Il n’y a pas que dans les projets soutenus par Action de Carême dans les pays du Sud que l’on trouve des jardins forêts. Au Tessin aussi, un de ces espaces a été créé tout récemment à l’école primaire de San Nazzaro. L’œuvre de quelques enseignantes et enseignants motivés qui ont su partager leur enthousiasme.

Nous avons toutes et tous dans un coin de la tête un rêve que nous espérons réaliser un jour. Mais la plupart du temps, malheureusement, ce rêve reste … un rêve ! Pourtant, pour bon nombre d’élèves de l’école primaire de San Nazzaro, le rêve est devenu réalité. Le projet a débuté par une demande de plusieurs enseignant·e·s de créer un jardin potager dans l’institution en s’adressant à l’association Ortoascuola. Puis, grâce aux précieux conseils de Stephanie Rauer, conceptrice en permaculture, il a connu un beau développement. Au début, en septembre dernier, seules trois classes étaient concernées, mais rapidement, le virus s’est transmis aux autres écoliers et écolières, aux enseignant·e·s et même aux autorités communales. Toutes et tous sont très motivés.

Il n’y a pas que dans les projets soutenus par Action de Carême dans les pays du Sud que l’on trouve des jardinsforêts. Au Tessin aussi, un de ces espaces a été créé tout récemment à l’école primaire de San Nazzaro.

Apprendre à connaître la vie qui nous entoure, c’est apprendre à l’aimer

« Tout d’abord, nous avons écouté les besoins et les rêves de chacun·e, nous avons analysé les ressources de l’emplacement qui a été choisi et recensé toutes les formes de vie, humaines et non humaines. » explique Stephanie. Les enfants ont ainsi découvert à quel point notre environnement était plein de magie, en apprenant notamment qu’il y a plus d’êtres vivants dans une poignée de terre que d’humains sur la planète entière ! « Ensuite nous avons observé ce qui était à notre disposition, s’il y avait de l’eau et du soleil ». À San Nazzaro, le choix s’est porté sur des parterres de fleurs surélevés, enrichis par le compost fourni par la municipalité. Au milieu de ces parterres a été installé un jardin d’hiver où poussent différentes sortes de salades et de légumes. Une première récolte a déjà eu lieu. Émerveillé·e·s, les enfants ont baptisé cet endroit « le jardin des kiwis ». Au début du mois de mars, la deuxième partie du projet débutera avec la plantation de quelques arbres fruitiers. Les arbres, les plantes rampantes, les buissons, les herbes et les légumes seront cultivés ensemble, mais sur différents niveaux. Ce sera un mini jardin-forêt, une forêt comestible dans laquelle les écolières et écoliers pourront jouer et déguster les fruits qui y poussent comme les pommes, les kiwis, les fraises et les framboises. Il y aura également un sentier de la biodiversité avec des fleurs sauvages indigènes pour nourrir les insectes.

Retrouver le contact avec la nature

« En tant que journaliste et vidéaste j’ai beaucoup voyagé et appris à connaître différentes réalités. Je me suis rendu compte qu’en l’espace de deux générations nous avons perdu un grand savoir-faire, celui de produire les aliments dont nous avons besoin. » explique Stephanie. En 2013, elle découvre par hasard la permaculture, qui lui apprend que tout est interconnecté et que face aux défis auxquels l’humanité est confrontée, chacun·e de nous peut faire la différence. Chaque projet, chaque action humaine doit donc être écologique, économique et socialement durable. C’est le respect de trois grands principes : soigner notre Terre, soigner ses habitant·e·s et partager équitablement le surplus. De cette manière, il est possible de répondre aux besoins de chacun·e tout en préservant les ressources de notre planète pour les générations futures.

Pour plus d’informations, cliquez ici : www.gioca-permacultura.ch (en italien)

Soutenez des personnes dans leur chemin vers l’autodétermination.

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Marginalisées, discriminées et bafouées, les communautés indigènes du Guatemala sont les premières victimes de la pauvreté. La pandémie de Covid-19, une politique qui les méprise et, comble de malheur, les ouragans Eta et Iota les ont conduites au bord de l’abîme. Les indigènes ont besoin d’un soutien de toute urgence et la Journée internationale des droits humains est une bonne occasion de le rappeler.

