Le dernier rapport sur la nutrition des Nations Unies montre peu d’améliorations. En effet, malgré des progrès en Amérique latine et dans les Caraïbes, la faim continue d’augmenter en Afrique. L’objectif mondial d’éliminer la faim d’ici 2030 semble désormais hors de portée. 

Texte : Ralf Kaminski, rédacteur à Action de Carême

En 2023, une personne sur onze dans le monde souffrait de la faim, tandis qu’en Afrique, cela concernait une personne sur cinq. Le nombre de personnes souffrant de la faim, qui a fortement augmenté pendant la pandémie de Covid-19, est resté stable à ce niveau également pendant ces dernières années. Selon le dernier rapport des Nations Unies, en 2023, environ 733 millions de personnes n’avaient pas assez à manger.

Un tiers de la population mondiale a un accès limité à une alimentation saine

En 2022, 2,8 milliards de personnes n’ont pas eu accès à une alimentation saine et équilibrée. Ce chiffre, qui représente un tiers de la population mondiale, touche particulièrement les habitant·e·s des zones rurales des pays les plus pauvres, notamment les femmes, les jeunes, les enfants et les populations autochtones. Bien que l’Afrique ait proportionnellement le plus grand nombre de personnes en insécurité alimentaire (58 %), la majorité des personnes souffrant de la faim se trouvent en Asie. 

Les Nations Unies estiment qu’en 2030, environ 582 millions de personnes seront encore chroniquement sous-alimentées, dont plus de la moitié en Afrique. Pourtant, dans le cadre de l’Agenda 2030, la communauté internationale avait pour objectif de mettre fin à la faim d’ici 2030. 

 

Conflits, inégalités et manque de volonté politique

Les raisons de cet échec sont multiples : conflits violents, réchauffement climatique, crises économiques, inégalités, augmentation des coûts alimentaires, et monopole du système alimentaire par une poignée de grandes entreprises agroalimentaires. Ce qui fait également défaut, est la volonté politique de consacrer les ressources financières nécessaires pour s’attaquer au problème de manière systématique. 

Malgré tout, il y a aussi des améliorations. Depuis 2021, l’insécurité alimentaire en Amérique latine et dans les Caraïbes a diminué (de 34 % à 28 % de la population). De plus, il y a moins d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition chronique.

L'accès à une alimentation saine et équilibrée est une condition sine qua non pour vaincre la faim.

Malnutrition et surpoids en augmentation

D’autre part, la malnutrition peut aussi entraîner le surpoids, car de nombreuses familles pauvres ne peuvent se permettre que de la nourriture bon marché et excessivement transformée. Le nombre de personnes souffrant d’obésité sévère a ainsi fortement augmenté : en 2012, 12,1 % des adultes étaient obèses (591 millions), en 2022, ils étaient 15,8 % (881 millions) et, en 2030, ce chiffre devrait dépasser 1,2 milliard. 

Le rapport des Nations Unies de 2024 examine comment mieux financer la lutte contre la faim et la malnutrition. Il indique qu’il manque actuellement plusieurs milliards de dollars pour atteindre cet objectif et met en garde contre les conséquences sociales et économiques de ce déficit, qui coûteront également des milliards.

L’impact du travail d’Action de Carême

Depuis des décennies, Action de Carême s’engage avec ses partenaires dans le Sud pour lutter contre la faim. Grâce à la mise en place de groupes de solidarité et de techniques agroécologiques adaptées aux conditions locales, la situation alimentaire s’améliore durablement. Nous sommes également à l’origine du projet RAISE, une coopération internationale de plusieurs organisations de développement qui défend les droits des paysan·ne·s pour améliorer la sécurité alimentaire.

Le projet RAISE s’est focalisé sur la sensibilisation locale et le lobbying international afin de créer un mécanisme de surveillance des droits des paysan·ne·s. Cette année, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a mis en place un groupe d’expert·e·s pour surveiller et promouvoir la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·ne·s (UNDROP) de 2018. C’est un jalon important pour RAISE, qui collaborera étroitement avec ce groupe pour faire entendre les voix des paysan·ne·s à l’échelle internationale et contribuera ainsi à réduire la faim et à promouvoir une alimentation saine. 

Résumé du rapport des Nations Unies sur la nutrition 2024

Nos projets sont efficaces et réduisent la faim, comme en témoigne Mary Injendi, une paysanne kenyane.

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La Conférence des évêques suisse, la Conférence centrale catholique romaine de Suisse et Action de Carême fondent un Service commun « Éthique et société », actif dès cet automne. L’objectif du nouveau Service est de renforcer la voix de l’Église catholique romaine en Suisse dans les domaines de l’éthique sociale, de la bioéthique et de l’éthique environnementale. 

Le Service « Éthique et société » prendra position sur les questions éthiques essentielles et conseillera les institutions et organisations ecclésiales. Il sera chargé d’élaborer des informations de fond, des bases de décision, des prises de position et des documents de référence sur les votations et référendums à venir.

L’équipe du nouveau Service nouera des liens sur le plan national et international et proposera des offres et des événements pour encourager le dialogue. Du point de vue stratégique, le Service sera dirigé par un comité de pilotage composé de représentants des trois organisations faîtières et des présidentes ou présidents des Commissions « Bioéthique » et « Justice et Paix ».

La constitution du comité de pilotage et la définition des futures priorités thématiques interviendront durant le deuxième trimestre 2024.

Les responsables de ce Service souhaitent renforcer la voix de l’Église en matière d’éthique sociale auprès de l’opinion publique au moyen de publications, de travail de relations publiques et d’offres de formation.

L’éthique sociale peut apporter une contribution importante au respect de la dignité humaine, de la liberté et de l’environnement dans le monde. Elle met en lumière les contextes sociétaux, décrit les défis à relever et soulève des interrogations. Elle répond aux questions qui se posent en se basant sur la justice, la responsabilité, la durabilité, la solidarité ou la subsidiarité.

Le 14 février débute la Campagne œcuménique organisée par Action de Carême, l’EPER et Être Partenaires. L’accent est mis principalement sur les conséquences désastreuses de la crise climatique, en particulier pour les habitant·e·s des pays les plus pauvres, qui souffrent de plus en plus de la faim. Avec le slogan «Moins, c’est plus – chaque geste compte!», la campagne vise à promouvoir des modes de consommation raisonnés. Ainsi, nous apportons non seulement notre aide aux plus démuni·e·s, mais nous contribuons également à la lutte contre le réchauffement climatique tout en améliorant notre propre qualité de vie. 

Aujourd’hui déjà, les conséquences de la crise climatique se font ressentir partout dans le monde: vagues de chaleur, sécheresses, tempêtes, inondations, fonte des glaciers, érosion en montagne. Et chaque dixième de degré supplémentaire vient aggraver ces effets. Les calculs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) montrent à quel point un réchauffement climatique de 2 °C aurait des conséquences dévastatrices par rapport à un réchauffement de 1,5 °C: plus du double de personnes exposées à des chaleurs extrêmes, des pertes de récoltes dans les régions tropicales ainsi que des pertes piscicoles multipliées par deux, voire plus. D’où l’importance de limiter le réchauffement, et ce, même d’un dixième de degré. 

