Depuis plus de 50 ans, la population colombienne souffre de violences, d’enlèvements et de déplacements forcés. De plus, une agriculture problématique s’est développée, entraînant la destruction des forêts et des sols. Vicaría del Sur, une organisation partenaire d’Action de Carême, s’emploie à inverser cette tendance en soutenant les communautés avec des techniques agroécologiques et dans la défense de leurs droits. Aujourd’hui, elles récoltent les fruits de leurs efforts.

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Sortir de la faim et de la misère
L'impact d’Action de Carême en Colombie
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La raffinerie suisse ARGOR-HERAEUS importe depuis près de 20 ans de l’or du Bajo Cauca en Colombie, une région de conflit et à haut risque. Une nouvelle étude d’Action de Carême montre que les communautés affectées ne sont pas consultées correctement et que la raffinerie suisse n’informe pas de manière transparente sur la provenance de l’or. Les normes suisses et internationales sont insuffisantes. 

Par François Mercier, responsable Matières premières et droits humains, Action de Carême 

La Suisse, plaque tournante du commerce de l’or mondial, raffine près d’un tiers de l’or produit à l’échelle planétaire. Derrière cette brillante façade se cachent toutefois des enjeux cruciaux pour l’environnement et les droits humains dans les régions de production, souvent défaillantes sur le plan étatique. La raffinerie ARGOR-HERAEUS à Mendrisio (TI) est l’une des principales actrices du secteur en Suisse. Tout comme ses homologues, elle est tenue de répondre à des standards suisses et internationaux qui exigent un devoir de diligence afin de garantir un approvisionnement responsable en or. 

Dans une nouvelle étude, réalisée avec l’aide de notre partenaire IPC (Instituto Popular de Capacitación), Action de Carême a analysé les importations d’or d’ARGOR-HERAEUS venant du Bajo Cauca en Colombie, une région marquée par la pauvreté et les conflits. 

Doutes sur le devoir de diligence de la raffinerie 

Dans la région du Bajo Cauca, l’or est exploité par la société MINEROS sur le fleuve Nechí. Ces dix dernières années, la majorité des exportations de MINEROS ont été destinées à ARGOR-HERAEUS, son partenaire d’affaires le plus important. Or, les communautés touchées par cette activité confirment qu’elle entraîne des conséquences importantes sur la population locale et l’environnement, avec des indemnisations inadéquates pour les familles déplacées et des ruptures de digues qui déstabilisent l’écosystème. Les zones humides, vitales pour la pêche locale, sont également fortement affectées, compromettant la sécurité alimentaire des habitant·e·s. Les associations de pêche se plaignent depuis longtemps de cette situation. 

Selon les standards internationaux, les raffineries sont appelées à effectuer des visites de terrain, consulter les communautés locales et se renseigner sur le contexte sécuritaire. Or, ni notre partenaire, ni les représentants légaux du fleuve où est produit l’or, ni les associations de pêche que nous avons consultées n’ont eu de contact avec un·e représentant·e d’ARGOR-HERAEUS. Interrogée à ce sujet, la raffinerie refuse de divulguer ses sources d’informations et de préciser quelles communautés ont été consultées.

Par ailleurs, sa connaissance du contexte sécuritaire semble lacunaire, alors que l’on constate une présence à grande échelle de mineurs illégaux sur la propriété de la mine. ARGOR-HERAEUS assure que l’or ne provient pas de sources illégales, mais ne fournit aucune information détaillée. Cette situation engendre également une pollution alarmante de l’environnement, mettant en danger la vie aquatique. 

Ein Schwimmbagger der Gold aus dem Fluss abbaut.
L'exploitation illégale de l'or sur le site de MINEROS a des conséquences désastreuses sur la population locale et l'environnement.

Pour une meilleure transparence et une exploitation responsable de l’or 

En Suisse, ni les autorités, ni les grandes raffineries ne publient d’informations sur la provenance de l’or minier. Notre recherche jette des doutes sur les mesures prises par ARGOR-HERAEUS pour répondre à son devoir de diligence. Aussi bien la loi suisse que les standards internationaux sont insuffisants pour contrôler les raffineries. Face à cette situation, Action de Carême s’engage pour plus de transparence et de contrôle. Plutôt que de se retirer des régions à risque, il est impératif que les raffineries suisses, en particulier ARGOR-HERAEUS, appliquent rigoureusement les standards internationaux, en garantissant la transparence sur la provenance de l’or et en exerçant une diligence accrue dans les zones à haut risque. En impliquant toutes les parties prenantes telles que les partenaires d’affaires, les autorités et la société civile, nous pouvons œuvrer ensemble pour garantir une exploitation responsable de l’or et contribuer positivement au développement des régions les plus vulnérables. Il en va de l’environnement, des droits humains et de l’avenir des populations locales du Bajo Cauca.  

L’étude sur l’or d’Action de Carême se trouve ici.

Le rectificatif de l’étude sur l’or de septembre 2024 se trouve ici.

Correspondance entre Action de Carême et Argor-Heraeus, février – juillet 2023

L'association des « gardiens de la rivière », représentants officiels de la rivière Nechí depuis 2019, décrit les dommages causés à la population et assure qu'elle n'a jamais été consultée par MINEROS.

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Le 13 mai, à l’occasion de la Journée du commerce équitable sur le thème « Effets du commerce équitable », la commune de Val-de-Ruz (NE) devient la 21ème municipalité de Suisse à obtenir la distinction Fair Trade Town (FTT). Le 16 mai, ce sera au tour de la ville de Lugano (TI), qui deviendra la 22ème ville équitable de Suisse. La distinction FTT est promue par la faîtière du commerce équitable Swiss Fair Trade, dont Action de Carême est membre fondatrice. Notre organisation se réjouit de l’engagement de ces communes, qui contribue à la souveraineté alimentaire des familles paysannes dans les pays du Sud.

Une contribution de Sophie de Rivaz, responsable des dossiers Commerce équitable, Transition et Durabilité

Ce n’est pas un hasard du calendrier si les communes de Val-de-Ruz, dans le canton de Neuchâtel et de Lugano, au Tessin ont respectivement choisi les 13 et 16 mai pour célébrer leur engagement en faveur du commerce équitable. La cérémonie de la première se déroule en effet lors de la Journée mondiale du commerce équitable et celle de la seconde à peine quelques jours plus tard. En plus de renforcer le mouvement du commerce équitable, ces distinctions contribuent à sensibiliser la population locale à l’importance d’une consommation à la fois durable et qui ne laisse personne de côté.

Le commerce équitable est un instrument de politique de développement qui permet aux populations du Sud d’améliorer leur niveau de vie. Il a un effet positif non seulement sur les prix, le revenu des ménages et la résilience économique des productrices et producteurs, mais aussi sur l’environnement et le climat, sur le développement social ainsi que sur l’autonomisation des femmes. Le soutien d’Action de Carême aux organisations actives dans le commerce équitable s’inscrit dans sa lutte pour la souveraineté alimentaire, une préoccupation pour laquelle elle s’engage depuis sa création en 1961.