Alors que les Guatémaltèques sont aux prises avec les ravages causés par les ouragans et la pandémie, le Congrès approuve des coupes claires dans le budget dont le poids est supporté une fois de plus essentiellement par les communautés indigènes. La pauvreté et la marginalisation de la population n’ont fait qu’empirer et les violations des droits humains, comme l’interdiction des rassemblements, sont monnaie courante. Flavio Caal Chen, du comité de Redsag, un partenaire d’Action de Carême, brosse un panorama désolant : « Les ouragans Eta et Iota ont fait d’immenses ravages, provoquant inondations et glissements de terrain. La population souffre énormément des conséquences des tempêtes et des pluies torrentielles, surtout dans le nord et l’est du Guatemala. Il est encore impossible d’estimer exactement les dégâts. En effet, les précipitations se succèdent et le niveau des rivières reste élevé. Des centaines de maisons sont sous l’eau, les récoltes de maïs et de haricots sont dévastées, les semences pour la prochaine campagne agricole perdues, des potagers et des villages entiers inondés. Des centaines de communautés sont coupées du monde et encore sous la menace. »

Un gouvernement passif face à une situation d’urgence

La destruction des récoltes et des semences est une catastrophe, car l’agriculture paysanne est aussi la pourvoyeuse d’aliments d’un grand nombre de citadin·ne·s. Les petit·e·s paysan·ne·s peuvent normalement écouler leurs excédents et se procurer ainsi un revenu supplémentaire. Après des mois de confinement, la police de la région de Sololá, où travaille le partenaire d’Action de Carême, a encore durci les directives présidentielles visant à restreindre les déplacements. En effet, alors que le président Alejandro Giammattei avait autorisé les déplacements des véhicules chargés de denrées alimentaires, la police a décidé de les interdire. Il a fallu une émeute de la population affamée pour que la police fasse marche arrière et applique correctement la directive présidentielle.

Quant au soutien que l’État dispense aux communautés indigènes en matière d’agriculture, il est lui aussi marqué du sceau de l’iniquité. « En octobre par exemple, les données du monitorage effectué par la Coordinación de ONGs y Cooperativas de Guatemala (Congcoop) indiquent que le ministère de l’Agriculture n’a utilisé que 33 % de son budget, une donnée alarmante dans un pays frappé de plein fouet par la pandémie, d’autant plus que les communautés indigènes, notamment, n’ont reçu aucun appui », dénonce Flavio Caal Chen de Redsag. Le gouvernement guatémaltèque a aussi encore des progrès à faire en ce qui concerne la prévention des catastrophes naturelles : face à des phénomènes météorologiques récurrents comme les ouragans, il n’a toujours pas pris les mesures qui s’imposent pour protéger tous les habitant·e·s, quel que soit leur statut social.

Droit à la protection, à la sécurité et à l’alimentation

Avec son partenaire Redsag, Action de Carême demande, à l’occasion de la Journée des droits humains, que les communautés indigènes du Guatemala puissent bénéficier de leur droit à la protection, à la sécurité, à l’alimentation et à l’autodétermination. Pour que les paysans et les paysannes puissent vivre et travailler dans des conditions dignes, il faut en outre que le Guatemala adopte et mette en œuvre la Déclaration sur les droits des paysans des Nations Unies que défend Action de Carême en Suisse et dans les pays de l’hémisphère sud. Cette déclaration encourage en effet les gouvernements à adopter des mesures de protection et de soutien des paysannes et des paysans. Coordinateur de Redsag, David Paredes en explique sans détours les raisons : « Sans les paysannes et les paysans, il n’y a pas de nourriture, personne qui prenne soin de l’environnement, de l’eau, des semences et de la biodiversité, des éléments indispensables à notre vie. Il est donc impératif de préserver leurs droits et de leur garantir l’accès à la terre, à l’eau, aux semences et à un travail digne ».

 

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Depuis le mois de mars, le Guatemala est en état d’urgence en raison de la pandémie de coronavirus. Le 6 novembre dernier, la tempête tropicale Eta a aggravé la situation, ravageant des maisons et des récoltes.

Projet d’aide d’urgence : aidez les familles dans les régions de Jalapa et Cubulco.

