons pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s (UNDROP) afin de combattre durablement la faim.
Nous nous engageons pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s (UNDROP) afin de combattre durablement la faim.

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Responsable du projet carbone au Kenya depuis près d’un an, Natacha Forte a pu se rendre au pays pour la première fois en mai 2022. Elle a fait la rencontre de Stellamaris Mulaeh, coordinatrice d’Action de Carême au Kenya, et a eu un aperçu de l'agroécologie.
Responsable du projet carbone au Kenya depuis près d’un an, Natacha Forte a pu se rendre au pays pour la première fois en mai 2022. Elle a fait la rencontre de Stellamaris Mulaeh, coordinatrice d’Action de Carême au Kenya, et a eu un aperçu de l’agroécologie.

Un commentaire de Natacha Forte, responsable du projet carbone au Kenya

Dans un village situé à 1h30 de Nairobi, entouré de jardins arides qui ne laissent apparaître que quelques maigres plants, se trouve un petit Éden : le jardin agroécologique de notre coordinatrice kényane Stellamaris Mulaeh (Stella), que j’ai pu visiter pendant mon voyage. Ce petit paradis regorge d’arbres fruitiers, de légumes et de plantes aromatiques.

Le mois de mai a offert à Stella une multitude de fruits, tous délicieux, tels que des papayes, d’énormes avocats, des oranges, des bananes, et d’autres fruits que je ne connais pas. Même si les mangues n’étaient pas encore mûres, les magnifiques manguiers offraient une ombre bien appréciée. Dans ce paradis sur terre poussent également du maïs, des courges, des tomates, du romarin, du persil et bien d’autres plantes. Grâce à la richesse de son jardin, Stella n’a plus besoin d’acheter de nourriture, juste du sel, de l’huile ou des épices.

Stella regarde son jardin agroécologique.
Renforcer la sécurité alimentaire

Passionnée par l’écologie, Stella a suivi plusieurs formations en agroécologie. Il y a sept ans, elle en a profité pour tester tout ce qu’elle a appris durant ses cours. En agroécologie, on tient compte non seulement de la diversité et de l’importance des arbres, des plantes et des insectes, mais également des mélanges d’arbres et du choix des espèces adaptées au climat local. Quand Stella me parle de ses essais, ses réussites et ses échecs, elle déborde d’enthousiasme. Je trouve formidable qu’elle puisse partager son expertise et transmettre sa passion à d’autres partenaires et communautés locales. Car l’agroécologie renforce la sécurité alimentaire.

En quittant la route du village de Stella, j’entends les arbres, les insectes et les fruits du jardin chuchoter « L’agroécologie, ça fonctionne ! »

Soutenez notre programme national au Kenya

Dans la série d’histoires « Voix du Sud », les coordinatrices et coordinateurs des pays où Action de Carême est présente décrivent les conditions de vie des habitant·e·s dans le contexte de la guerre en Ukraine. Voici les témoignages de Sam Barthélémy Natacha Compaoré, membres de la coordination du programme Burkina Faso.
Dans la série d’histoires « Voix du Sud », les coordinatrices et coordinateurs des pays où Action de Carême est présente décrivent les conditions de vie des habitant·e·s dans le contexte de la guerre en Ukraine. En ces temps difficiles, les programmes d’Action de Carême redonnent espoir et confiance à celles et ceux qui luttent pour joindre les deux bouts.

Membres de la coordination du programme Burkina Faso, Sam Barthélémy et Natacha Compaoré nous donnent un aperçu de la situation dans le pays.

« Au Burkina Faso, les bénéficiaires de nos projets sont pour la plupart des paysannes et paysans qui vivent dans des zones rurales loin des villes et ont peu accès à l’information. Les gens n’ont pour la plupart pas conscience des enjeux liés à la guerre en Europe. L’affrontement entre la Russie et l’Ukraine leur semble aussi proche de leur réalité qu’un récit. La population locale s’inquiète en effet bien plus du climat d’insécurité généré par les fréquentes attaques terroristes : voilà désormais six ans que cette menace plane en permanence au-dessus de la tête des habitant·e·s, en particulier au nord, dans le Sahel, dans le centre-nord et dans l’ouest du pays.

Le réchauffement climatique représente par ailleurs une source de préoccupation supplémentaire. La dernière saison d’hivernage s’étant révélée catastrophique et les récoltes désastreuses, la situation des bénéficiaires s’est détériorée dans presque toutes les zones où nous sommes présent·e·s. La population a de plus en plus de peine à manger à sa faim.