La distinction Fair Trade Town valorise circuits courts et consommation durable

Pour cette région pionnière du Val-de-Ruz, qui a amorcé la mise en place d’un réseau écologique en 2014 déjà, il s’agit d’ancrer le principe selon lequel, lorsque la consommation locale et l’approvisionnement via les circuits courts n’est pas ou plus possible, il importe de prendre en compte les conditions dans lesquelles ont été produites les denrées et les matières importées. Il a semblé cohérent de favoriser dans ce cas des produits respectueux des conditions sociales et environnementales dans les pays d’origine, qui ne constituent pas une concurrence déloyale envers le monde agricole vaudruzien. La démarche permet au contraire de valoriser de nombreuses actrices et acteurs du tissu économique local, qui présente d’ores et déjà une grande sensibilité à cette question. Val-de-Ruz est la première commune neuchâteloise à recevoir la distinction.

Côté Lugano, la reconnaissance consacre l’engagement de la capitale économique du Tessin en faveur du commerce équitable et plus généralement de la consommation durable. Fair Trade Town est également l’un des points forts du projet #LUGANOSOSTENIBLE qui, à travers de multiples initiatives, vise à promouvoir la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. Une double stratégie a été suivie : d’une part, l’information du public lors d’événements, d’échanges avec les jeunes et de projection de films illustrant le travail de quelques producteurs et productrice du Sud et, d’autre part, la sensibilisation du secteur économique et de la société civile. Au Tessin, Lugano rejoindra sa voisine Capriasca et la capitale Bellinzona, qui ont été érigées en villes équitables il y a quelques années.

Pour en savoir plus : www.fairtradetown.ch

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Un rapport d’Action de Carême en Afrique du Sud montre les effets dévastateurs de l’exploitation minière sur la population. Il met en évidence l’impact des mines de charbon sur les travailleurs et les travailleuses ainsi que sur les communautés et propose une lecture genrée des conditions de travail, des atteintes à la santé, des violences ou encore à de l’accaparement des terres 

Un texte de Philippa Mund, responsable du dossier Question de genre et du programme Guatemala 

L’étude a été menée par la sociologue Asanda-Jonas Benya de l’Université du Cap, actuellement chargée de cours invitée à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID). Asanda-Jonas Benya s’est rendue dans différentes communautés d’Afrique du Sud touchées par les activités d’extraction du charbon, auprès desquelles travaillent nos organisations partenaires. Elle s’est entretenue avec des personnes directement concernées et a évalué les interviews. 

Les femmes sont directement touchées 

Selon le rapport, les effets néfastes de l’activité minière sont multiples. Ils impactent les hommes et également directement la vie des femmes. Traditionnellement, ce sont elles qui cultivent les jardins potagers pour subvenir aux besoins alimentaires de leur famille. Aux abords des mines, la poussière de charbon se répand partout et recouvre la terre, les plantes, les animaux et les maisons. À cause de cela, les récoltes diminuent et le bétail meurt. De plus, la charge de travail des femmes augmente, car elles doivent inlassablement débarrasser leur maison de la poussière qui s’accumule, poussière qu’elles ingèrent inévitablement au quotidien. 

Mama Moya, riveraine d’une mine, décrit les terribles conséquences de la mine : 

« Nous devons absolument tout couvrir, la nourriture, l’eau, les meubles. Si nous ne le faisons pas, tout devient noir dès que le vent souffle en provenance de la mine. […] Notre eau est polluée. Si tu ouvres le robinet, l’eau est noire. Nous mangeons et buvons du charbon et nous tombons malades. Les enfants aussi tombent malades. Nous devons les emmener plus souvent chez le médecin et ils doivent prendre plus souvent des médicaments. Tout cela coûte cher. Nous ne pouvons même pas utiliser nos plantes médicinales traditionnelles, car elles sont recouvertes de poussière de charbon. Plus rien ne pousse ; la poussière tue toutes les plantes. » 

La poussière de charbon recouvre les plantes et provoque une baisse des récoltes.
La poussière de charbon recouvre les plantes et provoque une baisse des récoltes.

Des lois contraignantes sont nécessaires 

D’autres conséquences dévastatrices de l’exploitation minière sont exposées dans ce rapport. Par exemple, cette dernière ne crée pratiquement aucun emploi pour la population locale. En effet, ce sont en premier lieu des travailleurs migrants (et dans une moindre mesure des travailleuses migrantes) qui y sont embauchés.

Au contraire, les communautés vivant aux alentours des mines se voient privées de leurs moyens de subsistance, perdent leur autonomie et sombrent dans la pauvreté. De plus, le droit à une alimentation saine dans ces régions est loin d’être garanti. Au vu de cette situation alarmante, il est aujourd’hui primordial de mettre en place des lois contraignantes qui responsabilisent les multinationales comme Glencore – dont le siège se trouve en Suisse –, l’une des plus grandes sociétés productrices de charbon au monde. 

L’étude complète (en anglais) se trouve ici.

Asanda-Jonas Benya évoque ici les conséquences de l’exploitation minière en Afrique du Sud dans un article d’Alliance Sud.

Dans ses programmes, Action de Carême soutient les personnes dans la revendication de leurs droits, indépendamment du genre. Notre engagement pour l’égalité des genres consiste entre autres à porter une attention particulière à l’attribution des ressources et à la redistribution du pouvoir, l’objectif étant de déclencher un processus de changement social. 

L'eau à proximité des mines de charbon est polluée et toxique.
L'eau à proximité des mines de charbon est polluée et toxique.

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Chaque année, le 17 avril, la Journée internationale des luttes paysannes est l’occasion de sensibiliser la population à la situation des paysans, paysannes, ouvriers et ouvrières agricoles du monde entier. Ce jour particulier permet de mettre en lumière leurs conditions de vie ainsi que les réalités économiques, politiques et sociales auxquelles elles et ils sont confrontés. 

Un commentaire de Claudia Fuhrer, responsable Justice alimentaire, Action de Carême 

En raison de la crise climatique, des conflits et de la pandémie de Covid-19, la faim dans le monde touche désormais plus de 828 millions de personnes. De plus, selon le Programme alimentaire mondial, entre début 2020 et mi-2022, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë a même doublé pour atteindre 345millions. 

Les familles paysannes souffrent également de la faim 

Bien que les paysannes et paysans produisent environ 70 % des denrées alimentaires dans le monde, la moitié d’entre eux sont touchés par la faim. Leur accès à la terre, à l’eau et aux semences est menacé. Ils sont victimes d’expropriation et de violences de la part de leurs propres gouvernements et des multinationales de l’agroalimentaire. La Journée internationale des luttes paysannes est l’occasion pour les paysannes et les paysans de réaffirmer leur combat pour la reconnaissance de leurs droits et d’appeler à plus de solidarité de la part de la communauté internationale par des actions menées dans le monde entier. 

Action de Carême soutient les communautés paysannes 

La collaboration avec les paysans et paysannes est un élément central du travail d’Action de Carême. Dans douze pays, elle soutient des projets qui contribuent à la réalisation de leurs droits et encouragent une agriculture durable et socialement équitable.  

Action de Carême apporte une aide ciblée aux familles paysannes, notamment au Guatemala.
Action de Carême apporte une aide ciblée aux familles paysannes, notamment au Guatemala.