La tempête tropicale Eta s’est déchaînée sur l’Amérique centrale il y a quelques jours. Le Guatemala a été frappé par des pluies torrentielles qui ont provoqué de violents éboulements et détruit de nombreuses maisons. Il est encore trop tôt pour évaluer les dégâts causés par la tempête sur nos projets. Ce qui est sûr, c’est qu’une grande partie des récoltes de maïs et de haricots a été détruite. Le responsable de notre organisation partenaire Tzuul Taq’a témoigne : « Il est triste de voir que des maisons qui n’avaient même pas l’eau courante sont aujourd’hui inondées. Beaucoup de gens ont tout perdu. »

L’aide, c’est de la nourriture, des semences et de l’espoir

En raison des mesures de confinement dues à la pandémie de Covid-19, de nombreuses familles n’ont plus de revenu. Dans cette situation doublement difficile, nous voulons apporter un soutien supplémentaire à nos projets. Afin d’assurer le ravitaillement de 300 familles dans les régions de Jalapa et Cubulco, nous soutenons deux projets d’aide d’urgence qui consistent à fournir aux familles du maïs, des haricots, du sucre ainsi que des semences pour remplacer la récolte perdue. Nous souhaitons redonner de l’espoir aux populations touchées par la tempête et leur montrer qu’elles ne ne sont pas seules.

Une collaboratrice et un collaborateur de l'organisation Tzuul Taq'a informent sur la situation liée au coronavirus et distribuent de la nourriture en urgence.

Une catastrophe après l’autre

À cause du coronavirus, la situation au Guatemala était déjà précaire avant la tempête tropicale. Dans les régions où les cas d’infections augmentent, les gens ne sont autorisés à quitter leur maison qu’en cas de première nécessité, notamment pour faire des courses alimentaires. Cette situation a un impact considérable sur nos projets, dont la continuité n’est possible qu’à certains endroits.

De nombreuses activités s’accompagnent désormais d’une assistance via les téléphones portables, qui permettent aux personnes participant aux projets de poser des questions et recevoir des conseils. En même temps, la crise actuelle met en avant le travail effectué par nos organisations partenaires, notamment en matière d’agroécologie. En effet, l’utilité de cette méthode de culture de semences traditionnelles, sans pesticides ni engrais chimiques, est reconnue et appréciée au-delà des campagnes.

Aujourd’hui, les habitant·e·s des villes prennent conscience que leur alimentation dépend de la production des agricultrices et agriculteurs. Le dur labeur quotidien des paysan·ne·s est valorisé et leur confiance en leurs capacités est renforcée.

Le coronavirus creuse les inégalités sociales

Cette pandémie met également en lumière, de manière implacable et brutale, les inégalités qui existent encore au Guatemala, plus de vingt ans après les traités de paix. Les mesures de prévention contre le coronavirus sont difficiles à mettre en œuvre dans les zones rurales. Pour se laver régulièrement les mains il faut avoir de l’eau et du savon mais, dans la plupart des régions où se déroulent nos projet, ce n’est pas le cas. Une femme doit déjà parcourir des kilomètres à pied chaque matin pour aller chercher de l’eau pour boire et pour la cuisine. Comment pourrait-elle ramener suffisamment d’eau pour que toute la famille puisse se laver les mains plusieurs fois par jour ?

Philippa Mund, responsable du programme Guatemala chez Action de Carême

 

Pour de plus amples informations sur l’impact du Covid au Guatemala, cliquez ici

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Aimé Sawado, coordinateur de l'AKOFED

Le Burkina Faso, littéralement « le pays des hommes et des femmes intègres », est l'un des pays les plus pauvres du monde. Plus de la moitié de la population survit avec moins d'un dollar par jour. Face à la pandémie de coronavirus, le gouvernement a réagi en fermant ses frontières et en instaurant un couvre-feu qui pousse les habitant·e·s plus loin encore dans la pauvreté.