Conseils pour un comportement plus respectueux du climat

Avec le slogan «Moins, c’est plus», Action de Carême, l’EPER et Être Partenaires souhaitent appeler à l’action, notamment à une réduction de la consommation. Le nouveau calendrier de carême en ligne donne des conseils pour préparer le carême de manière respectueuse du climat. De plus, des ateliers seront organisés pour inciter les participant·e·s à réduire leur empreinte écologique ou à agir davantage pour lutter contre le réchauffement climatique. 

L’idée est d’encourager la mise en œuvre d’actions conjointes en faveur du climat afin de remettre en question les structures existantes et de les modifier activement. Cela implique notamment de s’engager politiquement en faveur des personnes et des lois qui protègent le climat ; de recueillir des idées auprès de personnes qui partagent les mêmes valeurs ; ou encore d’encourager chacun·e à agir dans son voisinage, sur son lieu de travail, dans les églises ou au sein d’associations.

Eine Guatemaltekin spaziert durch ihren kleinen Hausgarten, der mit nachhaltiger Landwirtschaft bepflanzt wurde
Le réchauffement climatique entraîne une augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, une situation qui met en danger la sécurité alimentaire de pays comme le Guatemala.

Renforcer la résilience des plus démuni·e·s 

Le réchauffement climatique est certes une problématique universelle, mais ce sont les populations du Sud qui sont le plus directement touchées. Non seulement elles ont moins contribué à la crise climatique que les pays du Nord, mais elles ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour s’adapter à ses effets dévastateurs. Souvent, les habitant·e·s des pays du Sud pratiquent une agriculture à petite échelle, rendue difficile par des conditions météorologiques imprévisibles: parfois, il ne pleut pas pendant des semaines, puis les précipitations sont si violentes qu’elles emportent tout sur leur passage. C’est l’une des raisons pour lesquelles la faim est de nouveau en augmentation dans diverses régions du monde depuis quelques années. 

Action de Carême et l’EPER mènent des projets dans plusieurs pays du Sud afin de renforcer la résilience des communautés locales. Elles forment les habitant·e·s pour les aider à s’adapter à la situation climatique actuelle. Ainsi, les méthodes agroécologiques permettent d’assurer les récoltes et de contribuer à une alimentation saine et variée. Les programmes de reboisement protègent des glissements de terrain et des sécheresses. Action de Carême et l’EPER s’engagent également au niveau international pour offrir de meilleures conditions politiques et juridiques aux communautés paysannes. Avec la Campagne œcuménique, elles espèrent inciter les personnes en Suisse à apporter elles aussi leur contribution.

Pendant la Campagne œcuménique, nous appelons, au nom des personnes défavorisées dans les pays du Sud, à prendre conscience des injustices climatiques et à agir dans le respect du climat. Apprenez-en plus ici.

Action de Carême soutient les communautés paysannes pour qu'elles puissent assurer leurs récoltes malgré le réchauffement climatique.

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En Haïti, les changements climatiques, des méthodes de culture inadaptées et un manque de gouvernance mettent à mal la population, menaçant l’alimentation de plus de 3,6 millions de personnes. Les projets d’Action de Carême apportent un soulagement essentiel.

Haïti est l’un des pays les moins r responsables des changements climatiques (il ne génère que 0,3 % des émissions mondiales de CO2), mais aussi l’un de ceux qui en souffrent le plus : les sécheresses s’allongent, la saison des pluies est plus courte mais plus violente, et les cyclones sont de plus en plus fréquents. « Aujourd’hui déjà, la côte recule à certains endroits », explique J. V.*, coordinateur d’Action de Carême en Haïti. « En même temps, le niveau des nappes phréatiques s’abaisse dans certaines régions, de sorte qu’il faut creuser toujours plus profond pour obtenir de l’eau douce ».

Le principal défi, c’est l’érosion, causée notamment par le déboisement. Même si plus de 70 % du pays est montagneux, « aucune pente n’est trop raide pour empêcher la culture d’aliments », estime-t-il, « c’est tout simplement inévitable ». Or, lorsque des pluies diluviennes déferlent sur l’île des Caraïbes, les terres arables sont particulièrement menacées. « Quand la couche supérieure est emportée par les flots, on ne peut plus rien cultiver, et dans les zones de plaine, on risque des glissements de terrain et des inondations. » Notre coordinateur craint que, d’ici 2030, environ 20 % des zones actuellement cultivées deviennent impropres à l’agriculture.

« Nos organisations partenaires sensibilisent la population et leur apportent aux habitant·e·s un savoir-faire technique. »

L'érosion entraîne également la perte de terres sur la côte, comme ici à Port Salut, dans le sud d'Haïti.

L’agroécologie et le reboisement émergent comme des solutions viables

L’une des solutions efficaces à ce problème, financée par Action de Carême, consiste à ériger des barrières anti-érosion qui peuvent prendre la forme de terrasses, de diguettes en pierre ou de barrières végétales. « Nos partenaires sensibilisent les personnes participant aux projets à cette cause et leur transmettent le savoir-faire nécessaire », ajoute le coordinateur. « Et nos barrières anti-érosion servent d’inspiration à d’autres paysan·ne·s, qui ne font pas partie de nos projets. » Une transmission qui n’est cependant pas assez systématique dans l’ensemble du pays : « C’est une tâche
titanesque. »

Le réchauffement planétaire n’a fait qu’aggraver une situation due à un déboisement excessif, une pratique qui remonte à de longues années. Certes, des projets de reboisement sont menés à terme, mais la superficie que l’on peut y consacrer est limitée, car la plus grande partie des terres arables doivent être utilisées pour nourrir une population en augmentation. En outre, la majorité des ménages cuisinent encore au bois ou au charbon de bois.

« Il n’en reste pas moins que nous enregistrons des avancées avec nos partenaires », se réjouit le coordinateur, « car nous nous engageons dans des régions particulièrement touchées par les changements climatiques. » Les techniques agroécologiques accroissent le rendement et promeuvent aussi la biodiversité. « Grâce à cette conversion et aux projets de reboisement, certaines espèces d’insectes et d’oiseaux se sont réinstallées dans la région », se félicite-t-il.

*En raison du contexte sécuritaire précaire en Haïti, nous préférons ne pas mentionner de noms.

Le travail d’Action de Carême est d’autant plus important en période d’instabilité et de crise et constitue une lueur d’espoir pour les personnes qui participent à nos projets. Apprenez-en plus sur notre programme national Haïti ici.

Des paysannes installent des barrières pour protéger leurs champs de l'érosion.

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Grâce au soutien d’Action de Carême, de nombreux potagers ont pu voir le jour dans un village isolé du Népal, où sont cultivées des semences locales. Cela améliore non seulement la sécurité alimentaire, mais aussi la santé des habitant·e·s.

À l’ouest du Népal, les habitant·e·s de Jhumlawang collaborent depuis toujours de manière solidaire, suivant un modèle de coopération. Une approche qui s’impose, compte tenu des conditions de vie difficiles dans les villages reculés de l’Himalaya. Bien que l’éducation soit devenue plus accessible dans ces régions au tournant des années 2000, les aides gouvernementales demeurent limitées. C’est pourquoi les Népalais·e·s émigré·e·s à l’étranger ont joué un rôle crucial dans l’obtention de soutiens financiers. De plus, les villageois·e·s n’ont pas hésité à s’engager bénévolement, consacrant l’équivalent d’au moins un mois de travail par famille à cette initiative.