L’impact des groupes de solidarité 

Les groupes de solidarité sont une approche avec laquelle Action de Carême travaille depuis des années. Par leur biais, les familles paysannes peuvent s’accorder des prêts sans intérêts et s’entraider dans le travail des champs ainsi que dans la vente des excédents de récoltes. À Madagascar, au Sénégal, en Inde et au Kenya notamment, ces groupes donnent l’impulsion à d’importants changements sociaux. 

Protéger les droits de celles et ceux qui nous nourrissent 

En outre, Action de Carême s’engage avec les organisations partenaires de son programme international « Justice alimentaire » et par le biais du projet RAISE, dans dix pays et au niveau international, pour la réalisation de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Ensemble, nous pouvons éliminer la faim. 

Nous nous engageons pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s (UNDROP) afin de combattre durablement la faim.
Nous nous engageons pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s (UNDROP) afin de combattre durablement la faim.

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Pendant des années, John* et ses collègues ont travaillé dans des mines de charbon sudafricaines sans recevoir de masques pour se protéger de la poussière. Aujourd’hui, plus d’un millier d’anciens mineurs comme lui souffrent de maladies pulmonaires et réclament un dédommagement de la part des compagnies minières. Action de Carême et l’Entraide protestante (EPER) appuient leur action.

Un texte de François Mercier, responsable du programme Matières premières et droits humains

Dans la province de Mpumalanga, en Afrique du Sud, les mines de charbon sont partout. Le travail dans les mines, souterraines ou à ciel ouvert, est pénible et mal payé. La poussière et les dangers sont omniprésents.

Les quatre mineurs que j’ai rencontrés il y a quelques années à Ermelo ont tous travaillé pendant plus de 20 ans dans des mines de charbon, dont celles appartenant au géant suisse des matières premières Glencore. Ce n’est qu’en l’an 2000, après que les syndicats ont protesté contre les mauvaises conditions de travail, que les compagnies minières acceptent de donner des masques au personnel.

Des séquelles à vie

Pour plus d’un millier de mineurs, cette mesure arrive trop tard. La poussière de charbon s’est accumulée au fond de leurs poumons et déclenche longtemps plus tard une maladie pulmonaire, la pneumoconiose.

Les quatre mineurs d’Ermelo ne travaillent plus aujourd’hui et ils sont visiblement très marqués par la maladie : « Je ne peux plus respirer normalement. Ma poitrine me fait mal et j’ai des problèmes cardiaques », explique John*. Son collègue ajoute : « Je ne peux plus respirer sans médicaments ». Avec d’autres anciens mineurs, ils ont fondé l’association Zamani (« Tentons notre chance » en zoulou) pour s’entraider. Plusieurs de leurs anciens collègues sont déjà décédés de la maladie.

Après plus de 20 ans de travail dans les mines de charbon, ces anciens mineurs souffrent de maladies pulmonaires.

Le long chemin vers l’indemnisation

En 2017, la Commission épiscopale sudafricaine Justice & Paix, partenaire d’Action de Carême et de l’EPER, décide d’accompagner les mineurs et leurs familles. Elle fait examiner l’état de santé de centaines de personnes dans le but de dépister la pneumoconiose et d’appuyer les demandes d’indemnisations aux compagnies négligentes.

En décembre 2022, la patience des mineurs est à bout. Ils protestent devant une filiale de Glencore en dehors de Johannesburg et demandent réparation pour les malades. Joseph Nzimande, représentant des communautés affectées, déclare : « Glencore a gagné des milliards avec les mines de charbon. Il est juste que l’entreprise compense maintenant ceux qui ont contracté la pneumoconiose en travaillant dur pour elle ».

Au début février 2023, Justice & Paix et une délégation de mineurs rencontrent finalement l’entreprise. Celle-ci promet une prise de position prochainement, mais ne semble pas prendre au sérieux leurs revendications. Les mineurs ont d’ores et déjà annoncé qu’ils continueront de protester et qu’ils envisagent une action en justice. Soutenons-les pour qu’ils obtiennent réparation !

* prénom d’emprunt

Des mineurs malades et leurs familles protestent devant une filiale de Glencore en Afrique du Sud.

Soutenez les mineurs en Afrique du Sud

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Bernd Nilles, directeur d'Action de Carême
Après 25 ans, Action de Carême a décidé de renouveler ses lignes directrices. Bernd Nilles, le directeur de l’organisation, a donné une entrevue à kath.ch, le portail catholique de l’actualité religieuse en Suisse, et s’est notamment exprimé sur les nouvelles lignes directrices.

Qu’entend-on au juste par lignes directrices ?

Bernd Nilles : Les lignes directrices sont un peu l’âme d’une organisation, moins formelles que des statuts et plus détaillées qu’une stratégie. Elles définissent sa vision et sa mission en apportant de la cohérence à l’ensemble.

Quelle est l’idée centrale de ces lignes directrices ?

Nous pensons qu’un monde plus juste, un monde sans faim et une vie vécue dans la dignité sont possibles, et qu’il vaut la peine de se battre pour cela !  Pour atteindre cet objectif nous devons prendre soin de la Création, de sa diversité, et avoir à l’esprit les générations à venir. Cette démarche repose sur des valeurs chrétiennes, il s’agit d’agir sur un pied d’égalité avec nos organisations partenaires, avec toutes les personnes des pays du Sud et avec celles et ceux qui nous soutiennent en Suisse.

Quelles sont les nouveautés des lignes directrices ?

Nous avons introduit la notion de droit à l’alimentation pour toutes et tous ainsi que la nécessité d’un mode de vie et d’une économie qui respectent les limites de notre planète.

Ce qui nouveau également c’est que nous nous définissons désormais comme une organisation suisse de coopération internationale.

Mais ne l’avez-vous pas toujours été ?

Oui, mais l’ancien terme d’œuvre d’entraide exprimait moins cette collaboration d’égal à égal avec les organisations partenaires du Sud. Ce n’est que lorsque nous impliquons les personnes en tant qu’acteurs et actrices à part entière qu’un développement durable est possible. Il en résulte une collaboration mutuelle et non une dépendance.

Quels sont les autres points forts de votre vision et mission ?

Nous réaffirmons que nous sommes issus d’un mouvement de jeunesse catholique. Nous accordons de l’importance à l’éthique sociale chrétienne en ce qui concerne la science et les droits humains et nous prônons un engagement sans faille contre toute forme de discrimination. Nous voulons être une organisation qui s’engage pour la justice et qui la vit aussi au quotidien, y compris en ce qui concerne l’égalité des genres.

Comme dans le passé, nous abordons les causes de la pauvreté et les atteintes à l’environnement en prenant des positions courageuses tout en gardant une indépendance politique. Nous continuons à travailler en réseau et poursuivons la collaboration œcuménique dans l’animation du temps de carême auprès des paroisses et du grand public. 

Aujourd’hui, 14 mai, c’est la Journée mondiale du commerce équitable. Ce rendez-vous du deuxième samedi du mois de mai porte cette année sur le thème « Résilience climatique et moyens de subsistance », une question qui rejoint les préoccupations d’Action de Carême pour son engagement pour le droit à l’alimentation. À l’heure où l’agriculture paysanne subit de plein fouet les conséquences des changements climatiques, le commerce équitable la rend plus résiliente tout en contribuant à préserver le climat.