Les premières personnes atteintes du Covid-19 au Burkina Faso ont été des ministres, des ambassadeurs, un pasteur et son épouse de retour d’un voyage en France ainsi que l’archevêque de Ouagadougou, la capitale du pays. Depuis l’apparition de ces cas début mars, tout le pays retient son souffle. Les mesures prises par le gouvernement pour ralentir et stopper la propagation du virus affectent particulièrement durement les plus démuni·e·s qui représentent plus de 61 % de la population. Les villes sont mises en quarantaine et la pénurie de masques de protection, de savon et de produits désinfectants frappe tout le pays. Les marchés, les lieux de culte, les écoles et les gares sont fermés.

Mettre en œuvre au mieux les mesures de prévention

L’AKOFED (Association Koglzanga féminine pour le développement), organisation partenaire d’Action de Carême, est active auprès de la communauté rurale de Tikaré, à 140 km de la capitale. Aimé Sawado, coordinateur de l’organisation, déclare : « Le couvre-feu fixé de 19 heures à 5 heures du matin est respecté, même si de nombreuses personnes dans la région estiment que cela n’est pas justifié, puisque ce sont les villes, en particulier Ouagadougou, qui sont les plus touchées. L’organisation des événements sociaux n’a guère changé, voire pas du tout, puisque des rassemblements funéraires et des événements heureux comme les mariages continuent d’avoir lieu. Bien que certaines familles pratiquent le lavage des mains, il est difficile pour chacun·e de garder ses distances car cela ne s’inscrit tout simplement pas dans le contexte socioculturel. Se serrer la main, discuter en groupe, passer du temps ensemble fait partie de la culture burkinabé. »

De graves revers pour les projets

Les habitant·e·s de Tikaré vivent dans la crainte constante de l’évolution de la crise sanitaire. Les informations diffusées par les médias internationaux, le nombre de décès dans les pays les plus touchés, la mise à jour quotidienne de la situation à Ouagadougou quant aux nouvelles infections, aux décès et aux rétablissements, ne font que renforcer l’inquiétude. Les carences du système de santé – il y a cinq ventilateurs dans tout le pays pour plus de dix millions de personnes – alimentent également la peur. Les autorités sont conscientes de cette situation, mais que devraient-elles faire si la catastrophe se produit ? Aimé Sawado illustre avec humour l’état d’esprit dans son pays : « À Tikaré, le médecin-chef du centre médical et un de ses conseillers se sont rendus à la préfecture le 1er avril 2020 pour transmettre les dernières informations. « Monsieur le Préfet, nous venons d’accueillir un premier cas confirmé de Covid-19 et souhaitions vous en informer ». Le maire a gardé le silence pendant un long moment, un silence qui en disait long. Les porteurs du message ont alors compris qu’ils étaient allés trop loin et se sont empressés d’annoncer qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise « blague ». Il n’est pas difficile d’imaginer le soulagement général. »

Mais, dans les faits, Aimé est inquiet. « En raison de l’interdiction de rassemblement et des mesures de distanciation sociale, nous ne sommes plus autorisé·e·s à rencontrer les bénéficiaires. Plusieurs de nos activités sont au point mort. Cela touche particulièrement les personnes qui sont organisées dans les calebasses de solidarité. Elles se réunissent généralement chaque semaine pour échanger des informations et collecter de l’argent afin de se préparer aux moments difficiles. Cela est désormais interdit. Heureusement, le travail dans les champs est encore autorisé. Cependant, si la fermeture des marchés et les autres mesures se poursuivent au-delà de la saison sèche, nous courons le risque de mourir de faim.

Covid-19 au Burkina Faso – Situation au 1er mai 2020

645 malades du Covid-19, 43 morts, 506 personnes guéries. Le nombre réel des personnes infectées n’est pas connu en raison du manque de kits de dépistage et de la quasi-inexistence des soins médicaux. Le pays compte déjà plus de 600 000 personnes déplacées fuyant l’avancée des groupes terroristes.

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Quinta Titus (à droite) bien avant que les restrictions prescrites ne conduisent le Namaqualand au bord de l'effondrement.

NAMKO, organisation partenaire d’Action de Carême, est l'une des rares ONG encore actives dans la région du Namaqualand, en Afrique du Sud. Elle ressent directement les conséquences des restrictions imposées pour enrayer la propagation du coronavirus.

Comme le rapporte Quinta Titus, l’une des coordinatrices de projet au sein de NAMKO, la population de cette région pauvre et isolée de l’extrême ouest de la province du Cap-Nord était convaincue que le coronavirus ne concernait que les gens riches, étant donné qu’ils sont les seuls à pouvoir voyager à l’étranger. Elle ne courait donc aucun danger.

