Alors que le monde se remet du sommet des Nations Unies sur le climat à Sharm El-Sheikh, au Kenya, Loisa Maimpu passe sa journée à chercher de l’eau et de la nourriture pour sa famille et ses animaux. Depuis plus de deux ans, le Kenya subit une sécheresse d’une intensité inédite.

Une analyse de Leon Jander, responsable du programme Kenya

Loisa Maimpu, du peuple Massaï, vit dans le comté de Kajiado, une région aride du Kenya à la frontière avec la Tanzanie. Les Massaïs étant des éleveuses et éleveurs de bétail, les grands troupeaux font la fierté de chaque famille et constituent leur moyen de subsistance. La sécheresse croissante due aux changements climatiques rend difficile l’entretien de ces grands troupeaux et les Massaïs doivent parcourir des distances toujours plus longues pour trouver des pâturages.

La longue sécheresse affaiblit les animaux, dont beaucoup meurent.
Le raccourcissement de la saison des pluies a des conséquences dramatiques
Les populations des régions arides du Kenya sont déjà habituées aux périodes de chaleur et de sécheresse. Elles parviennent généralement à se rétablir lors de la saison des pluies suivante. Toutefois, les changements climatiques prolongent tellement la durée et l’intensité des sécheresses que tant les hommes et les femmes que les animaux n’arrivent plus à s’y adapter assez vite. En cette période, la pluie tombe habituellement dans de nombreuses régions du Kenya. C’est en partie le cas, mais pour la cinquième fois consécutive, la saison des pluies est moins intense que la moyenne. Les météorologues parlent d’une diminution des précipitations de 60 %. Les prévisions pour la saison des pluies du printemps 2023 sont tout aussi mauvaises. La sécheresse prolongée affecte la santé des personnes et des animaux ainsi que le développement des enfants, de même qu’elle entraîne une augmentation des décès. En outre, les conflits entre les personnes et avec les animaux se multiplient. Tout le monde est à la recherche d’eau et de nourriture.
L'agriculture offre des sources de revenus et de nourriture supplémentaires.
Amélioration de l’approvisionnement alimentaire
Afin de s’en sortir, les gens se tournent souvent vers l’agriculture comme source de revenus et de nourriture supplémentaires. L’organisation partenaire Olkejuado Pastoralists Development Organization (Dupoto-e-Maa), avec laquelle Action de Carême collabore avec succès depuis 2009, les accompagne dans cette démarche. Lors d’une évaluation externe du projet en 2021, des effets encourageants ont été constatés : 18 % des personnes faisant partie du groupe cible ont indiqué la vente de légumes comme principale source de revenus, alors qu’il n’en était pas encore question au début du projet. L’agriculture a également permis de diversifier l’alimentation et les familles ont désormais plus de légumes sur leur table.
Alors que le monde se remet du sommet des Nations unies sur le climat à Sharm El-Sheikh, au Kenya, Loisa Maimpu passe sa journée à chercher de l'eau et de la nourriture pour sa famille et ses animaux. Depuis plus de deux ans, le Kenya subit une sécheresse d'une intensité inédite.
Action de Carême soutient l’aide d’urgence 
Il faudra des années pour que les décisions prises lors de la COP27 soient mises en œuvre. D’année en année, il sera de plus en plus difficile d’atteindre l’objectif de 1,5 degré. De temps, Loisa Maimpu n’en a plus. Dans la région du projet, Action de Carême fournit une aide d’urgence afin d’atténuer la détresse la plus grave. Ce type d’aide est important pour que les progrès réalisés dans les projets de développement à long terme des organisations partenaires ne soient pas perdus.  

En 2020, l’émission Mitenand de la SRF a fait un reportage sur Dupoto-e-Maa, une organisation partenaire d’Action de Carême au Kenya. Vous trouverez le reportage ici (en allemand).

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David Knecht, responsable Énergie et justice climatique chez Action de Carême, fait le bilan de la COP27. Une conférence qu’il a suivi sur place durant les deux dernières semaines.

Le monde s’est réuni à Sharm-El-Sheikh, en Egypte. Un choix incongru pour accueillir une conférence à laquelle ont pris part plus de 30 000 participant·e·s. Avec cette foule immense, le site de la conférence prenait des airs de bazar, si ce n’est que la négociation portait sur le plus important de tous les thèmes actuels : la limitation du réchauffement de la planète.