Un commentaire de Sophie de Rivaz, responsable du dossier Commerce équitable

Depuis sa création, Action de Carême s’engage dans la lutte contre la faim. En 2007, elle introduit la notion de « droits humains » dans le cadre de sa stratégie. Elle développe ainsi son travail à la convergence de la lutte contre la faim et du respect des droits humains autour du droit à l’alimentation. C’est dans ce contexte que s’inscrit le soutien aux organisations actives dans le commerce équitable.

Les effets dévastateurs des changements climatiques sur l’agriculture paysanne
Ce sont celles et ceux qui en sont le moins responsables qui subissent le plus les conséquences des changements climatiques. Les populations du Sud qui pratiquent l’agriculture paysanne n’ayant souvent que très peu de moyens financiers, elles peinent à faire face aux nouvelles conditions météorologiques, sources de sécheresses, d’inondations, de mûrissement précoce ou retardé, de mauvaises récoltes ainsi que de l’apparition de nouveaux parasites, mauvaises herbes et maladies.

Le commerce équitable, facteur de résilience
Ces conséquences sont d’autant plus injustes que les méthodes de l’agriculture paysanne contribuent à lutter contre les changements climatiques, puisqu’elles préservent les ressources natu-relles et génèrent bien moins d’émissions polluantes que les cultures industrielles à grande échelle.

En plus d’être moins nocive pour l’environnement, grâce notamment à des critères écologiques, l’agriculture du commerce équitable devient aussi plus résiliente. Les formations données par des expertes et experts locaux misent sur une agriculture plus résistante, qui garantisse tant la sécurité alimentaire que les revenus.

Notre consommation fait la différence
En termes de culture et de transformation des produits, l’agriculture paysanne respecte davantage l’environnement, comparé à l’agriculture industrielle. De plus, la majorité des produits issus du commerce équitable sont acheminés par bateau. L’émission de CO2 reste donc très limitée. Consommons équitable !

Aidez les populations à faire valoir leur droit à l’alimentation

En matière de CO2, la Suisse vit aujourd’hui à crédit

Des événements météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, les fortes précipitations ou les records de chaleur se produisent dans tous nos pays partenaires. En 1989 déjà, ces événements climatiques étaient au cœur de la Campagne œcuménique. Les choses ont-elles changé depuis ? Bien trop peu. Or, l’inaction de ces dernières décennies n’est pas sans conséquences : en Suisse, nous vivons dès aujourd’hui au-dessus de nos moyens.

Un commentaire de Stefan Salzmann, responsable Climat et politique énergétique chez Action de Carême

Laissez-moi vous expliquer la situation à l’aide d’un exemple fictif. Imaginez qu’en 1990, vous prenez votre retraite, à 65 ans et disposez de CHF 1,8 millions sur votre compte bancaire. Vous avez tout calculé : si vous vivez encore 30 ans, cela vous fait CHF 60 000 par an, soit environ CHF 5 000 par mois. Avec une telle somme, une personne peut vivre tout à fait convenablement en Suisse.

La Suisse vit à crédit

Le problème, c’est qu’en 1990, avec le mode de vie que vous avez, vous consommez CHF 10 000 par mois. Cet exemple illustre bien la situation : 15 ans à peine après votre départ à la retraite, vous aurez déjà dépensé tout votre argent. D’autres personnes devront alors prendre en charge vos dépenses. Vos enfants, par exemple. C’est exactement ce qui se passe en ce moment avec notre budget CO2. Non seulement nous avons épuisé notre budget et vivons désormais à crédit, mais nous continuons à vivre, comme avant, sur un grand pied. La question du crédit reste sans réponse, elle n’est même pas posée.

Nous revendiquons la justice climatique !

Action de Carême et l’EPER se sont donc posé la question de l’avoir. L’objectif était de déterminer la quantité de CO2 que la Suisse peut encore émettre si elle veut se comporter de manière climatiquement correcte. La conclusion est glaçante : à la mi-mars 2022, la Suisse aura émis la dernière tonne de CO2 d’un point de vue climatique. Autrement dit, à partir d’aujourd’hui, nous vivons à crédit, notre compte est vide, d’autres doivent payer pour nous. Les générations futures, mais aussi les habitant·e·s du Sud de la planète, qui souffrent déjà fortement des conséquences de la crise climatique. Si la Suisse veut continuer à contribuer à la justice climatique mondiale, elle doit agir. Outre des objectifs climatiques forts et zéro émission nette d’ici 2040 au plus tard, d’autres mesures sont indispensables, afin de dédommager le reste du monde pour notre comportement climatiquement injuste.

Rejoignez notre lutte pour plus de justice climatique

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Stefan SalzmannStefan Salzmann

Adaptation aux changements climatiques : il faut débloquer davantage de fonds

Le dernier rapport du GIEC le dit sans ambages : les personnes en situation de pauvreté ne sont pas en mesure de s’adapter suffisamment au réchauffement, ce qui met en danger leur sécurité alimentaire. Les responsables de la crise climatique ont ainsi l’obligation morale de les soutenir, en promouvant par exemple l’agroécologie et les énergies renouvelables, deux stratégies d’adaptation qu’Action de Carême met aussi en œuvre dans ses projets..

 

Un commentaire de Stefan Salzmann, responsable du programme Énergie et justice climatique à Action de Carême

Le droit à l’alimentation n’est plus garanti
Le deuxième volet du sixième rapport d’évaluation du GIEC présenté le 28 février 2022 met l’accent sur les effets du dérèglement climatique. Si les stratégies d’adaptation à ces impacts varient en fonction du contexte, ce sont les collectifs vulnérables, et en premier lieu les personnes pauvres du Sud, qui affrontent les plus grandes difficultés. Ils ne disposent en effet pas des moyens requis pour s’adapter. Souvent, ils dépendent pour leur subsistance de l’agriculture paysanne, qui ne peut plus l’assurer en raison des phénomènes climatiques extrêmes : les tempêtes inondent les champs, la sécheresse fait dépérir les récoltes sur pied. Le droit à l’alimentation n’est ainsi plus garanti.

Justice climatique, maintenant !
La capacité d’adaptation des populations vulnérables au réchauffement est une question de justice. En l’espèce, les pays riches comme la Suisse portent une lourde responsabilité et doivent, par le biais de mécanismes simples, apporter un soutien aux personnes en situation de pauvreté. Les ressources financières nécessaires doivent être déterminées dans le cadre des négociations internationales sur le climat. Or, la Suisse freine les efforts consentis sur ce sujet, ce qui est honteux. Pourtant, le dernier rapport du GIEC publié aujourd’hui le dit clairement : il faudra augmenter considérablement le budget alloué aux mesures d’adaptation. Si on ne reconnaît pas cette nécessité, l’injustice s’aggravera.

Une Suisse appelée à se montrer plus ambitieuse
La façon la plus efficace de combattre l’injustice climatique est de limiter le réchauffement à 1,5 o Celsius. Pour y parvenir, la Suisse doit se montrer plus ambitieuse et le Parlement doit adopter l’objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2040. Il dispose à cet effet des instruments de la loi sur le CO2 et de l’initiative pour les glaciers, qu’il examine actuellement. Par ailleurs, la Suisse doit soutenir les personnes pauvres du Sud : celles-ci doivent elles aussi réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais ont besoin pour cela de savoir-faire et de ressources financières. En outre, les pays riches, dont la Suisse, doivent compenser les dommages et les pertes qu’elles ont déjà subis. En effet, ce sont les personnes de l’hémisphère Sud qui paient le plus lourd tribut au réchauffement, alors qu’elles en sont le moins responsables.

