« Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » Ces paroles prononcées par Mohandas Gandhi nous interpellent toutes et tous. Elles nous rappellent que chacune de nos actions ou de nos omissions a des répercussions sur la planète et sur la vie des générations futures.

Un commentaire de Selina Stadler, responsable communication de la campagne œcuménique

Avec sa devise « De quel monde voulons-nous être responsables ? », la Campagne œcuménique 2023 aborde tout particulièrement la question des conséquences de nos actes. Le thème de la responsabilité est souvent mis en relation avec les notions de devoir et de faute. Il s’agit toutefois aussi d’une occasion à saisir : nous pouvons et devons faire ce qui est en notre pouvoir pour susciter des changements positifs en adoptant une conduite responsable. Troisième volet du cycle relatif à la justice climatique, la campagne 2023 met l’accent sur la nourriture et le droit à l’alimentation pour toutes et tous.

Tout est étroitemnt lié

Climat, faim et planète sont autant de thématiques de premier plan. Quel impact peuvent avoir mes habitudes alimentaires ? La manière dont nous produisons et consommons notre nourriture représente l’un des principaux facteurs de la crise climatique, puisque plus d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre sont liées à la production alimentaire. Toutes les opérations qui mènent du champ à l’assiette sont en cause : agriculture, transformation, conditionnement, transport et consommation. Les changements climatiques entraînent des événements extrêmes tels que sécheresses, fortes précipitations et ouragans, lesquels mettent à leur tour en péril la production de nourriture et, de ce fait, le droit à l’alimentation de millions de personnes. Ce phénomène plonge les familles paysannes de l’hémisphère Sud dans la faim et la pauvreté alors qu’elles contribuent le moins au dérèglement climatique.

L’agroécologie comme réponse

Si l’agriculture industrielle représente l’une des principales sources de gaz à effet de serre à l’origine de la crise climatique, l’agroécologie, au contraire, propose d’importantes pistes de solution. En effet, cette démarche axée sur la production d’aliments sains et variés, sans recours aux pesticides ni surexploitation des ressources, vise aussi la mise en place de relations commerciales et de conditions de travail dignes et équitables. En plus de promouvoir l’agroécologie à travers la réalisation de projets, la Campagne œcuménique demande aussi aux responsables politiques de prendre davantage d’initiatives dans le domaine. À l’échelle individuelle, nous pouvons apporter notre soutien à une politique qui favorise les droits des paysannes et paysans, promeut les semences locales et lutte contre le dérèglement climatique. Lorsque nous consommons des aliments locaux, de saison et produits de manière équitable, nous agissons au niveau économique, politique, écologique et social. Et nous contribuons à un monde plus juste et sans faim. Ensemble, faisons la différence !

Vous pouvez découvrir la campagne ici.

Vous trouverez le communiqué de presse de la campagne œcuménique 2023 ici.

La Campagne œcuménique en bref 

Depuis 1969, l’EPER et Action de Carême organisent chaque année une Campagne œcuménique durant les six semaines qui précèdent Pâques. Les deux organisations ont été rejointes, en 1994, par Être Partenaires, l’œuvre d’entraide de l’Église catholique-chrétienne de la Suisse. La Campagne œcuménique vise à sensibiliser le public aux inégalités à l’origine de la famine et de la pauvreté qui touchent plus de 800 millions de personnes dans le monde. Toutefois, prendre conscience de cette réalité ne suffit pas. C’est pourquoi les trois œuvres d’entraide proposent des possibilités d’action concrètes : changer son mode de consommation, faire un don pour soutenir les personnes des pays du Sud impliquées dans les projets, participer à une action… Ainsi, la Campagne œcuménique devient un exemple on ne peut plus concret de solidarité. Les trois organisations mènent des projets de développement et des projets climatiques dans plusieurs pays du Sud. Elles promeuvent, entre autres, le droit à l’alimentation pour toutes et tous et la justice climatique.

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Grâce à Action de Carême, les communautés autochtones du Brésil ont pu s’exprimer à la COP26. En Amazonie, elles sont victimes d’expulsions et souffrent des conséquences du déboisement. De son côté, le gouvernement brésilien a fait tout ce qu’il a pu pour saboter le sommet sur le climat.

Un commentaire de Stefan Salzmann et Bernd Nilles depuis la COP26 à Glasgow

En Amazonie, les barrages causent le déplacement des communautés locales. Qu’en est-il de la justice climatique ?

Le public a répondu présent lors de l’événement organisé par Action de Carême à Glasgow dans le cadre du sommet sur le climat : une centaine de personnes l’ont suivi sur place et 200 autres se sont connectées en ligne. Des représentantes des communautés autochtones du bassin amazonien ont témoigné de leur vie quotidienne.

Les déplacements forcés, la perte de leurs maisons, la menace de disparition de leur culture et le manque de perspectives sont leurs principales préoccupations. Il est grand temps que le monde connaisse le revers de la médaille des projets d’énergie renouvelable à grande échelle, comme par exemple la construction du barrage de Belo Monte, afin que l’histoire ne se répète pas.

La politique brésilienne : du pur « greenwashing »

Les entreprises et les représentant·e·s politiques signent des tas d’initiatives internationales visant à soi-disant limiter le réchauffement de la planète. L’une d’entre elles consiste à mettre un terme à la déforestation, mais aucune mesure ni plan de mise en œuvre ne sont actuellement prévus.

Une autre consiste à faire pression pour la mise en place de réseaux de distribution d’énergie renouvelable à l’échelle mondiale. Au nom de la protection du climat, de grands projets sont mis en avant sans tenir compte des communautés locales. Le prochain grand barrage est déjà en cours de construction sur le Rio Tapajos.