Les habitant·e·s ont été d’autant plus surpris·e·s lorsque le président a annoncé qu’il allait imposer un confinement strict à tout le pays. Malgré l’étonnement, le sentiment que ces ordres ne les concernaient pas, a continué à prévaloir. Cependant, lorsque la police et la force de défense nationale sud-africaine ont commencé à patrouiller au sein des communautés, cela a douloureusement rappelé le régime de l’apartheid à de nombreuses personnes âgées. La jeune génération a, quant à elle, été frustrée par les restrictions, le couvre-feu et la fermeture des petits magasins. Les mouvements de résistance contre ces mesures ont conduit à une augmentation des brutalités policières.

Les écoles sont fermées, les enfants meurent de faim

Depuis le 23 mars, date du début du confinement en Afrique du Sud, les activités habituelles telles que rendre visite aux voisins, jouer au football ou encore se regrouper pour échanger des points de vue et partager des inquiétudes ne sont plus autorisées. Quinta Titus déclare : « Nous sommes habitué·e·s à nous emprunter des denrées alimentaires de base en cas de besoin, mais nous devons pouvoir circuler librement pour le faire. Les circonstances actuelles ne font qu’aggraver les difficultés que rencontrent notre peuple pour assurer sa survie. »

Les sources de revenus pour la plupart des habitant·e·s de la région sont constituées principalement par les prestations de l’aide sociale ainsi que par les petits travaux tels que les nettoyages, qui ne peuvent plus être effectués en raison des mesures de confinement. Par conséquent, les membres des communautés les plus démunies se couchent souvent le ventre vide. La fermeture des écoles a également eu un terrible impact sur les enfants. En effet, eux qui ont d’habitude droit à un repas gratuit par jour à l’école, s’en voient privés et peuvent passer la journée sans avoir pris un seul vrai repas. Les pleurs des enfants affamés du Namaqualand brisent le cœur des habitant·e·s.

Conseils par téléphone contre la violence domestique

Le sentiment de frustration augmente, surtout chez les hommes, et entraîne un accroissement des violences domestiques. Les femmes et les enfants, n’ayant plus la possibilité de quitter leur foyer, sont obligés de faire face à cette situation dramatique, souvent au péril de leur vie. Les collaboratrices et collaborateurs de NAMKO tentent d’aider les femmes concernées via Facebook, mais la charge émotionnelle est immense, car ils ne sont actuellement pas en mesure de leur offrir une aide directe.

Quinta Titus présente clairement les faits : « Dans la situation actuelle, notre peuple n’a plus aucun espoir. Les programmes d’aide du gouvernement ne sont destinés qu’à un petit nombre de personnes et plusieurs éléments démontrent des cas évidents de corruption au sein du programme de distribution des colis alimentaires. Notre peuple a besoin de soutien pour survivre, aujourd’hui plus que jamais. »

Colette Kalt, Action de Carême

Covid-19 en Afrique du Sud – Situation au 19 avril 2020

Les trois premiers cas ont été identifiés entre le 6 et le 12 mars. À ce jour, 3158 cas confirmés ont été signalés et 54 personnes sont décédées de la maladie. Jusqu’à présent, 903 personnes se sont rétablies. Dans tout le pays, 114’711 tests ont été effectués.

Dans la province du Cap Nord, la courbe d’infection est extrêmement plate, avec 16 cas signalés. La province de Gauteng présente le taux d’infection le plus élevé avec 1148 cas, suivie par la province du Cap-Occidental et le Kwa Zulu Natal avec respectivement 868 et 617 cas signalés.

L’organisation partenaire d’Action de Carême

NAMKO aide la population à constituer des groupements d’épargne communautaire afin d’améliorer ses conditions de vie. Les membres de ces groupes reçoivent des formations et des conseils qui leur permettent de s’affranchir de leurs dettes. La création de jardins familiaux et communautaires donne également la possibilité à des ménages et des communautés entières d’avoir accès à une alimentation variée et équilibrée à faible coût. Ainsi, au lieu de devoir acheter des aliments coûteux au supermarché, ces familles peuvent utiliser l’argent pour d’autres dépenses urgentes ou l’investir dans les groupes d’épargne.