De l’énergie pour tous et toutes
La transition vers des énergies renouvelables, moins polluantes, est l’une des solutions à la crise climatique. Or, l’approvisionnement en énergie, un problème en particulier pour les personnes pauvres, et l’adaptation au réchauffement vont souvent de pair : les paysan·ne·s doivent par exemple arroser leurs champs, victimes de la sécheresse, et avoir accès à une source d’énergie si des pompes sont nécessaires à l’irrigation.
Autres exemples, les excédents des récoltes doivent pouvoir être entreposés avant d’être vendus, ce qui permet de faire la soudure entre deux récoltes et de générer des revenus garantissant la sécurité alimentaire toute l’année. Or, l’entreposage d’aliments requiert des chambres frigorifiques et des congélateurs, qui fonctionnent à l’électricité.
L’accès à des énergies renouvelables non polluantes est une mesure d’adaptation efficace, que nos partenaires appliquent avec succès, notamment en Colombie. Il permet en effet aux bénéficiaires de nos projets de s’adapter au réchauffement, tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre, puisqu’il n’est pas nécessaire d’avoir recours à des générateurs.

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Mgr Charles MorerodMgr Charles Morerod

Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a nommé Dorothée Thévenaz Gygax, actuelle responsable du secteur Sensibilisation et coopérations chez Action de Carême, en tant que représentante de l’évêque pour l’écologie. Nous sommes ravi·e·s de cette nouvelle synergie qui couronne aussi Action de Carême pour son engagement de longue haleine en faveur du climat. Mme Thévenaz Gygax, qui aura pour mission de porter la thématique de l’écologie au niveau du diocèse, reçoit son mandat ce soir lors d'une célébration à Renens (VD). À cette occasion, nous vous proposons une interview de Mgr Morerod au sujet de l'écologie.

Fribourg, 27 septembre 2021. Interview : Tiziana Conti, Action de Carême
Dorothée Thévenaz GygaxDorothée Thévenaz Gygax
Monseigneur Morerod, que représente l’écologie à vos yeux ?

C’est une vaste question. Nous nous préoccupons de la situation de l’environnement et de la manière dont nous sommes en relation avec le reste de la nature, car nous savons que l’être humain a un impact assez fort et souvent dévastateur, et que cela met en danger notre avenir. Comment nous positionner pour que la planète reste vivable et que nous restions en bonne santé ? C’est un travail de sensibilisation qui doit commencer assez tôt. Quand j’étais au cycle d’orientation, on nous emmenait une fois par année dans la forêt à Bulle pour ramasser les déchets. C’était très formateur pour nous de voir le tas que cela faisait. Cette éducation reste marquée dans la personne.

Avez-vous l’impression que la notion d’écologie a changé au cours des dix dernières années, depuis que vous dirigez le diocèse ?

Il y a une plus grande prise de conscience de la population, et cela concerne tant l’évêché que moi-même. Aujourd’hui, dans les rares cas où je prends l’avion, je contribue à une compensation du CO2, ce à quoi je ne pensais pas du tout dans le passé. Lorsque j’ai pris mes fonctions ici, j’ai essayé de modifier certaines habitudes, comme le fait de consommer de l’eau en bouteille et d’utiliser des gobelets en plastique jetables. Les sœurs qui étaient ici à l’époque étaient surprises, mais elles n’avaient pas toujours vécu à un endroit où l’eau du robinet est potable. Nous avons aussi passé en revue les émissions de CO2 de la maison afin de prendre conscience du niveau de notre consommation. J’ai aussi participé à plusieurs rencontres en ligne avec des associations telles que EcoEglise, une association qui propose un éco-diagnostic aux communautés chrétiennes.

Que représente l’encyclique Laudato si’ du pape François dans la relation entre l’Église et l’écologie ?

Il y a six ans, lors de la publication de l’encyclique Laudato si’, des gens m’ont approché pour me confier qu’ils n’auraient jamais pensé qu’un texte issu de l’Église catholique pourrait un jour les intéresser. Je me souviens aussi que plusieurs responsables d’administrations liées à l’environnement m’ont dit qu’ils lisaient et citaient souvent l’encyclique. Cette approche positive m’a aussi été indiquée par le directeur de l’Office fédéral de l’environnement et le directeur du Parc naturel régional Gruyère Pays-d’Enhaut. Cette publication a changé la perspective des gens et a provoqué une vraie conscientisation. Une vision de l’économie qui prétend que le but du bien-être est une croissance économique sans fin n’est pas complètement compatible avec la survie de la planète.

Est-ce qu’il y a un avant et un après Laudato si’ dans la manière de concevoir l’écologie ?

Oui. D’abord, ce n’était pas la première fois qu’un pape se préoccupait de la question, mais il reste que ce texte a marqué son temps et a mis en évidence la thématique de l’écologie dans la vie de l’Église catholique. Dans le passé, il y a eu des encycliques sur la politique sociale comme Rerum novarum du pape Leon XIII, qui ont valu la publication d’encycliques de souvenir par les papes suivants. Laudato si’ a signifié une extension de la vision chrétienne et de l’anthropologie chrétienne. On nous regarde moins comme des spécialistes de thématiques purement religieuses. Il s’agit d’une des raisons pour lesquelles je me suis dit qu’avoir une représentante pour l’écologie donnerait un signal positif. Cela montre que nous ne parlons pas que de nous-mêmes.

Pourquoi avoir choisi Dorothée Thévenaz Gygax, responsable du secteur Sensibilisation et coopérations chez Action de Carême, comme représentante pour l’écologie au sein du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg ?

Lorsque des collaboratrices d’Action de Carême sont venues nous rendre visite à l’évêché pour présenter Action de Carême, j’ai entendu Mme Thévenaz Gygax parler d’écologie et elle m’a convaincu. Elle a la capacité d’expliquer les choses de manière pédagogique, en évitant des discours qui crispent inutilement. Ça crispe un peu, mais pas inutilement. Je me suis aussi dit qu’une collaboration avec Action de Carême était une bonne idée, parce qu’il y a une convergence. C’est une manière de collaborer avec d’autres, en dehors de nos cercles, pour un but commun. Dans ce domaine comme dans d’autres, pourquoi travaillerions-nous en ordre dispersé ? Du moment que nous avons une préoccupation commune, nous sommes plus efficaces ensemble.

En quoi consistera ce rôle concrètement ?

Il y a différentes personnes qui travaillent dans le domaine de l’écologie au sein de l’Église catholique en Suisse romande. Il s’agira de voir ce qu’elles font, de les rassembler et de coordonner leurs actions. Ma réflexion générale par rapport au diocèse est qu’en rassemblant des personnes qui se penchent sur les mêmes questions à Genève, à Lausanne, à Fribourg et éventuellement à Neuchâtel, elles vont trouver des solutions et des synergies permettant, entre autres, de faire des économies. Dans le domaine de l’écologie, cela permettra de générer des idées susceptibles de provoquer des étincelles intéressantes.