Dans le pavillon brésilien, le gouvernement n’a aucun scrupule à présenter le succès du développement durable « vert » de l’État du Mato Grosso, alors même que ce dernier a été défriché comme aucun autre État ces dernières années afin d’y promouvoir l’agriculture agro-industrielle.

Action de Carême donne une voix aux peuples autochtones, le Brésil aux lobbyistes de l’agrobusiness

Au sein du réseau Juruena Vivo, les communautés autochtones se mobilisent contre la politique gouvernementale. Action de Carême leur a permis de se rendre à Glasgow pour que leur voix puisse être entendue.

À Glasgow, le Brésil a été représenté par non moins de 479 personnes, soit environ deux fois plus que le nombre de représentant·e·s du pays hôte, la Grande-Bretagne. L’organisation partenaire d’Action de Carême Observatorio do Clima a compté combien des précieuses accréditations ont été accordées aux différents secteurs : 9 à des organisations de lobbying du secteur agricole, 6 au secteur de l’industrie et 25 à celui des affaires.

Accès facilité pour les conjoints, pratiquement aucun accès pour les militant·e·s autochtones

Les épouses des représentants de quatre États et d’une grande ville ont été invitées à se joindre à la délégation brésilienne et ont eu accès à toutes les salles de négociation. Or, c’est précisément dans ces espaces de négociation que les représentant·e·s brésilien·ne·s sont connu·e·s pour avoir l’habitude d’entraver les revendications de transparence, de retarder les négociations par de longs monologues ou d’enrichir les textes d’amendements non majoritaires.

Parallèlement, la jeune militante indigène Txai Suruí, qui a eu la chance d’obtenir une accréditation pour assister à la conférence, a été physiquement harcelée en public par un membre de la délégation brésilienne, qui a ensuite été arrêté par le personnel de sécurité. Ce comportement inapproprié a valu au Brésil la distinction « Fossil of the Day » (fossile du jour), un prix décerné par la société civile pour dénoncer des attitudes inadéquates lors de la conférence.

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Les médias nous criblent de nouvelles sur les villes fantômes et sur la situation de personnes en Europe, qui vivent dans un cadre qui nous est familier. Dans les pays du Sud, en plus des multiples crises déjà existantes telles que la violence, l'oppression, la faim, la pauvreté, les maladies et les conséquences des changements climatiques, la situation des populations deviendra encore plus précaire à cause de la pandémie de coronavirus. L’état d’urgence est donc décrété dans les 14 pays d’intervention d’Action de Carême.

« Il est d’autant plus important de nous intéresser à la situation de ces populations et de les soutenir dans toute la mesure de nos moyens », affirme Bernd Nilles, directeur d’Action de Carême. Ces prochaines semaines, ce soutien consistera à créer des groupes WhatsApp pour lutter contre la désinformation, à diffuser des informations sur les mesures de prévention et à financer les organisations partenaires afin qu’elles puissent continuer à payer leurs employé·e·s.

En Afrique du Sud, le gouvernement a décrété le confinement, interdit les rassemblements et émis les mêmes recommandations en vigueur en Europe : se laver les mains, garder les distances et rester à la maison. Mais qu’en est-il des sans-logis ? Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a promis de l’aide, reste à savoir quelle forme elle prendra. Même panorama au Népal, au Sénégal, au Kenya, au Burkina Faso et aux Philippines, où l’état d’urgence a été déclaré pour les six prochains mois. À Madagascar, le gouvernement a mis en quarantaine 900 voyageurs ayant atterri dans trois avions en provenance de France. En Inde, 1,3 milliard de personnes sont confinées chez elles. Mais les gens quittent les villes en masse pour rejoindre leur famille dans les villages et sont prêts à marcher des centaines de kilomètres. Quant à la République démocratique du Congo, elle est, pour comble de malheur, toujours aux prises avec la rubéole et d’autres viroses qui lui font payer un lourd tribut en vies humaines.

Se laver les mains : oui, mais comment le faire sans eau ?

Or, comment feront les personnes sans accès à l’eau pour se laver régulièrement les mains ? Et d’où proviendra l’eau nécessaire lorsque sévit en plus une grave sécheresse, comme il en va en Afrique du Sud ? Et c’est la même eau dont ont besoin les familles paysannes pour irriguer leurs champs. Au Sénégal, le prix des denrées alimentaires flambe, de sorte que les plus pauvres peinent toujours davantage à se procurer de la nourriture. Seule la frange la plus riche de la population peut accumuler des vivres. Et comment respecter les distances selon les consignes bien connues lorsque toute la famille doit se serrer dans un logement exigu ?

Les droits humains sous pression

Action de Carême est active dans des pays où les droits humains sont de plus en plus foulés aux pieds. Les interdictions de rassemblement et la surveillance des téléphones portables entravent l’émergence de mouvements de résistance. « Quelques régimes abusent de l’état d’exception tant pour pratiquer la répression que pour restreindre les droits et libertés », déplore Bernd Nilles. Nos partenaires locaux nous rapportent déjà que leurs employé·e·s ne peuvent plus se rendre dans les villages, que les cours sont annulés et que les groupes de solidarité ne peuvent plus se réunir. « Les employé·e·s de nos projets continuent malgré tout à les appuyer, par téléphone lorsque cela est possible. » Ils diffusent des informations et des consignes et conseillent les communautés qui rencontrent des difficultés.

Pour de plus amples informations : Tiziana Conti, 076 366 06 40