C’est ainsi qu’ont été créés non seulement une école, mais aussi un centre communautaire. Néanmoins, l’accès aux soins restait insuffisant. L’hôpital le plus proche se trouvait en effet à plusieurs jours de marche, entraînant de nombreux décès de patient·e·s en chemin. Dès lors, la communauté a exprimé le souhait d’établir un dispensaire dans le village, mais cela nécessitait d’importants moyens financiers. Une bénévole française ayant séjourné à Jhumlawang lors d’un camp de santé plus de quinze ans auparavant a offert son aide aux habitant·e·s.

L’agroécologie pour une santé durable

Grâce à elle, la fondation Jhumlawang Village Foundation (JVF) a été créée, et un dispensaire de soins primaires a été établi, permettant une assistance médicale plus rapide. Cependant, ce dispositif s’est avéré insuffisant pour une amélioration durable de la situation sanitaire des habitant·e·s. Lors d’une rencontre fortuite avec Action de Carême, des représentant·e·s de JVF ont découvert l’agroécologie pour la première fois. Cette méthode agricole vise à améliorer la sécurité alimentaire, à fournir un accès à des légumes frais et à garantir un apport nutritionnel adéquat en ajustant la production aux conditions régionales et saisonnières. Convaincue des bienfaits de cette approche, JVF l’a rapidement présentée aux villageois·e·s comme une solution plus durable pour améliorer la situation sanitaire. C’est ainsi qu’en 2019, un projet pilote élaboré en collaboration et soutenu par Action de Carême a été lancé.

Une paysanne présente son potager.

Aujourd’hui, JVF constitue un modèle d’agroécologie dans la région, avec de nombreux potagers dans lesquels sont cultivés des légumes de saison et de nombreuses variétés locales. Ce mode de production contribue non seulement à améliorer la santé des habitant·e·s, mais aussi à renforcer la sécurité alimentaire. Les villageois·e·s entretiennent avec enthousiasme leurs potagers, exprimant leur satisfaction. JVF a également établi une pépinière qui produit des semences locales, garantissant la résilience à long terme des nouvelles variétés face au réchauffement climatique, tout en formant les producteurs et productrices à l’agroécologie.

Un modèle pour les autres communautés

JVF aspire à persuader les habitant·e·s d’autres villages des avantages de l’agroécologie. Forte de son ancrage local, la fondation a acquis une crédibilité considérable auprès des villageois·e·s, et son travail suscite également l’intérêt des autorités. Cependant, il faudra encore du temps pour étendre ce projet à d’autres communautés et concrétiser ce rêve.

Notre soutien à des organisations partenaires telles que JVF nous permet d’ancrer le travail d’Action de Carême au niveau local et d’adapter les mesures prises aux besoins des communautés. En effet, ces organisations locales sont bien établies auprès des communautés et connaissent le point de vue des habitant·e·s sur les évolutions à mettre en place au sein des villages. C’est ce qui nous permet de mettre en œuvre des projets durables, soutenus par la population. Pour en savoir plus sur le programme national au Népal, cliquez ici.

Les potagers améliorent la sécurité alimentaire et aident à faire face aux changements climatiques.

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Avec le soutien d’une organisation partenaire d’Action de Carême, deux agronomes ont créé des étangs de pêche pour des communautés villageoises en République démocratique du Congo. Ceux-ci permettent non seulement aux éleveurs et éleveuses d’améliorer leur alimentation, mais aussi de percevoir des revenus supplémentaires grâce à la vente de poissons.

Il faut environ quatre à cinq bassins pour nourrir les habitant·e·s de six villages et élever suffisamment de poissons pour assurer une commercialisation rentable. « Les piscicultrices et pisciculteurs constituent désormais d’importants fournisseurs pour leurs communautés et sur les marchés locaux, et de plus en plus d’agriculteurs et agricultrices suivent désormais leur exemple », explique l’agronome Bruno Tshiayenyi qui, avec son collègue Daniel Katende, a contribué à ce développement durable aux retombées très positives pour la communauté locale.

Étangs, digues et protection contre les prédateurs

Avec le soutien de Coobidiep, organisation partenaire d’Action de Carême, les deux agronomes ont pu élaborer le concept d’étangs de pêche dans des communautés villageoises de la région de Kamutanga, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo. « Il existait déjà des bassins, mais ceux-ci étaient si petits qu’ils permettaient à peine d’assurer les besoins des pêcheurs et pêcheuses », explique Bruno Tshiayenyi. « Il s’agissait globalement de trous informes dans le sol. »

Les bassins actuels sont plus grands, plus profonds et permettent d’accueillir beaucoup plus de poissons. Les deux agronomes ont formé les producteurs et productrices à l’aménagement des étangs, à la fertilisation de l’eau, et à l’introduction ainsi qu’à l’élevage de poissons. Il s’agit notamment d’aménager des digues, des tuyaux de drainage et de débordement, des canaux ainsi que des infrastructures pour protéger les poissons des prédateurs. « La rotation des cultures est également très importante », indique Bruno Tshiayenyi. « Celle-ci est coordonnée de manière à assurer une rotation entre les bassins pour qu’il y ait toujours suffisamment de poissons. »

« Enfin, les étangs permettent de créer des emplois et ainsi de réduire le chômage des jeunes, ce qui permet de lutter contre l’exode rural »

De nombreux avantages pour les communautés locales

La pisciculture est d’autant plus avantageuse pour les communautés paysannes que le réchauffement climatique rend la météo plus imprévisible, ce qui augmente le risque de pertes de récoltes. Les revenus générés par la vente de poissons permettent aux habitant·e·s d’améliorer leur habitat, d’étendre leur accès aux soins de santé primaire et de financer la scolarité de leurs enfants, parfois jusqu’à l’université. De plus, la pisciculture aide à améliorer l’alimentation, et par conséquent la santé de la population. 

« Enfin, les étangs permettent de créer des emplois et ainsi de réduire le chômage des jeunes, ce qui permet de lutter contre l’exode rural », explique Bruno Tshiayenyi. « De cette manière, nous avons pu améliorer les conditions de vie des habitant·e·s à de nombreux égards, et leur offrir de nouvelles perspectives. »

Malgré la richesse de son sous-sol, la République démocratique du Congo est l’un des pays les plus pauvres du monde. Dans ses projets, Action de Carême met l’accent sur une sécurité alimentaire durable. Apprenez-en plus sur le programme du pays ici.

La pisciculture permet aux communautés paysannes de résister aux mauvaises récoltes, plus fréquentes en raison du réchauffement climatique.

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La conférence climatique de Dubaï a pris fin, mais les résultats montrent que le monde doit faire bien plus. Les compromis actuels ne sont qu’un petit pas dans la bonne direction. Face à l’urgence, des actions plus ambitieuses sont nécessaires, car les populations les plus démunies, déjà durement touchées par la crise climatique, ne peuvent plus attendre. Il est temps de passer à des mesures plus ambitieuses pour protéger notre planète.

Un commentaire de Stefan Salzmann, responsable Climat et politique énergétique chez Action de Carême

Après plus de deux semaines de négociations à la COP28 à Dubaï, les 197 États participants ont finalement trouvé des accords sur certains points cruciaux, tels que la réduction de l’utilisation des énergies fossiles et le développement des énergies renouvelables. Cependant, du point de vue d’Action de Carême, les décisions prises dans le cadre du « paquet énergie » ne représentent qu’un petit pas dans la bonne direction. Bien que la communauté internationale se soit engagée à sortir progressivement du charbon, du pétrole et du gaz, l’absence d’un objectif annuel contraignant est une lacune majeure. Même pour le charbon, particulièrement préjudiciable pour le climat, aucune date concrète de sortie n’a été fixée à Dubaï, laissant ainsi une marge de progrès importante à réaliser.