Ce sont donc principalement l’aggravation de la crise climatique et l’élan donné par l’encyclique qui vous ont mené à créer un poste de représentant·e pour l’écologie ?

Il s’agit, et je tiens à le mettre en avant, d’un point de dialogue avec d’autres. C’est aussi une préoccupation, en tant que chrétiens, pour les êtres humains. Mais l’amour du prochain, comme le montre le pape, passe aussi par la préoccupation de la survie de la planète. Les gens en âge d’avoir des enfants se demandent si c’est responsable aujourd’hui de procréer. D’autres partagent leur préoccupation pour l’avenir de leurs enfants ou leurs petits-enfants. Je comprends ces réflexions et me pose la même question, car la planète se réchauffe trop vite. Sans parler du phénomène de migration de masse des réfugiés climatiques : lorsqu’il n’y aura plus à boire et à manger, les gens seront contraints de se déplacer pour survivre. Cela va forcément provoquer des guerres. Les problèmes s’enchaînent et les perspectives sont sombres. Ce qui est paradoxal, c’est que nous avons pris des mesures drastiques pour contrer le coronavirus alors que nous ne prenons que des petits bouts de demi-mesures face à quelque chose qui nous menace bien plus que cette pandémie. L’écologie n’est pas un sujet très porteur en politique. Si un parti prône la décroissance dans certains pays comme la Suisse, il risque de ne pas avoir un grand succès électoral.

En 2021, nous avons entamé une série de quatre campagnes consécutives sur la thématique de la justice climatique. Les communautés des pays du Sud sont les plus impactées par les changements climatiques, alors que les émissions de CO2 proviennent principalement des pays du Nord. Que pensez-vous de la notion de « justice climatique » dans les rapports Nord-Sud ?

Il s’agit d’une notion fondamentale. C’est un cas particulier d’une certaine équité dans les relations entre différents pays. Le fait que de nombreuses matières premières proviennent de pays du Sud, qui n’en reçoivent finalement pas grand-chose et ne dictent même pas les termes de leurs prix, c’est déjà une part d’injustice. En plus, nous utilisons ce que nous leur prenons pour polluer et, à la fin, nous leur renvoyons nos déchets… Fondamentalement, ils ont les mêmes droits que nous. De plus, la concentration de plus en plus forte d’une grande proportion des biens dans les mains d’un petit nombre de personnes, à terme, c’est une bombe, c’est un facteur de guerre. Et même s’il n’y a pas un risque de guerre, ça reste une injustice.

Le pape envisage de se rendre à la COP 26 à Glasgow. Qu’en pensez-vous ?

Ce serait très bien qu’il le fasse. Ce qu’il fait est absolument remarquable. Il place bien certains accents et je le pense dans le domaine de l’écologie, mais pas seulement. Son engagement élargit la question de morale et montre que l’Église ne se préoccupe pas que d’elle-même. Il y a quelque chose de providentiel dans l’arrivée d’un homme comme lui et cela a un côté libérateur pour nous. Toutefois, j’ai parfois l’impression que le pape est mieux perçu en dehors de l’Église qu’au sein de celle-ci. Quand il parle d’écologie ou du coronavirus, il touche une part d’incertitude. Nous savons qu’il faut agir, mais nous ne savons pas très bien comment. Or, certaines personnes qui trouvent dans l’Église un endroit qui les rassure ne vont pas trouver cela très agréable. Elles attendent de l’Église un cadre bien clair qui ne change pas.

Communiqué du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg
Interview de Dorothée Thévenaz Gygax par cath.ch (20.03.2019)

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Claudia Fuhrer

Aujourd'hui, jeudi 23 septembre, a lieu le Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires (UNFSS). Contrairement à l'intention initiale du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, de promouvoir une large participation de la société civile, le sommet menace de devenir un événement exclusif dirigé par le Forum économique mondial (WEF). Des questions essentielles telles que les droits humains et les relations de pouvoir inégales dans la production ne seront pas abordées. De nombreux réseaux d'agriculteurs et agricultrices et de nombreuses ONG dans le monde ont donc décidé de ne pas participer au sommet.

Un commentaire de Claudia Fuhrer, responsable Justice alimentaire chez Action de Carême.

Dans le passé, les sommets mondiaux sur l’alimentation étaient organisés par le biais d’organisations multilatérales expérimentées telle que l’Organisation pour l’alimentation ou le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA). Cette année, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a délégué cette tâche au Forum économique mondial (WEF) et ses organisations annexes. Comme ces dernières sont proches des sociétés agricoles, le sommet met l’accent sur l’agriculture industrielle et propose des solutions de haute technologie sans tenir compte de l’agriculture durable et à petite échelle. Or, ces stratégies sont en partie responsables de la faim et de la pauvreté dans le monde. Les questions de droits humains et des relations de pouvoir inégales dans les chaînes de production ne figurent pas à l’ordre du jour du sommet. Résultat : es populations rurales les communautés qui vivent de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche subiront encore plus de pression de la part du système d’agriculture industrielle telle qu’elle est envisagée par le WEF. Leur droit à l’alimentation sera mis en danger.

La société civile n’est pas entendue
Lors du sommet, les États, associations professionnelles, entreprises et organisations de la société civile devraient être entendus en tant qu’actrices et acteurs égaux. En réalité, les moyens financiers jouent un rôle non négligeable dans le processus décisionnel. Dès la préparation du sommet, il est apparu clairement que de larges pans de la société civile, notamment les petits producteurs et productrices, les travailleurs et travailleuses agricoles et les peuples autochtones, ne seraient pas en mesure d’exprimer leurs principales préoccupations. La société civile est autorisée à être présente, mais ce sont les autres qui mènent la danse. Cette approche porte atteinte au concept de multilatéralisme des Nations unies, selon lequel les États et les organisations multilatérales qu’ils ont fondées, telles que la FAO et le CSA, seraient responsables des processus internationaux.

Action de Carême signe une déclaration
Des centaines d’organisations de la société civile, de chercheuses et chercheurs et d’expert·e·s indépendant·e·s des Nations unies dans le monde entier – dont le rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation – ont critiqué le processus préparatoire et le contenu de la conférence du sommet. Les droits humains et la voix des agriculteurs et agricultrices doivent être au cœur de l’élaboration d’une agriculture et d’une alimentation socialement et climatiquement justes, et non les intérêts des entreprises. C’est pourquoi Action de Carême a cosigné la déclaration mondiale de critique des organisations de la société civile.

Rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation (en anglais) : https://www.ohchr.org/Documents/Issues/Food/Policy_brief_20210819.pdf

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Lausanne / Berne, le 2 septembre 2020. Les batteries sont au cœur de la mobilité électrique. Une étude de HEKS, d’Action de Carême et de l’ ATE Association transports et environnement examine pour la première fois comment les principaux fabricants de batteries traitent les questions environnementales et de droits humains. Les problèmes concernent surtout la transparence des chaînes d'approvisionnement, l'extraction des matières premières et le recyclage des batteries.