Produire le plus possible soi-même afin d'être économiquement indépendant.
Réduire la dépendance envers l’étranger
Ce conflit pourtant lointain nous montre à quel point nous sommes toutes et tous tributaires d’une poignée de pays : alors qu’elle a éclaté en Ukraine, la guerre a des répercussions tant en Europe qu’en Afrique. Nous voyons toutefois dans la situation actuelle une occasion à saisir afin de promouvoir la culture locale des céréales, qui forment la base de l’alimentation au Burkina Faso. En vue de compenser l’absence de blé d’importation, nous explorons donc, aux côtés des bénéficiaires de nos projets, les céréales susceptibles de pousser sous notre rude climat ainsi que la manière de les transformer. Nous comptons également expérimenter de nouveaux procédés de panification à l’aide de variétés de céréales différentes. Nous mettons tout en œuvre afin de réduire notre dépendance envers l’étranger et de jouer nos atouts. Après tout, le Burkina Faso moulait encore son propre blé dans des moulins nationaux jusqu’en 2005 (les Grands Moulins du Burkina). Telle est la voie sur laquelle nous souhaitons nous réengager. »

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Le programme Burkina Faso touche environ 8500 femmes et hommes. Nous tenons à ce que la population burkinabé sache comment faire valoir ses droits, car elle pourra ainsi avoir accès à la terre, à l’eau, aux forêts et aux pâturages et assurer durablement son alimentation.
Dans la série d’histoires « Voix du Sud », les coordinatrices et coordinateurs des pays où Action de Carême est présente décrivent les conditions de vie des habitant·e·s dans le contexte de la guerre en Ukraine. Voici les témoignages de Diary Ratsimanarihaja et Parany Rasamimanana, membres de la coordination du programme Madagascar.
Dans la série d’histoires « Voix du Sud », les coordinatrices et coordinateurs des pays où Action de Carême est présente décrivent les conditions de vie des habitant·e·s dans le contexte de la guerre en Ukraine. En ces temps difficiles, les programmes d’Action de Carême redonnent espoir et confiance à celles et ceux qui luttent pour joindre les deux bouts.

Voici les témoignages de Diary Ratsimanarihaja et Parany Rasamimanana, membres de la coordination du programme Madagascar

« Madagascar est aux prises avec une inflation galopante qui la rend fortement tributaire de l’aide fournie par l’étranger. Même le riz, que l’île est pourtant capable de produire elle-même, doit être importé. Cette dépendance, liée aux conséquences des ouragans, du Covid-19 et d’une mauvaise gouvernance, appauvrit la population jour après jour. Nos projets se déroulent essentiellement dans les zones rurales, où les paysannes et paysans ignorent tout de la guerre en Ukraine.

Réunion des membres d’un groupe d’épargne.
Miser sur l’autosuffisance alimentaire
À l’heure actuelle, il est encore possible de s’approvisionner en céréales, en essence, en gaz, en huile de tournesol et en engrais. Les risques de pénurie évoqués dans les médias ont alimenté les spéculations et nous sommes confronté·e·s à un renchérissement continu depuis le début de l’invasion. L’inflation croissante représente un grave problème pour les ménages, le prix des marchandises devenant de plus en plus prohibitif pour nombre d’entre eux.

L’expérience nous a appris combien il est primordial pour les bénéficiaires de nos projets de miser sur l’autosuffisance face à une pénurie de produits importés comme celle qui menace actuellement l’île. L’instabilité économique mondiale générée par la guerre, couplée aux mauvais choix de gouvernance de nos dirigeant·e·s, nous conforte dans la conviction qu’il est crucial de prêter aide et assistance à la frange la plus défavorisée de la population. Aussi notre programme vise-t-il à permettre aux habitant·e·s de se nourrir par leurs propres moyens et de subvenir à une grande partie de leurs besoins. »

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Les projets d'Action de Carême offrent une issue aux familles pauvres. Ils initient des groupes d'épargne qui peuvent s'entraider en cas d'urgence avec des prêts sans intérêts - lorsque les réserves de nourriture s'épuisent à la fin de la saison des pluies, lorsque quelqu'un tombe malade ou lorsque les enfants ont besoin de matériel scolaire.
Senegal Fenagie:  Die Frauen der Solidaritätsgruppe produzieren Seife und Javelwasser -Le savon et l'eau de Javel, que les femmes produisent elles-mêmes, sont très demandés.

Au Sénégal, les groupes de solidarité et d'épargne (calebasses) initiés par la Fénagie connaissent un grand succès. De nombreux villages profitent de leurs compétences et de leurs connaissances pour faire face à la crise du coronavirus.