Qui va payer ?

La question cruciale de l’argent nécessaire à la transition énergétique reste en suspens, et c’est un sujet qui sera discuté lors de la prochaine conférence mondiale sur le climat en Azerbaïdjan en 2024. Le succès de la récente conférence à Dubaï dépendra largement des décisions à venir l’année prochaine.

Cependant, le financement des énergies renouvelables n’est qu’un aspect du problème. L’adaptation à la crise climatique nécessite également des ressources, en particulier pour les populations les plus démunies qui subissent de manière disproportionnée les conséquences des changements climatiques, bien qu’elles aient contribué minimalement aux émissions. Elles ont besoin d’un soutien immédiat, alors que les pays responsables du réchauffement climatique ont une responsabilité à assumer, conformément à l’accord de Paris sur le climat. Malheureusement, les promesses financières des pays industrialisés ne sont pas tenues depuis des années, ce qui a érodé la confiance. Il est essentiel que ces engagements soient honorés pour rétablir la confiance et répondre efficacement aux défis climatiques.

La Suisse doit faire plus

La Suisse tarde à honorer ses engagements financiers, qui nécessitent une allocation rapide de fonds supplémentaires. Ceci doit s’ajouter à son engagement existant dans la lutte contre la pauvreté et la coopération internationale.

Par ailleurs, elle doit faire une contribution adéquate pour réduire les émissions de CO2 de 60 % d’ici à 2035 par rapport à 1990, une exigence concrète résultant des négociations à Dubaï. Toutefois, la trajectoire actuelle indique que la Suisse ne parviendra pas à atteindre cet objectif climatique. La stratégie actuelle, consistant à obtenir les réductions nécessaires grâce à des certificats étrangers, n’est pas viable sur le plan social ni économique. Déjà le 20 décembre, le Conseil national devait débattre d’améliorations à la loi sur le CO2, notamment une hausse de la taxe CO2 sur les combustibles fossiles. Dans les années à venir, pour légiférer sur le climat à partir de 2030, la Confédération doit faire preuve d’une ambition accrue pour respecter les engagements de l’accord de Paris sur le climat, tant en matière de réduction des émissions que de mobilisation de ressources financières.

À Dubaï, la COP28 n'a pas tranché sur le financement de la transition énergétique mondiale.

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Les projets d’Action de Carême aux Philippines permettent d’apporter une amélioration concrète des conditions de vie pour les personnes marginalisées. Une aide utile, comme l’a confirmé une évaluation externe de notre programme sur place.

Action de Carême est présente depuis les années 1970 aux Philippines, en Asie du Sud-Est. À l’heure actuelle, nos projets sont principalement axés sur le droit à l’alimentation afin d’assurer les besoins fondamentaux des personnes les plus démunies. Nous venons en aide en particulier à de petits producteurs et productrices ainsi qu’à des pêcheurs et pêcheuses indigènes dans des zones de forte précarité, exposées à un risque élevé de typhons, d’inondations et de sécheresse. Le budget annuel du programme s’élève à 800 000 francs.

Donner plus de poids à la voix des femmes

En 2022, nous avons demandé au bureau de conseil indépendant Lumina Ventures, basé à Manille, d’évaluer notre programme aux Philippines. Les résultats sont très satisfaisants. Les évaluateurs et évaluatrices ont jugé efficace l’utilisation des fonds et les projets, « hautement pertinents », permettent « des améliorations tangibles pour faciliter l’accès des populations les plus vulnérables à une alimentation saine ». Pour ce faire, nous avons notamment introduit des méthodes de culture agroécologiques et favorisé la production de denrées alimentaires directement chez l’habitant·e, dans les arrière-cours. En outre, nous avons fait en sorte que les familles paysannes et qui vivent de la pêche se mettent en réseau pour mieux faire valoir leurs droits auprès des instances publiques. Les projets visent à « favoriser l’autonomie de la population et à offrir une base solide pour assurer la durabilité des objectifs atteints », peut-on notamment lire dans le rapport.

Des projets qui ont été particulièrement bénéfiques pour les femmes. En effet, selon les évaluateurs et évaluatrices, celles-ci parviennent désormais à peser davantage dans les décisions de la communauté. Mais de manière générale, l’œuvre d’Action de Carême a particulièrement contribué à renforcer la confiance des personnes marginalisées. Aux Philippines, l’organisation travaille en collaboration avec quatorze associations partenaires qui, grâce à leurs liens étroits avec l’Église catholique et d’autres acteurs, mènent des campagnes pour défendre politiquement la mise en place de méthodes de production alimentaire durables et sensibiliser les populations à ces problématiques. En 2021, le programme a permis d’assurer les besoins fondamentaux de 17 600 personnes.

Faire face au réchauffement climatique

Des succès réalisés dans un contexte pourtant difficile : d’une part, la pandémie de Covid-19 et un gouvernement qui préfère ignorer les droits humains plutôt que de les protéger et, d’autre part, un nombre croissant de catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique.

Les rédacteurs et rédactrices du rapport ont estimé que des améliorations étaient encore nécessaires pour faire face au réchauffement climatique. Ils et elles recommandent notamment de renforcer le partage de connaissances entre organisations partenaires et d’intervenir de manière plus ciblée auprès des autorités locales afin d’encourager les investissements favorables à l’autonomisation des plus démuni·e·s.

Cliquez ici pour consulter la synthèse détaillée du rapport (en anglais).

Dans nos projets, nous encourageons activement chaque individu, sans distinction de genre, à s’émanciper, à défendre ses intérêts et à revendiquer ses droits spécifiques. Il s’agit du fondement même de l’approche d’Action de Carême en matière de genre. Pour de plus amples informations, veuillez cliquer ici.

Depuis qu'elle a pris part à un projet d'Action de Carême. La voix de la pêcheuse Marilou Galdones est entendue dans sa communauté.

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Le réchauffement climatique touche le plus durement les groupes les plus vulnérables, dont la population sénégalaise. Aboubarcry Sall est le coordinateur de notre projet Bamtaree-Podor. Il nous raconte les conséquences de la crise climatique et les mesures qui sont prises.

 

« La sécheresse et le manque d’eau qui sévissent dans la région du Fouta au nord du Sénégal sont une des conséquences du réchauffement planétaire. Cela entraîne une disparition tragique d’espèces végétales et animales et porte de plus en plus atteinte à la sécurité alimentaire des populations et du bétail. Les pâturages et les ressources en eau diminuent comme peau de chagrin, notamment en raison de l’essor des cultures irriguées – notamment rizicoles – et de l’abus d’engrais chimiques et de pesticides, ces derniers ayant également des effets néfastes sur la santé des habitant·e·s. À la recherche de pâturages, les éleveuses et éleveurs doivent parcourir de longues distances, ce qui les éloigne de leur domicile habituel. S’ils emmènent leur famille, c’est l’éducation des enfants qui s’en ressent.

Précipitations irrégulières

Depuis plus de trois décennies, nous enregistrons des précipitations irrégulières en constante diminution. Auparavant, la saison des pluies durait de mai à octobre, soit six mois, et apportait 400 à 500 mm de précipitations. Ces vingt dernières années toutefois, elle ne dure que d’août à octobre et apporte moins de 250 mm. En revanche, nous subissons des inondations lors des années pluvieuses.