Les voitures électriques actuelles stockent l’énergie dans des batteries au lithium-ion. Pour évaluer les questions liées au respect de l’environnement et des droits humains dans la production des batteries, HEKS, Action de Carême et l’ ATE Association transports et environnement ont passé au peigne fin la politique commerciale des six plus grands fabricants de batteries pour véhicules électriques au monde. L’entreprise suisse ABB a également été inclue dans l’évaluation. ABB ne produit pas de batteries. Toutefois, dans le cadre d’une partie de son business global, ABB assemble des systèmes intégrés de stockage d’énergie destinés aux transports publics.

Dans l’évaluation globale, le fabricant sud-coréen Samsung SDI arrive en tête, tandis que le leader mondial du marché chinois, CATL, est en dernière position, principalement en raison d’un manque de transparence. La traçabilité des chaînes d’approvisionnement présente toutefois des lacunes considérables pour tous les fabricants. Il y a notamment un manque d’information sur les mines d’où proviennent les matières premières pratiquement partout.

Étendre le devoir de diligence

En outre, les entreprises limitent leur devoir de diligence aux minerais dits du conflit et au cobalt de la République démocratique du Congo, considéré comme problématique en raison du recours massif au travail des enfants dans les mines. D’autres matières premières comme le lithium ou le nickel, dont l’extraction provoque également de graves dommages sociaux et écologiques, sont largement ignorées.

Les éditeurs de l’étude appellent donc les fabricants de batteries à assumer pleinement leur devoir de diligence tout au long de la chaîne d’approvisionnement et pour toutes les matières premières utilisées. L’élément décisif à cet égard est une plus grande transparence en ce qui concerne l’origine des matières premières, les conditions de travail dans les mines et les conséquences sociales et environnementales pour les communautés vivant aux abords des mines. Enfin, les entreprises doivent non seulement identifier les dysfonctionnements dans les chaînes d’approvisionnement, mais aussi travailler avec les acteurs de la société civile pour trouver des solutions.

Promouvoir le recyclage et réduire le trafic

Action de Carême, HEKS et l’ ATE Association transports et environnement estiment également qu’il est possible d’améliorer et d’étendre le recyclage. Ils appellent les responsables politiques à favoriser l’innovation et à créer un cadre réglementaire et des incitations afin que les batteries puissent être utilisées le plus longtemps possible et recyclées entièrement. En effet, aujourd’hui, l’extraction de nouvelles matières premières est souvent moins coûteuse que leur réutilisation. Le recyclage doit également contribuer à réduire les émissions de CO2 provenant de la production de batteries. Jusqu’à présent, seules trois des entreprises analysées ont aligné leurs objectifs d’émissions sur les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

Au final, le bilan écologique des véhicules électriques est meilleur que celui des véhicules alimentés par des combustibles fossiles. Toutefois, afin de limiter la demande de matières premières, une réduction du nombre de véhicules est nécessaire. Pour y parvenir, les comportements en matière de mobilité doivent changer, par exemple en utilisant plus souvent les transports publics et en encourageant le covoiturage, l’autopartage et la pratique du vélo.

Fiche d’information de l’étude, graphique et version complète de l’étude à télécharger :

voir-et-agir.ch/medias

ate.ch/pile

Contacts :

Karin Mader, mader@bfa-ppp.ch, + 41 79 489 38 24

Anette Michel, michel@verkehrsclub.ch, +41 31 328 58 65

La Suisse, le Liechtenstein et la Norvège sapent le droit aux semences dans les pays du Sud

Finis les jeux de pouvoir de l’AELE contre le Sud !

Berne, le 9 juillet 2020 – Dans une lettre ouverte, 250 organisations de 60 pays demandent à la Suisse, à la Norvège et au Liechtenstein de cesser d’imposer aux pays du Sud des lois strictes sur la protection des obtentions végétales qu’ils ne respectent pas eux-mêmes. Cette demande des pays de l’AELE pour une protection stricte des variétés végétales – une sorte de protection par brevet des semences – restreint considérablement la libre utilisation des semences aux dépens des agriculteurs du Sud. Le droit à l’alimentation, la souveraineté alimentaire et la diversité agrobiologique sont menacés.

250 organisations du monde entier se sont adressées aux gouvernements de la Suisse, du Liechtenstein et de la Norvège pour leur faire part de leurs préoccupations concernant les systèmes de semences paysannes, qui sont un garant de la diversité agrobiologique et une ressource indispensable pour la sélection de nouvelles cultures. Elles demandent que l’exigence d’une législation sur la protection des obtentions végétales compatible avec l’UPOV 91 soit supprimée des mandats de négociation des futurs accords de libre-échange.

Depuis plus de vingt ans, les pays de l’Association européenne de libre-échange AELE (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse) font pression dans leurs accords de libre-échange sur les pays du Sud pour qu’ils introduisent un droit de protection des variétés végétales conformément à l’accord international UPOV 91. Il en résulte une restriction disproportionnée des droits des agriculteurs à conserver, échanger et vendre des semences pour la prochaine saison de semis. Et ce malgré le fait que la Suisse, la Norvège et le Liechtenstein ne mettent pas en œuvre ces normes dans leur propre pays.

Ce « double standard » est d’autant plus choquant que, dans les pays du Sud, les systèmes de semences paysannes, qui sont ébranlés dans leurs fondements par les normes de l’UPOV, sont nettement plus importants pour la sécurité alimentaire et la sécurité des revenus qu’en Europe. Imposer ces normes aux pays du Sud, qui ont été négociées sans leur participation, est un diktat néocolonial. Les pays devraient pouvoir décider eux-mêmes des lois et des politiques relatives aux semences qui conviennent à leurs systèmes agricoles et aux besoins de leurs populations.

L’AELE négocie actuellement un accord avec la Malaisie. En février 2020, les droits de propriété intellectuelle, y compris la protection des obtentions végétales à l’UPOV 91, étaient également à l’ordre du jour. Dans le cas de la Malaisie en particulier, il est incompréhensible que les pays de l’AELE insistent sur l’UPOV 91. Le pays dispose déjà d’une loi sur la protection des obtentions végétales qui, dans un cadre limité, respecte également les droits des agriculteurs sur les semences. A la mi-juin, la « Coalition suisse pour le droit aux semences » a adressé une réponse au Secrétariat d’Etat à l’économie SECO dans laquelle elle exprime ses préoccupations et rejette son argument de la « sécurité de la place économique suisse ».

L’abandon des normes UPOV dans les accords de libre-échange serait une contribution importante à la réalisation des objectifs des Nations Unies en matière de développement durable, en particulier l’objectif n° 2, à savoir supprimer la faim et l’objectif n° 15, qui vise à enrayer la perte de la biodiversité.

Communiqué de presse au format PDF

Une famille devant la maison détruite par une mine au Burkina Faso. En arrière-plan, le terril de la mine. Photo : Action de Carême/Meinrad Schade

« Aujourd’hui plus que jamais, un devoir de diligence s’impose dans la chaîne d’approvisionnement afin de mettre un terme aux abus commis par les entreprises et de garantir une solidarité mondiale. » Plus de 110 évêques du monde entier viennent de signer une déclaration qui appelle les gouvernements à engager les entreprises à respecter les droits humains et les normes environnementales. Quatre évêques suisses ont également signé la déclaration.