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Les groupes de solidarité ont construit cette maison pour protéger leurs stocks de riz des inondations. Contre le virus, ils n'ont aucune protection.

La ville portuaire de Toamasina, sur la côte Est de Madagascar, n'est pas épargnée en ce moment. À la mi-mars, les quartiers situés en basse altitude ont été inondés par le cyclone Herold. Dans de nombreuses maisons, l'eau montait jusqu'aux genoux. À peine avait-elle commencé à se retirer que les populations ont été informées de la prochaine menace : une menace mondiale qui fait trembler même les pays industrialisés.

Tous les projets d’Action de Carême sont confrontés à des défis supplémentaires et nouveaux. Le 24 mars dernier, Jean Céléstin Heriniaina, responsable du projet regroupant environ 1500 groupes de solidarité, relatait ceci depuis Toamasina :

Le premier cas de Covid-19 s’est déclaré à Madagascar le 17 mars. Les inondations et maintenant cette épidémie perturbent la vie et de nombreuses personnes réagissent dans la panique. Les habitant·e·s de Toamasina tentent de s’approvisionner en riz, légumes et autres produits de première nécessité, malgré la hausse soudaine des prix. Le prix de l’huile de cuisson a déjà augmenté de 5 %. Un sac de riz, qui coûtait auparavant 90 000 Ariary (23 francs suisses), se négocie désormais au double de ce prix. À Bazary Kely – le marché local – et dans les supermarchés, tout a été acheté, les étals vidés le 21 mars. Même les stations d’essence sont à sec, on n’y trouve plus ni essence, ni mazout, ni gaz.

Mais pour combien de temps nos réserves suffiront-elles ? On peut supposer que la situation renforcera la pauvreté. Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde, avec environ 80 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté fixé à 2 dollars par jour.

Le 22 mars, le président a déclaré l’état d’urgence et imposé un couvre-feu de 15 jours à la capitale et à Toamasina. Dans les rues de Toamasina, on peut sentir la panique des habitant·e·s, même si aucune contagion n’a été signalée jusqu’à présent.

Action de Carême prévoit de continuer à soutenir ses organisations partenaires, dans la mesure prévue, dans ses 14 pays d’intervention, afin qu’elles ne soient pas contraintes de licencier du personnel et qu’elles puissent adapter leur travail aux circonstances. À Madagascar, il est possible d’assurer une partie de l’accompagnement des groupes de solidarité via les téléphones portables. Les prêts que les groupes accordent sans intérêt – ou à un très faible taux – restent possibles. Comme il n’y a que peu de patient·e ·s atteint·e·s de Covid-19, on peut espérer que le virus ne se répandra pas de manière épidémique – cela aurait des conséquences dévastatrices pour une population démunie.

Afin de pouvoir maintenir et poursuivre ce travail, chaque don compte. Vous pouvez en apprendre plus sur notre programme à Madagascar ici.

 

 

Covid-19, une bombe à retardement pour le régime

Le journaliste Stefan Frey vit entre Olten et Diego Suarez, dans le nord de Madagascar. Il y a fondé l'organisation Mad'éole, qui approvisionne les villages en énergie éolienne et autres énergies renouvelables. Découvrez dans son article du 5 avril son regard d'observateur critique sur Madagascar et le Covid-19.

Le 1er avril 2020, l’Observatoire de la vie publique (SeFaFi) de Madagascar a publié une évaluation critique du système de santé malgache et a exprimé de sérieux doutes sur capacité de celui-ci à faire face à la pandémie. Dix jours plus tôt, le président Andry Rajoelina avait officiellement annoncé, dans une apparition télévisée pompeuse, que le coronavirus était arrivé sur l’île par des vols en provenance d’Europe entre le 11 et le 22 mars.

Les régions autour de la capitale Antananarivo et de la ville portuaire de Toamasina sont en quarantaine, l’espace aérien est fermé depuis le 22 mars, tout comme les ports. Selon le président, le pays comptait 59 cas de Covid-19 le 2 avril. Personne dans le pays n’y croit, c’est pourquoi des milliers de personnes prennent d’assaut les points de distribution des colis alimentaires. Les images de cet afflux massif tournent en dérision celles du président – qui s’adresse désormais à la population un jour sur deux par l’intermédiaire des médias réquisitionnés par les mesures d’urgence.