S’adapter au réchauffement climatique

Malgré tout, la population fait preuve de résilience et met au point des stratégies d’adaptation à la nouvelle donne. Pour assurer leur approvisionnement en eau, les habitant·e·s forent des puits et construisent des mares. Dans le domaine agricole, la sélection de semences résistantes à la sécheresse pour les cultures céréalières et maraîchères sur les champs familiaux ou collectifs fait des merveilles. En outre, la création de groupes de solidarité permet aux familles paysannes de s’entraider en temps de pénurie. »

L’approche des groupes de solidarité est originaire du Sénégal et constitue un pilier central du travail de l’Action de Carême. Pour en savoir plus sur les groupes de solidarité, cliquez ici.

Die anhaltende Trockenheit lässt Menschen und Tiere in Senegal leiden.
La sécheresse persistante affecte tant les humains que les animaux.

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Grâce à Action de Carême, les communautés autochtones du Brésil ont pu s’exprimer à la COP26. En Amazonie, elles sont victimes d’expulsions et souffrent des conséquences du déboisement. De son côté, le gouvernement brésilien a fait tout ce qu’il a pu pour saboter le sommet sur le climat.

Un commentaire de Stefan Salzmann et Bernd Nilles depuis la COP26 à Glasgow

En Amazonie, les barrages causent le déplacement des communautés locales. Qu’en est-il de la justice climatique ?

Le public a répondu présent lors de l’événement organisé par Action de Carême à Glasgow dans le cadre du sommet sur le climat : une centaine de personnes l’ont suivi sur place et 200 autres se sont connectées en ligne. Des représentantes des communautés autochtones du bassin amazonien ont témoigné de leur vie quotidienne.

Les déplacements forcés, la perte de leurs maisons, la menace de disparition de leur culture et le manque de perspectives sont leurs principales préoccupations. Il est grand temps que le monde connaisse le revers de la médaille des projets d’énergie renouvelable à grande échelle, comme par exemple la construction du barrage de Belo Monte, afin que l’histoire ne se répète pas.

La politique brésilienne : du pur « greenwashing »

Les entreprises et les représentant·e·s politiques signent des tas d’initiatives internationales visant à soi-disant limiter le réchauffement de la planète. L’une d’entre elles consiste à mettre un terme à la déforestation, mais aucune mesure ni plan de mise en œuvre ne sont actuellement prévus.

Une autre consiste à faire pression pour la mise en place de réseaux de distribution d’énergie renouvelable à l’échelle mondiale. Au nom de la protection du climat, de grands projets sont mis en avant sans tenir compte des communautés locales. Le prochain grand barrage est déjà en cours de construction sur le Rio Tapajos.

Dans le pavillon brésilien, le gouvernement n’a aucun scrupule à présenter le succès du développement durable « vert » de l’État du Mato Grosso, alors même que ce dernier a été défriché comme aucun autre État ces dernières années afin d’y promouvoir l’agriculture agro-industrielle.

Action de Carême donne une voix aux peuples autochtones, le Brésil aux lobbyistes de l’agrobusiness

Au sein du réseau Juruena Vivo, les communautés autochtones se mobilisent contre la politique gouvernementale. Action de Carême leur a permis de se rendre à Glasgow pour que leur voix puisse être entendue.

À Glasgow, le Brésil a été représenté par non moins de 479 personnes, soit environ deux fois plus que le nombre de représentant·e·s du pays hôte, la Grande-Bretagne. L’organisation partenaire d’Action de Carême Observatorio do Clima a compté combien des précieuses accréditations ont été accordées aux différents secteurs : 9 à des organisations de lobbying du secteur agricole, 6 au secteur de l’industrie et 25 à celui des affaires.

Accès facilité pour les conjoints, pratiquement aucun accès pour les militant·e·s autochtones

Les épouses des représentants de quatre États et d’une grande ville ont été invitées à se joindre à la délégation brésilienne et ont eu accès à toutes les salles de négociation. Or, c’est précisément dans ces espaces de négociation que les représentant·e·s brésilien·ne·s sont connu·e·s pour avoir l’habitude d’entraver les revendications de transparence, de retarder les négociations par de longs monologues ou d’enrichir les textes d’amendements non majoritaires.

Parallèlement, la jeune militante indigène Txai Suruí, qui a eu la chance d’obtenir une accréditation pour assister à la conférence, a été physiquement harcelée en public par un membre de la délégation brésilienne, qui a ensuite été arrêté par le personnel de sécurité. Ce comportement inapproprié a valu au Brésil la distinction « Fossil of the Day » (fossile du jour), un prix décerné par la société civile pour dénoncer des attitudes inadéquates lors de la conférence.

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« De l’énergie pour quoi et pour qui ? »

Cette question était au cœur de l’événement organisé par Action de Carême et ses organisations partenaires lors de la COP26, la conférence sur le climat qui se tient actuellement à Glasgow. Nous avons toutes et tous besoin d’énergie dans notre vie quotidienne. Il en va de même pour les communautés autochtones des zones rurales du Brésil et de la Colombie, qui s’en servent notamment pour pouvoir stocker le poisson qu’elles pêchent ou pour faire fonctionner les pompes à eau nécessaires à l’irrigation de leurs champs. Le recours aux énergies renouvelables devrait être privilégié afin de limiter le réchauffement climatique. Quatre femmes autochtones témoignent.

Des voix de la Colombie et du Brésil

Juma Xipaya et Alessandra Korap Munduruku, cheffes indigènes respectivement des peuples Xipaya et Munduruku, ont apporté un impressionnant témoignage de l’impact de la construction du barrage de Belo Monte au Brésil sur leurs communautés. Ce projet a entraîné des violences et de la corruption dans la région. Tant les grandes que les petites centrales hydroélectriques peuvent mettre en danger les moyens de subsistance des communautés si elles ne sont pas planifiées de manière durable, car elles perturbent la migration des poissons. Dans le bassin de la Juruena, 160 centrales hydroélectriques de taille petite et moyenne sont prévues.

« Je n’arrive plus à imaginer ma vie sans le barrage de Belo Monte. L’impact n’a pas été seulement environnemental, mais aussi social, culturel et spirituel. Le barrage a changé nos vies et notre histoire. »

Juma Xipaia du peuple Xipaia, Brésil

Ati Gunnawi, de la communauté indigène d’Arhuaca, au nord de la Colombie, a relaté la lutte incessante de sa communauté contre la construction de barrages sur la rivière Don Diego. Elle a également montré les démarches entreprises par les communautés pour trouver des alternatives plus conformes à leurs besoins, comme l’installation de panneaux solaires pour mettre en place une école.

« C’est une bonne occasion de renforcer les réseaux et d’utiliser l’énergie solaire. Les projets sont réalisés en coopération avec les communautés qui le souhaitent. »

Ati Gunnawi Viviam de la communauté Arhuaca, Colombie

Sineia Bezerra do Vale, du peuple Wapichana à Roraima au Brésil a décrit la solution adoptée par sa communauté. Elle a décidé d’utiliser les vents forts de sa région pour produire de l’électricité au moyen d’éoliennes, ce qui lui permet de réduire sa dépendance aux générateurs diesel. L’énergie solaire est également exploitée et de nouveaux panneaux photovoltaïques sont en train d’être installés.