« Si les entreprises polluent le sol, l’air et les eaux souterraines, violent les droits humains ou sont à l’origine du travail des enfants, elles doivent être tenues pour responsables. Les personnes concernées devraient avoir un accès facile à des recours juridiques efficaces », déclare l’archevêque de Fribourg, Stephan Burger. La déclaration des évêques a été initiée par la CIDSE, le réseau international d’organisations catholiques œuvrant pour la justice sociale basé à Bruxelles, à laquelle appartient également Action de Carême. Elle appelle de toute urgence les États à prévenir les abus des entreprises par le biais de dispositions juridiques contraignantes.

La déclaration a été signée par de nombreux évêques des pays du programme d’Action de Carême, où les communautés sont particulièrement touchées par les actions irresponsables des entreprises internationales : Brésil, Guatemala, Inde, Colombie, Congo, Philippines et Afrique du Sud. De nombreux évêques européens ont également signé la déclaration. Parmi eux, quatre évêques sont suisses : Markus Büchel, évêque de Saint-Gall, Felix Gmür, évêque de Bâle, Jean-Marie Lovey, évêque de Sion et Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg.

« Cette pandémie a mis en évidence notre interdépendance »

Les abus commis par les entreprises sont monnaie courante et la crise du coronavirus n’a fait qu’exacerber cet état de fait, en particulier pour les communautés les plus vulnérables qui ne bénéficient d’aucune protection sociale. Une fois encore, la crise est plus rude pour les femmes que pour les hommes et, par ailleurs, « cette pandémie a mis en évidence notre interdépendance et désorganisé les chaînes d’approvisionnement mondiales qui relient les usines entre elles par-delà les frontières, démontrant du même coup combien nous dépendons de travailleurs vulnérables qui effectuent un travail essentiel aux quatre coins de la planète », constate la déclaration. Les évêques rappellent que les approches sur une base volontaire ont échoué et qu’il ne reste par conséquent que l’adoption d’une loi contraignante pour protéger les communautés.

Harmoniser la loi sur la diligence au niveau européen et soutenir les négociations des Nations unies

Alors que certains pays européens disposent déjà d’une loi sur la diligence raisonnable ou l’ont mise en chantier, ce n’est que récemment que l’UE a entrepris d’harmoniser ce patchwork afin de consolider les importantes évolutions sectorielles qui le composent au niveau régional. Le Commissaire européen à la justice, Didier Reynders, a fait un pas dans la bonne direction en annonçant l’élaboration prochaine d’une législation européenne rendant obligatoire pour les entreprises la diligence raisonnable en matière de droits humains et d’environnement.

La déclaration des évêques restera ouverte à la signature, dans la perspective notamment du prochain cycle de négociations d’un instrument juridiquement contraignant sur les entreprises et les droits humains aux Nations unies, qui entre cette année dans sa sixième session.

Le peuple suisse votera sur l’initiative pour des multinationales responsables le 29 novembre 2020

Depuis son lancement en 2016, cette initiative est portée par Action de Carême ainsi que par une vaste coalition de 114 organisations. « Au travers des témoignages de nos partenaires dans 14 pays du Sud, nous constatons que le développement est menacé par les activités de multinationales violant les droits humains et polluant l’environnement », déclare François Mercier, responsable Matières premières et droits humains à Action de Carême. « En Suisse, nous avons une chance unique d’agir grâce à l’initiative pour des multinationales responsables. »

Jeune mineur à Lumumbashi. Photo : Action de Carême/Meinrad Schade

Les défis liés au Covid-19 sont conséquents dans les pays du Sud. La République démocratique du Congo (RDC) ne fait pas exception, malgré un taux relativement bas d’infections confirmées depuis le premier cas détecté sur sol congolais le 10 mars 2020. Au 5 juin 2020, on compte 3643 infections et 77 décès.

Toutefois, les conséquences des mesures barrières pour lutter contre le Covid-19 sont bien réelles et ont un terrible coût humain pour la population congolaise, ceci à de nombreux niveaux. Mourir de faim plutôt que du coronavirus est ainsi devenu une menace pour les travailleuses et travailleurs employés dans l’économie informelle, qui jouent quotidiennement leur survie. On s’attend également à ce que le probable ralentissement économique au niveau mondial impacte fortement la RDC, dont l’économie est très dépendante de l’extraction et de l’exportation des matières premières.

Les salaires des mineurs baissent mais pas le temps de travail

En RDC, Action de Carême soutient non seulement des projets renforçant la sécurité alimentaire des populations rurales, mais aussi une exploitation responsable des ressources. Le mois dernier, notre partenaire congolais Afrewatch, une ONG de droit congolais spécialisée dans la gouvernance des ressources naturelles, a ainsi sorti un bulletin spécial qui explore l’impact de la pandémie de Covid-19 sur l’emploi dans le secteur minier de la RDC, en se focalisant sur les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba (Sud-Est du pays).

Eu égard à la situation observée, Afrewatch recommande aux gouvernements provinciaux du Lualaba et du Haut-Katanga de faire respecter les droits des travailleurs et travailleuses, de s’assurer que les entreprises améliorent les conditions de vie et de travail de leurs employé·e·s sur les sites de confinement et de mettre en place un mécanisme transparent pour la gestion des fonds récoltés dans le cadre de la riposte contre la pandémie.

En ce qui concerne les entreprises minières, Afrewatch les exhorte à observer les lois nationales en matière de travail et à s’investir dans l’amélioration des conditions de vie et de travail sur les sites de confinement. L’état des lieux d’Afrewatch est disponible ici.

Journalistes, défenseurs des droits humains et militants emprisonnés

Par ailleurs, au cours des dernières semaines, le Réseau européen pour l’Afrique centrale (EurAc) basé à Bruxelles, dont Action de Carême est membre, a analysé l’impact du Covid-19 au niveau des libertés et droits fondamentaux, du genre, de la sécurité alimentaire, de l’efficacité des chaînes d’approvisionnement en minerais et des questions humanitaires. Il s’en dégage des recommandations spécifiques pour chaque secteur, auxquelles Action de Carême s’associe :

L’Union européenne (UE) et ses États membres doivent garantir le soutien aux organisations locales et internationales de défense des droits humains et des droits des femmes dans la région des Grands Lacs (RDC, Burundi, Rwanda). Les restrictions imposées à la liberté d’expression et à la liberté de la presse devraient être remises en question et le soutien à la presse indépendante devrait être renforcé. Les diplomates européens doivent pouvoir assister aux procès des journalistes, des défenseurs des droits humains et des prisonniers politiques, et leur rendre visite en prison conformément aux lignes directrices de l’UE sur les défenseurs des droits humains. Les prisonniers politiques et les personnes en détention provisoire devraient être libérés de manière immédiate et inconditionnelle. Le rapport d’analyse (en anglais) est disponible ici.

Action de Carême prévoit de continuer à soutenir ses organisations partenaires, dans la mesure prévue, dans ses 14 pays d’intervention, afin qu’elles ne soient pas contraintes de licencier du personnel et qu’elles puissent adapter leur travail aux circonstances. Cet appui est particulièrement nécessaire au Brésil. Vous en saurez davantage ici sur les projets d’Action de Carême en RDC.

 

Afin de pouvoir maintenir et poursuivre ce travail, chaque don compte.

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