Dans sa dernière annonce, le SeFaFi fait référence à un phénomène devenu une culture : la corruption. Dans le système de santé également, les abus de pouvoir, les détournements de fonds et la corruption ouverte sont depuis longtemps devenus une menace existentielle. Les années de négligence du secteur de la santé ont pratiquement privé les hôpitaux de leurs possibilités de traitement. Par ailleurs, dans la population rurale, neuf personnes sur dix n’ont pas du tout accès au système de santé.

Stefan Frey commente ainsi les projets d’Action de Carême : « Il existe en outre de nombreux projets organisés et financés de manière purement privée, parmi lesquels celui d’Action de Carême est particulièrement remarquable.  Il permet l’auto-organisation de groupes de solidarités, dont les membres parviennent à sortir de la spirale de l’endettement et à se libérer des chaînes des usuriers. Ainsi, plus de cent mille personnes ont pu développer une perspective durable. »

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1,3 milliard de personnes sont soumises à un couvre-feu jusqu'au 31 mars. La vie est actuellement plus menacée par cette situation que par la maladie elle-même.

1,3 milliard d'Indiennes et d’Indiens sont soumis à un couvre-feu jusqu'au 31 mars à cause du coronavirus. Pour les hommes et les femmes du secteur informel, la vie est actuellement plus menacée par cette situation que par la maladie elle-même.

Tous les projets d’Action de Carême sont confrontés à de nouveaux défis. Cette situation est particulièrement dramatique en Inde. Tobias Buser, responsable du programme d’Action de Carême en Inde, rapporte les faits suivants :

La situation est difficile et ne cesse de s’aggraver car personne n’a eu le temps de se préparer au couvre-feu. Cela est particulièrement vrai pour celles et ceux qui travaillent dans le secteur informel et pour les plus démuni·e·s des zones rurales. Partout, des émeutes éclatent et la faim se fait ressentir en raison du chômage soudain des travailleuses et travailleurs journaliers dû au couvre-feu strict. Du jour au lendemain, la plupart d’entre eux ne peut plus se loger et se nourrir et tente de rejoindre la campagne malgré le manque de moyens de transport. Cela entraîne un exode massif qui, bien entendu, contribue à la propagation du virus.

Il est devenu très difficile d’obtenir de la nourriture ou une aide médicale, car celles et ceux qui ne respectent pas l’interdiction de sortie sont victimes de brutalités policières.

Tobias Buser, Programmverantwortlicher Indien und Madagaskar

Comment le programme en Inde se poursuit-il ?

Tobias Buser, responsable de programme en Inde et à Madagascar, répond clairement à la question :

Dans notre programme en Inde, nous collaborons avec des groupes d’Adivasis très défavorisé·e·s et sans terre, qui parviennent à obtenir un accès aux terres forestières et sont formé·e·s aux techniques agroécologiques. Cette stratégie porte déjà ses fruits. Grâce à cela, les bénéficiaires des projets disposent de leur propre nourriture et ce, même dans les périodes les plus difficiles, comme celle traversée actuellement.

Action de Carême prévoit de continuer à soutenir ses organisations partenaires dans ses 14 pays d’intervention, afin qu’elles ne soient pas contraintes de licencier du personnel et qu’elles puissent adapter leur travail aux circonstances. En Inde, certaines organisations transmettent déjà à la population, via Whatsapp, de courtes vidéos avec des informations sur la façon de se protéger contre le virus. Elles prévoient également de diffuser des émissions de radio sur le sujet afin de sensibiliser les gens aux fausses nouvelles. Dans de nombreux endroits, nos partenaires peuvent conseiller les bénéficiaires des projets par le biais du téléphone portable – sur les questions agricoles, par exemple – et de maintenir ainsi le contact. Dans des cas exceptionnels, une aide d’urgence aux familles souffrant de la faim peut également être fournie.

Afin de pouvoir maintenir et poursuivre ce travail, chaque don compte. Vous pouvez en apprendre davantage sur notre programme en Inde ici.

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