Sharm-El-Sheik, incarnation du tourisme de masse, est connue pour ses magnifiques récifs coralliens, aujourd’hui gravement menacés par les changements climatiques : les expert·e·s estiment que 99 % de ces récifs seront détruits si le réchauffement climatique atteint 2 degrés Celsius.[1]

Le réchauffement climatique ne ralentit pas – les plus pauvres en souffrent

Président·e·s et premier et premières ministres de toutes les nations se sont bousculé·e·s à la tribune. Dans chaque discours, l’urgence de limiter le réchauffement climatique a été soulignée. Des propos écoutés avec attention par plus de 600 lobbyistes venu·e·s défendre les énergies fossiles. Leur mission : veiller à ce que le texte final ne demande pas l’abandon des énergies fossiles. [2]  À leur avis, la crise énergétique que le monde traverse actuellement ne permet pas cette option, car il faudrait plus de temps et une meilleure planification. En un mot, le fossile est intouchable. Pourtant, le réchauffement climatique ne ralentit pas et rien n’arrête sa progression. Celles et ceux qui en souffrent le plus sont les personnes les plus démunies de notre planète, celles qui n’ont pas les moyens de faire face aux conséquences dramatiques du réchauffement.

Fonds pour la justice climatique
Lorsque s’adapter n’est plus possible et que les dommages sont irréparables, il faut alors prévoir des paiements compensatoires et créer un fonds spécifique pour ces paiements. Les pertes et les dommages dus aux changements climatiques doivent être compensés, c’est une obligation morale pour les responsables historiques de ces changements. De nombreux pays du Sud, des États insulaires et des milliers d’organes de la société civile, dont Action de Carême, se sont engagés en faveur d’un tel fonds. Ces dernières années, ce projet a été bloqué par le Nord. Mais après un long bras de fer, les États ont finalement réussi à se mettre d’accord sur la création de ce fonds de compensation. Un grand succès et un pas important vers la justice climatique !

Faire preuve de solidarité
Mais les paiements compensatoires ne sont qu’une partie de l’équation. Il est aussi essentiel  de bloquer le réchauffement climatique en le limitant, si possible, à 1,5 °C. Pour cela, nous devons réduire à l’échelle mondiale et de manière drastique les émissions de gaz à effet de serre. En octobre, L’ONU a fait savoir que les plans climatiques actuellement engagés dans le monde conduisent à un réchauffement de plus de 2,4 °C. Il faut faire mieux et mettre en place des programmes de réduction des émissions plus rapides et plus ambitieux. Lors de la COP27, les pays ont convenu et adopté un programme de travail pour la réduction des émissions – un nouveau pas dans la bonne direction. Ces mesures doivent être accompagnées d’une enveloppe financière suffisante pour que les pays les plus pauvres puissent également mettre en œuvre les programmes climatiques nécessaires. La solidarité et la reconnaissance de la responsabilité historique des pays du Nord sont essentielles à cet égard.

La Suisse doit prendre ses responsabilités
Mais les belles promesses ne sont pas toujours tenues. En 2009, les pays industrialisés ont promis 100 milliards de dollars par an, mais jusqu’ici seuls 83 ont été versés.[4] Selon le GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, c’est bien trop peu, car à leurs yeux il ne faut pas 100 milliards de dollars mais 1 million de milliards de dollars ![5] Par ailleurs, la conférence sur le climat n’a pas apporté de réponses satisfaisantes à propos du manque de financement. Ce qui est particulièrement frustrant en cette année où les groupes pétroliers et énergétiques BP, ExxonMobil, Chevron, Shell et TotalEnergies ont enregistré ensemble 55 milliards de bénéfices au cours du seul deuxième trimestre. Ce déséquilibre doit impérativement être résolu. La Suisse, première place mondiale du négoce de matières premières, porte une responsabilité particulière à cet égard.

Action de carême s’engage pour la sécurité alimentaire
Si la communauté internationale ne réunit pas le financement promis, alors les objectifs climatiques de Paris ne seront pas atteints, ce qui aura des conséquences catastrophiques, en particulier pour les personnes les plus démunies. L’augmentation en intensité et en fréquence des sécheresses et des inondations a en effet un impact direct sur la sécurité alimentaire de millions de personnes. C’est pourquoi Action de Carême s’est engagée avec la CIDSE à ancrer l’agroécologie comme une réponse aux problèmes agricoles. Cette revendication a eu du mal à passer lors de la COP27 et sa mention a été supprimée, sous pression de l’agriculture industrielle.

En résumé, on peut dire que des pas importants ont été faits dans la bonne direction lors de cette COP27, notamment avec le fonds de compensation et le programme d’atténuation de la crise climatique (mitigation). Mais le fait que les États n’aient pas pu se mettre d’accord sur une sortie des énergies fossiles montre bien la très forte influence de ce lobby. Le fait qu’aucun plan concret n’ait été adopté pour combler le déficit de financement confirme aussi que le changement de mentalité nécessaire n’a pas encore eu lieu. Résultat, l’objectif global de 1,5 °C ne sera pas atteint et la fenêtre pour y parvenir se rétrécit à un rythme effréné.