Les femmes membres de la calebasse de Soukouta ont produit elles-mêmes 700 litres d’eau de Javel et 150 pots de savon ces dernières semaines. Avec l’apparition du coronavirus, le besoin en savon pour le lavage des mains et en eau de Javel pour la désinfection régulière des sols, des étagères et des installations sanitaires s’est accru. Les femmes ont produit en grande quantité, de sorte que ni les membres du groupe ni la population du village ne souffrent de pénurie.

Au Sénégal, le premier cas de Covid-19 a été enregistré le 2 mars. Dès lors, la courbe n’a cessé d’augmenter. Le 4 mai, le pays faisait état de 1182 personnes infectées, 9 morts et 372 guérisons. Le coronavirus a principalement touché la population urbaine alors que celle des villages a été épargnée jusqu’à présent. Le peuple essaie de respecter la distanciation sociale.

À travers de courtes scènes de théâtre, les femmes des groupes de solidarité transmettent leurs connaissances à d'autres femmesÀ travers de courtes scènes de théâtre, les femmes des groupes de solidarité transmettent leurs connaissances à d'autres femmes

Garder courage malgré l’état d’urgence

Depuis le 23 mars, le pays est en état d’urgence. Toutes les frontières sont closes et un couvre-feu a été instauré entre 20 heures et 6 heures du matin. Les marchés sont fermés et, dès 16 heures, les autres magasins doivent l’être également. Le port du masque est obligatoire à l’extérieur de la maison.

De plus, l’interdiction de voyager à l’intérieur du pays met en difficulté de nombreuses personnes, telles les femmes membres de la calebasse de Thialane. En effet, ces dernières vivent au milieu du delta du fleuve Saloum et leur seul moyen de transport est la pirogue. Elles attendent donc impatiemment la levée de l’interdiction, car les ingrédients pour fabriquer de l’eau de Javel commencent à manquer. Jusqu’à présent, elles ont pu produire 186 litres de désinfectant et de produit de nettoyage qui bénéficient aux 800 habitant·e·s de leur village.

Ces dernières années, les groupes d’épargne et de solidarité sont devenus une institution importante dans tout le pays et ont permis d’améliorer la qualité de vie d’un grand nombre de communautés. Pour la plupart des membres, le renforcement de la cohésion sociale et de la solidarité constitue la plus grande réussite des calebasses. L’épargne communautaire n’est que secondaire.

Verteilaktion von Seife und Javelwasser durch die Partnerorganisation AgrécolDistribution de savon et d'eau de Javel par l'organisation partenaire Agrécol

La peur de la faim

En raison des nombreuses restrictions en vigueur pour éviter la propagation du virus, la vie est devenue très difficile pour la population. Les prix des denrées alimentaires augmentent et les réserves, déjà faibles, sont presque épuisées. En 2019, les précipitations ont été peu abondantes et, par conséquent, la récolte a été mauvaise. Il est à craindre que le Sénégal ne soit confronté à une famine. Le gouvernement a annoncé des mesures d’aide, mais en raison de l’interdiction de voyager dans le pays, la manière dont ces colis parviendront aux personnes dans le besoin reste incertaine. L’interdiction de quitter le pays et de se rassembler signifie que même la tradition de déposer de la nourriture destinée aux plus démuni·e·s dans les mosquées pendant le Ramadan ne pourra être maintenue cette année.

Les organisations partenaires d’Action de Carême sont également soumises à des restrictions, étant donné qu’il est actuellement impossible de se rendre dans les villages. Cependant, elles soutiennent leurs bénéficiaires du mieux qu’elles le peuvent en ayant recours au téléphone. Elles diffusent des informations ainsi que des règles de conduite et conseillent les groupes, voire servent de médiatrices en cas de difficultés. Elles collaborent également avec les autorités locales et soutiennent les mesures d’hygiène, notamment par la distribution de savons artisanaux.

Action de Carême prévoit de continuer à soutenir ses organisations partenaires dans ses 14 pays d’intervention afin qu’elles ne soient pas contraintes de licencier du personnel et qu’elles puissent adapter leur travail aux circonstances. Vous pouvez en apprendre plus sur notre programme au Sénégal ici.

Pour maintenir et poursuivre ce travail, chaque don compte.

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Les groupes de solidarité ont construit cette maison pour protéger leurs stocks de riz des inondations. Contre le virus, ils n'ont aucune protection.

La ville portuaire de Toamasina, sur la côte Est de Madagascar, n'est pas épargnée en ce moment. À la mi-mars, les quartiers situés en basse altitude ont été inondés par le cyclone Herold. Dans de nombreuses maisons, l'eau montait jusqu'aux genoux. À peine avait-elle commencé à se retirer que les populations ont été informées de la prochaine menace : une menace mondiale qui fait trembler même les pays industrialisés.