La justice climatique passe par la protection des forêts vierges

La lutte contre le réchauffement climatique est urgente et doit s’accélérer. Les quatre femmes qui ont défendu les préoccupations de leurs communautés à la COP26 ont également apporté des exemples concrets de solutions et de réalisations. Puisque l’engagement en faveur des droits et des besoins des communautés rurales et autochtones contribue directement à la protection des forêts vierges et de la biodiversité, les moyens de subsistance de ces populations doivent impérativement être préservés et améliorés. La justice climatique ne pourra être atteinte que de cette manière.

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Typhon Sendong, Philippine. Un cocotier détruit une maison.Même si les typhons sont monnaie courante aux Philippines, ils sont devenus plus violents et plus fréquents en raison des changements climatiques. Des maisons et des fermes sont détruites et de nombreuses personnes restent sans abri.

Lors des négociations internationales sur le climat qui débuteront lundi prochain à la COP26 de Glasgow, la Suisse doit se montrer ambitieuse et s’engager à investir plus de ressources financières dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. C’est ce que plaide Action de Carême en vue du sommet des Nations Unies sur le climat, lors duquel les pays doivent présenter les mesures qu'ils entendent mettre en œuvre afin de contenir les changements climatiques.

La COP26 abordera la thématique du réchauffement de la planète et des moyens de l’éviter. Or, les voix des populations du Sud, qui sont les plus touchées par la crise climatique alors qu’elles n’y ont pratiquement pas contribué, seront sous-représentées. Action de Carême et ses organisations partenaires revendiquent la justice climatique et se feront les porte-parole des populations du Sud à Glasgow.

Des ressources financières supplémentaires sont nécessaires

Pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, il est crucial de remettre en question un système de prise de décisions à court terme qui découlent d’intérêts économiques unilatéraux. Le problème est mondial et nécessite des solutions globales qui incluent le financement de mesures d’adaptation ou d’atténuation dans les pays du Sud. En tant que pays riche et émetteur de CO2, la Suisse doit davantage financer l’adaptation aux changements climatiques en s’engageant à investir, d’ici 2025, des fonds supplémentaires dans la lutte contre les changements climatiques. Ces fonds devraient toutefois être indépendants du crédit-cadre pour la coopération internationale et viser de manière claire la réduction de la pauvreté.

Plus de transparence dans la lutte contre les changements climatiques

Action de Carême et ses organisations partenaires s’engagent pour une plus grande transparence dans les mesures prises pour lutter contre les changements climatiques. C’est la seule manière de vérifier si les différents pays respectent les engagements pris lors de l’accord de Paris sur le climat.

Action de Carême à Glasgow

Une délégation d’Action de Carême, constituée de deux experts en énergie et climat et de son directeur, Bernd Nilles, se rendra au sommet sur le climat pour faire entendre ces revendications. Les membres de la délégation se tiennent à disposition pour des évaluations ou des commentaires actualisés.

Objectif zéro émission nette d’ici 2040 – ou même d’ici 2022 ?

Action de Carême demande également que la Suisse atteigne l’objectif « zéro émission nette » d’ici à 2040, c’est-à-dire que la réduction des émissions de CO2 soit au moins linéaire et que l’élimination progressive des combustibles fossiles devienne obligatoire. Ce n’est qu’à ces conditions que la limite de 1,5 degré pourra être atteinte. D’un point de vue éthique, la Suisse aura épuisé son budget résiduel de CO2 d’ici mars 2022. Cette thèse sera discutée par plusieurs expert·e·s demain, mardi 26 octobre, à l’hôtel Kreuz à Berne (plus de détails ici).

Informations complémentaires en vue du sommet sur le climat

Prochaines étapes d’Action de Carême et des organisations partenaires :

  • Analyse de la mise en œuvre des objectifs climatiques dans différents pays
  • Formation des représentant·e·s des communautés autochtones aux processus de la conférence sur le climat
  • Débat sur la justice climatique et le budget carbone de la Suisse en octobre 2021

Action de Carême collabore avec des organisations partenaires pour lutter contre les changements climatiques dans le Sud :

Action de Carême propose des possibilités d’action contre les changements climatiques en Suisse :

 

Pour plus d’informations :

  • Tiziana Conti, responsable médias pour la Suisse romande, 076 366 06 40
Napina Odette Toe, coordinatrice de projet chez ORCADE, Ouagadougou, Burkina Faso. © Eva Schmassmann

Un rapport sur la contamination au mercure des orpailleurs au Burkina Faso a été publié en mars 2021 par NADEL, le Centre pour le développement et la coopération de l'école polytechnique fédérale de Zurich, en collaboration avec Action de Carême et son organisation partenaire burkinabé SAGRASY.

Les mineurs artisanaux utilisent le mercure, une neurotoxine dangereuse, pour extraire l’or du minerai. Malgré les diverses tentatives en cours pour réduire et éliminer le mercure dans l’extraction artisanale de l’or, cette méthode reste populaire dans le monde entier, y compris au Burkina Faso. Les travailleurs et travailleuses utilisent le mercure au quotidien, sans l’équipement de protection individuelle nécessaire, ce qui peut potentiellement leur causer de graves problèmes de santé, à eux et à leurs proches.

Depuis fin 2019, grâce à une forte mobilisation de plusieurs partenaires d’Action de Carême – ORCADE, ANDI, UGPAKS et AKOFED –, des dizaines d’orpailleurs artisanaux et des membres de leur entourage ont accepté de faire tester des échantillons de leurs cheveux pour évaluer leur contamination individuelle au mercure. Sur 179 participant·e·s à l’étude, 84,4 % présentaient de faibles concentrations de mercure et étaient classés comme étant exposées à un faible risque. 12,8 % présentait des concentrations moyennes et cinq mineurs (2,8 %) des concentrations élevées. Deux femmes en âge de procréer présentaient respectivement une exposition moyenne et élevée au mercure.

Parallèlement à ces constats, l’étude s’est penchée sur le rôle de la connaissance, de la perception du danger ainsi que de l’accès aux équipements de protection individuelle sur le comportement de protection, dans le but d’encourager les travailleuses et travailleurs à se protéger en suivant les meilleures pratiques. Des campagnes d’information et des formations sur les modalités de contamination au mercure sont révélées nécessaires pour améliorer les conditions de travail dans les mines. Napina Odette Toe, coordinatrice de projet chez ORCADE (Organisation pour le renforcement des capacités de développement), se réjouit de prendre part à cette opération : « Nous renforcerons cette campagne de sensibilisations avec des messages clairs et sans équivoque. »

L’extraction artisanale de l’or a un potentiel significatif pour réduire la pauvreté au Burkina Faso, mais elle a aussi des impacts négatifs importants sur les communautés locales. Les jeunes sont nombreux à être saisis par la fièvre de l’or. Ils abandonnent alors leurs études et tentent de gagner gros en travaillant comme orpailleurs et orpailleuses. Une décision qu’ils paient souvent au prix fort : le travail dans d’étroites galeries et l’utilisation de produits chimiques toxiques prélèvent un tribut élevé et leurs bras font défaut sur les champs.

La non-récupération des émanations de mercure implique également que le métal devient un polluant majeur de l’environnement, et sa présence affecte donc bien au-delà des seul·e·s travailleurs et travailleuses sur les sites miniers. Le mercure utilisé lors de l’extraction de l’or pollue l’eau et le sol, et menace la santé des populations locales.