Tous les projets d’Action de Carême sont confrontés à des défis supplémentaires et nouveaux. Le 24 mars dernier, Jean Céléstin Heriniaina, responsable du projet regroupant environ 1500 groupes de solidarité, relatait ceci depuis Toamasina :

Le premier cas de Covid-19 s’est déclaré à Madagascar le 17 mars. Les inondations et maintenant cette épidémie perturbent la vie et de nombreuses personnes réagissent dans la panique. Les habitant·e·s de Toamasina tentent de s’approvisionner en riz, légumes et autres produits de première nécessité, malgré la hausse soudaine des prix. Le prix de l’huile de cuisson a déjà augmenté de 5 %. Un sac de riz, qui coûtait auparavant 90 000 Ariary (23 francs suisses), se négocie désormais au double de ce prix. À Bazary Kely – le marché local – et dans les supermarchés, tout a été acheté, les étals vidés le 21 mars. Même les stations d’essence sont à sec, on n’y trouve plus ni essence, ni mazout, ni gaz.

Mais pour combien de temps nos réserves suffiront-elles ? On peut supposer que la situation renforcera la pauvreté. Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde, avec environ 80 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté fixé à 2 dollars par jour.

Le 22 mars, le président a déclaré l’état d’urgence et imposé un couvre-feu de 15 jours à la capitale et à Toamasina. Dans les rues de Toamasina, on peut sentir la panique des habitant·e·s, même si aucune contagion n’a été signalée jusqu’à présent.

Action de Carême prévoit de continuer à soutenir ses organisations partenaires, dans la mesure prévue, dans ses 14 pays d’intervention, afin qu’elles ne soient pas contraintes de licencier du personnel et qu’elles puissent adapter leur travail aux circonstances. À Madagascar, il est possible d’assurer une partie de l’accompagnement des groupes de solidarité via les téléphones portables. Les prêts que les groupes accordent sans intérêt – ou à un très faible taux – restent possibles. Comme il n’y a que peu de patient·e ·s atteint·e·s de Covid-19, on peut espérer que le virus ne se répandra pas de manière épidémique – cela aurait des conséquences dévastatrices pour une population démunie.

Afin de pouvoir maintenir et poursuivre ce travail, chaque don compte. Vous pouvez en apprendre plus sur notre programme à Madagascar ici.

 

 

Covid-19, une bombe à retardement pour le régime

Le journaliste Stefan Frey vit entre Olten et Diego Suarez, dans le nord de Madagascar. Il y a fondé l'organisation Mad'éole, qui approvisionne les villages en énergie éolienne et autres énergies renouvelables. Découvrez dans son article du 5 avril son regard d'observateur critique sur Madagascar et le Covid-19.

Le 1er avril 2020, l’Observatoire de la vie publique (SeFaFi) de Madagascar a publié une évaluation critique du système de santé malgache et a exprimé de sérieux doutes sur capacité de celui-ci à faire face à la pandémie. Dix jours plus tôt, le président Andry Rajoelina avait officiellement annoncé, dans une apparition télévisée pompeuse, que le coronavirus était arrivé sur l’île par des vols en provenance d’Europe entre le 11 et le 22 mars.

Les régions autour de la capitale Antananarivo et de la ville portuaire de Toamasina sont en quarantaine, l’espace aérien est fermé depuis le 22 mars, tout comme les ports. Selon le président, le pays comptait 59 cas de Covid-19 le 2 avril. Personne dans le pays n’y croit, c’est pourquoi des milliers de personnes prennent d’assaut les points de distribution des colis alimentaires. Les images de cet afflux massif tournent en dérision celles du président – qui s’adresse désormais à la population un jour sur deux par l’intermédiaire des médias réquisitionnés par les mesures d’urgence.

Dans sa dernière annonce, le SeFaFi fait référence à un phénomène devenu une culture : la corruption. Dans le système de santé également, les abus de pouvoir, les détournements de fonds et la corruption ouverte sont depuis longtemps devenus une menace existentielle. Les années de négligence du secteur de la santé ont pratiquement privé les hôpitaux de leurs possibilités de traitement. Par ailleurs, dans la population rurale, neuf personnes sur dix n’ont pas du tout accès au système de santé.

Stefan Frey commente ainsi les projets d’Action de Carême : « Il existe en outre de nombreux projets organisés et financés de manière purement privée, parmi lesquels celui d’Action de Carême est particulièrement remarquable.  Il permet l’auto-organisation de groupes de solidarités, dont les membres parviennent à sortir de la spirale de l’endettement et à se libérer des chaînes des usuriers. Ainsi, plus de cent mille personnes ont pu développer une perspective durable. »

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