Le partenaire d’Action de Carême ORCADE sensibilise depuis plusieurs années les orpailleurs et orpailleuses à l’importance de l’agriculture et tente de limiter les effets désastreux de l’orpaillage sur l’environnement. Cela se fait par le biais de forums de théâtre, d’émissions de radio et de « boîtes à images », entre autres. Concernant les émissions radio, Napina Odette Toe soutient qu’il s’agit d’un canal privilégié et efficace : « Il s’agit d’émissions interactives. Comme nous recevons beaucoup d’appels de jeunes orpailleurs, des orpailleurs plus âgés appellent aussi pour donner des conseils aux plus jeunes. »

Renseignements :

  • Diane Crittin, responsable des programmes Burkina Faso et RDC chez Action de Carême
La pétition a été remise à Berne le 27 avril par Yvan Maillard (HEKS) à deux représentant·e·s de la Banque nationale. Photo : Action de Carême/Patrik Kummer

Lausanne, le 30 avril 2021 – La Banque nationale suisse (BNS) n'assume toujours pas ses responsabilités en matière de politique climatique. Lors de l'assemblée générale en ligne d'aujourd'hui, en réponse aux questions des organisations de développement HEKS et Action de Carême, elle a simplement déclaré qu'elle participait à « l'échange international d'expériences » dans le cadre d'un réseau de banques centrales, mais sans citer de mesures concrètes pour réduire son impact sur le climat.

Mercredi 28 avril, les deux organisations d’entraide ont remis à la banque une pétition signée par 14 000 personnes demandant à la BNS de renoncer aux investissements dans les énergies fossiles (voir le communiqué de presse de ce matin).

La BNS a déclaré qu’elle n’est pas soumise à l’Accord de Paris et que la loi suisse sur le CO2 ne contient aucune réglementation concernant ses investissements. Elle a également souligné qu’elle vise une diversification la plus large possible de ses investissements. Bien que, depuis un certain temps, la BNS affirme travailler intensivement sur la question des changements climatiques, elle n’a fait jusqu’à présent qu’un petit pas en excluant de son portefeuille les entreprises qui exploitent principalement des mines de charbon. Il ne s’agit que de cinq entreprises parmi les 150 actives dans ce secteur et elles ne représentent que 0,1 % des investissements de la BNS dans les énergies fossiles.

La BNS est donc à la traîne par rapport à d’autres banques centrales comme la Banque de France et la Banque de Suède qui, pour des raisons climatiques et de risque financier, se retirent du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Une étude publiée par l’ONG Positive Money confirme le retard de la BNS en matière de protection du climat. La Suisse se classe loin derrière les banques centrales de ses pays voisins.

Renseignements :

La pétition a été remise à Berne le 27 avril par Yvan Maillard (HEKS) à deux représentant·e·s de la Banque nationale. Photo : Action de Carême/Patrik Kummer

Lausanne, le 30 avril 2021 – La Banque nationale suisse (BNS) devrait se retirer des investissements dans les énergies fossiles qui alimentent le réchauffement climatique. C'est ce que demandent les organisations de développement HEKS et Action de Carême dans une pétition signée par 14 000 personnes. La pétition a été remise à la BNS mercredi sur la Place fédérale à Berne. La responsabilité climatique de la BNS sera également un sujet abordé lors de l'assemblée générale de la banque qui se tiendra aujourd'hui.

En tant que l’un des plus grands investisseurs au monde, la Banque nationale suisse joue un rôle non négligeable dans la crise climatique : fin 2019, elle détenait près de six milliards de dollars d’actions dans des entreprises d’énergies fossiles, finançant ainsi des émissions de 43 millions de tonnes d’équivalents CO2 par an. Ces émissions sont presque égales aux émissions nationales de la Suisse. Selon un rapport des Artisans de la transition, la stratégie d’investissement de la BNS favorise un réchauffement climatique de quatre à six degrés d’ici 2100. Cela rendrait la terre largement inhabitable d’ici la fin du siècle.

Dans une pétition signée par 13 929 personnes, les organisations de développement Action de Carême et HEKS demandent donc à la BNS de désinvestir immédiatement des énergies fossiles. La pétition a été remise mercredi à un représentant de la BNS sur la Place fédérale à Berne. Les organisations d’entraide soulèveront également la question de la responsabilité climatique de la BNS lors de l’assemblée générale en ligne d’aujourd’hui et questionneront la banque sur sa stratégie d’investissement.

La BNS est à la traîne

La stratégie de placement de la BNS est en contradiction avec ses propres directives de placement. Celles-ci stipulent que la banque doit s’abstenir d’investir dans des projets qui « violent massivement les droits humains fondamentaux ou causent systématiquement de graves dommages à l’environnement ». Dans le cadre de la Campagne œcuménique de cette année « Justice climatique, maintenant ! », HEKS et Action de Carême ont rapporté que ce sont surtout les populations des pays du Sud qui souffrent le plus des conséquences du réchauffement climatique, telles que l’augmentation du nombre d’ouragans ou l’allongement des périodes de sécheresse. Ceci constitue une violation de des droits fondamentaux de personnes qui n’ont que peu contribué à la crise climatique.

Co-sponsorisée par l’organisation Campax, la pétition demande à la BNS de servir de modèle et de contribuer à une plus grande justice climatique mondiale en abandonnant progressivement ses participations dans les entreprises actives dans les énergies fossiles. La marge de manœuvre d’un des plus grands investisseurs au monde est encore très large. Annoncée en décembre 2020, la décision d’exclure de son portefeuille les entreprises qui exploitent principalement des mines de charbon ne représente qu’un petit pas pour la banque, si l’on tient compte que 99,9% des investissements dans les énergies fossiles ne sont pas concernés.

D’autres banques centrales vont plus loin et se retirent des combustibles fossiles pour des raisons climatiques et pour réduire les risques de pertes financières. Afin de se conformer à l’accord de Paris sur le climat, la Banque de France, par exemple, prévoit d’éliminer complètement le charbon et d’exclure les entreprises pétrolières et gazières de son portefeuille d’ici 2024. Une étude publiée fin mars par l’ONG Positive Money confirme le retard de la BNS en matière de protection du climat : elle se classe derrière les banques centrales de ses pays voisins, mais aussi derrière les institutions correspondantes de l’UE, du Royaume-Uni, du Brésil et de la Chine.

Plus d’informations :

Renseignements :

Lausanne, le 27 avril 2021 – La loi sur le CO2 est la mise en œuvre des engagements internationaux de la Suisse en matière de climat. Dans l'intérêt des populations des pays du Sud, qui souffrent déjà cruellement des conséquences des changements climatiques, Action de Carême se prononce en faveur du « oui » lors de la votation du 13 juin. En collaboration avec Justice et Paix et œco Églises pour l’environnement, Action de Carême publie aujourd'hui une prise de position détaillée sur la loi sur le CO2.

La révision de la loi sur le CO2 pose les jalons d’une politique climatique plus efficace dès 2022. Action de Carême, Justice et Paix et œco Églises pour l’environnement la soutiennent pour les raisons suivantes :

  • La loi sur le CO2 applique systématiquement le principe de causalité et répartit équitablement le poids des mesures, puisqu’elle restitue à la population une grande partie de la taxe d’incitation sur le CO2. Les instruments qu’elle introduit constituent une étape importante de la lutte contre le réchauffement planétaire et de l’engagement pour la justice climatique. C’est pour cette raison que les organisations actives dans la coopération au développement la soutiennent énergiquement.
  • La loi sur le CO2 adopte des mesures dans le domaine de l’aviation, particulièrement dommageable pour le climat, en introduisant une taxe sur les billets d’avion. La moitié de cette taxe sera restituée à la population sous la forme d’une bonification écologique, de sorte que la majorité de la population, qui ne prend pas ou peu l’avion, en tirera aussi parti.
  • La loi sur le CO2 oblige la Suisse à rendre ses flux financiers compatibles avec les objectifs de la politique climatique.

En disant « oui » à la loi sur le CO2, la Suisse peut s’engager sur la voie de la neutralité carbone et contribuer à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré. Si le « non » devait l’emporter, il faudrait attendre des années pour que la Suisse se dote de mesures et d’objectifs contraignants, ce qui représenterait un grave échec pour la politique climatique suisse, à laquelle les Chambres fédérales ont consacré plus de trois ans de travaux.

Justice climatique, maintenant !

Lors de la prochaine conférence mondiale sur le climat (COP 26), qui débutera à Glasgow le 1er novembre 2021, les États parties, dont la Suisse, discuteront de l’actualisation de leurs objectifs climatiques et de leurs nouveaux engagements pour faire face à l’urgence. Il est important que notre pays présente des objectifs plus ambitieux que ceux basés sur l’actuelle loi sur le CO2 afin que la dynamique de mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat soit maintenue et renforcée.

Action de Carême s’engage en faveur de la loi sur le CO2 et des objectifs climatiques internationaux, car la catastrophe climatique touche particulièrement les personnes les plus démunies. Dans les projets des œuvres d’entraide actives dans les pays du Sud, des dizaines de milliers de personnes souffrent déjà de l’augmentation dramatique des phénomènes climatiques extrêmes : cyclones, inondation des côtes et de longues périodes de sécheresse. Leur situation alimentaire, déjà précaire, se détériore de plus en plus.

La prise de position sur la loi sur le CO2 peut être consultée ici

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter :

  • Wolfgang Bürgstein, économiste et théologien, secrétaire général de Justice et Paix et coauteur de la prise de position, 078 824 44 18
  • Kurt Zaugg-Ott, docteur en théologie, responsable d’œco Églises pour l’environnement, 076 531 26 00
  • Matthias Dörnenburg, responsable du département Communication chez Action de Carême, 041 227 59 21

À propos d’Action de Carême

Prochaines étapes d’Action de Carême et des organisations partenaires :

  • Analyse de la mise en œuvre des objectifs climatiques dans différents pays
  • Formation des représentant·e·s des communautés autochtones aux processus de la conférence sur le climat
  • Débat sur la justice climatique et le budget carbone de la Suisse en octobre 2021

Action de Carême collabore avec des organisations partenaires pour lutter contre les changements climatiques dans le Sud :

Action de Carême propose des possibilités d’action contre les changements climatiques en Suisse :

Pour de plus amples informations sur la justice climatique, vous pouvez contacter :

  • David Knecht, économiste et responsable du programme Énergie et justice climatique chez Action de Carême, 041 227 59 89
  • Matthias Dörnenburg, responsable du département Communication et de la Campagne œcuménique 2021 « Justice climatique, maintenant ! » chez Action de Carême, 041 227 59 21
Marieta Llanera, PhilippinesMarieta Llanera, Philippines

Lausanne, le 5 avril 2021 – La Campagne œcuménique « Justice climatique, maintenant ! » de HEKS et Action de Carême a suscité de nombreuses réactions pendant les semaines du carême. Les organisations de développement saluent ces échanges riches et constructifs qui font vivre la campagne et permettent de réaffirmer la pertinence d'un travail de sensibilisation mené depuis plus de 50 ans.

Quatrième campagne sur le climat des organisations de développement protestante et catholique – la première ayant eu lieu en 1989 –, celle qui se termine en ce lundi de Pâques aura fait l’objet de plusieurs débats allant du message transmis par l’affiche de la campagne à l’engagement des ONG chrétiennes – et, par extension, des Églises qu’elles sensibilisent – pour la justice climatique. 

L’affiche de la campagne a invité à réfléchir à l’empreinte écologique de notre consommation en général en prenant l’exemple de la consommation excessive de viande. En effet, le déboisement des forêts tropicales que sa production entraîne ainsi que la forte demande en eau et en énergie qu’elle requiert ont un impact incontestable sur le dérèglement climatique. Loin de vouloir culpabiliser les productrices et producteurs ou les consommatrices et consommateurs de viande, la campagne a eu comme objectif principal d’encourager une consommation plus consciente. 

La crise climatique est un défi mondial majeur et est intrinsèquement liée aux questions de justice sociale et de sécurité alimentaire. Elle impacte directement les droits humains et compromet le droit au développement des pays du Sud et le sort des générations futures. « Il est indispensable que les partis politiques, de droite comme de gauche, s’y intéressent. Cependant, cela fait aussi partie du mandat des organisations de développement Action de Carême et HEKS de s’engager, au Nord comme au Sud, en faveur de la justice climatique, de sensibiliser la population et les politiques sur la gravité du dérèglement climatique et de promouvoir une politique climatique responsable. Nous menons ce travail depuis plus de 50 ans. », affirme Yvan Maillard, responsable du programme Justice climatique chez HEKS.

Des soupes en plein air et des rencontres virtuelles. Retour sur les actions de la campagne en temps de Covid-19 

Cette année, la journée d’action a heureusement pu être maintenue et les paroisses s’y sont engagées activement. Des centaines d’entre elles ont vendu roses et chocolat équitables et mis en œuvre le thème de la campagne avec beaucoup de créativité, souvent en plein air pour s’adapter au mieux à la situation sanitaire. Les traditionnelles soupes de carême ont été adaptées et proposées sous forme de plats à l’emporter ou livrées à domicile. Après une légère baisse en 2020, plus de 400 boulangeries en Suisse se sont à nouveau mobilisées pour soutenir l’action Pain du partage. Du côté du jeûne, une quarantaine de groupes de jeûneurs et jeûneuses en Suisse romande se sont réunis virtuellement pour partager cette expérience qui a vu naître une nouvelle collaboration avec le projet Détox’ la Terre.

Les mesures liées à la pandémie n’ont pas freiné le travail de sensibilisation, qui a été adapté afin de pouvoir proposer différents rendez-vous sous forme de tables rondes ou d’ateliers en ligne. Le thème de la justice climatique a été abordé sous des angles multiples : les investissements des banques suisses dans les énergies fossiles, les mobilisations de la société civile, la co-création de récits de futurs désirables, les Conversations carbone ainsi que la ludique Fresque du climat. 

Même si Marieta Llanera, hôte de la campagne, n’a pu se rendre en Suisse, elle a toutefois pu rencontrer une centaine de personnes en ligne. Elle a témoigné des conséquences des changements climatiques aux Philippines et a sensibilisé le public à la gravité de la situation. Elle a également évoqué son travail avec les populations côtières de son pays, qui sont les plus affectées par le dérèglement du climat, et a souligné leur extraordinaire capacité de résilience.

 

Pour plus d’informations :

Contact :

Tiziana Conti, responsable médias, Action de Carême, 021 617 88 82