Les organisations partenaires d’Action de carême présentent des solutions
À Sharm El Sheikh, Action de Carême s’est engagée activement avec des organisations partenaires de Colombie et du Brésil pour une mise en œuvre rapide et socialement équitable des objectifs climatiques de Paris. De plus, les droits humains et les droits des peuples autochtones ont été introduits dans les négociations, tout comme le principe de transparence. Lors d’un événement officiel de la COP27, nous avons montré avec nos partenaires que dans de nombreux pays la transparence n’est pas toujours au rendez-vous. En termes d’énergie, les solutions décentralisées et communautaires apportent une contribution importante à la lutte contre les changements climatiques. Et en même temps, elles renforcent la sécurité alimentaire des populations. Avec nos partenaires, Action de Carême s’engagera également l’année prochaine pour une mise en œuvre rapide et socialement équitable des Accords de Paris, afin de lutter contre la faim dans le monde.

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« Tous peuvent le voir, mais tous détournent le regard » chante Reinhard Mey dans la chanson Narrenschiff (la Nef des fous), l’histoire d’un bateau qui fait cap sur un récif, à pleine vitesse. Une image qui décrit bien notre comportement individuel face à la crise climatique. Et dans le même temps nombreux sont celles et ceux qui espèrent que des décisions fortes et ambitieuses soient prises lors de la 27e Conférence sur le climat (COP 27) qui débute demain en Égypte.

Analyse de Stefan Salzmann, responsable Climat et politique énergétique chez Action de Carême.

Vagues de chaleur, sécheresses, pénuries d’eau, ce qui fait partie du quotidien des pays partenaires d’Action de Carême depuis des années s’applique aujourd’hui à la Suisse et à l’Europe. Ce que nous avons vécu durant l’été 2022 est un avant-goût amer de ce que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat nous prédit : une multiplication généralisée des phénomènes météorologiques extrêmes en raison du réchauffement climatique, y compris en Suisse.

Cap sur le récif
Et pourtant nous avons du mal à adapter nos pratiques individuelles. Les citernes sont remplies de mazout frais pour l’hiver. Une voisine me dit en passant à quel point elle se réjouit d’un voyage de trois jours à Ibiza. De nombreux concitoyens et concitoyennes qui se plaignaient de la chaleur en été s’énervent contre les prix élevés de l’énergie et achètent de la viande bon marché. Comme s’il n’y avait pas de lien entre tout ça ! Notre bateau se dirige droit sur le récif. Nous le savons et continuons comme si de rien n’était. Et, au final, la facture est supportée par une foule de gens du monde entier qui vivent dans la pauvreté.

Et la politique ?
En Suisse, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites à zéro d’ici 2050 – bien trop tard pour les habitant·e·s de nombreuses régions du monde qui en subissent déjà les conséquences sans y avoir contribué. Une partie du monde politique suisse ne prend pas l’urgence au sérieux. Un référendum a été lancé contre le contre-projet indirect à l’initiative pour les glaciers. Pourtant, la nouvelle loi sur le climat n’est qu’un premier pas dans la bonne direction. C’est précisément pour cette raison que le oui à l’initiative pour les glaciers est un strict minimum si nous voulons contribuer à une justice climatique globale. Prendre encore du retard n’est pas envisageable.

Sharm el Sheikh
La 27e conférence sur le climat débute le 6 novembre en Égypte. De nombreux points importants seront sur la table de négociation, dont le principal sera la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat de 2015. Celui-ci veut limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés Celsius voire, si possible, à 1,5 degré. Or, selon le Climate Action Tracker, nous nous dirigeons vers un réchauffement global de plus 2,7 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle. Concrètement, un programme de travail doit être adopté en Égypte afin d’intensifier d’urgence l’ambition et la mise en œuvre des réductions des émissions (Mitigation Work Programme). Outre la réduction, il s’agit également de s’adapter au réchauffement climatique. C’est pourquoi il est urgent de trouver un accord pour augmenter les contributions au financement de la lutte contre les changements climatiques afin d’indemniser les dommages irréversibles y résultant. De nombreux pays riches bloquent les négociations sur les pertes et dommages (Loss and Damage).

Pour ne citer qu’un dramatique exemple, les inondations au Pakistan, qui ont commencé en juin 2022 et se sont intensifiées en août 2022, ont fait plus de 1 000 morts, affecté 33 millions d’habitant·e·s et détruit 250 000 habitations et 1,8 million d’hectares de terres agricoles. Des millions de personnes sont désormais démunies, privées de perspectives et dépendantes du soutien des pays riches. La lutte pour la protection du climat au niveau mondial et la poursuite de la justice climatique sont indissociables de la notion de solidarité.

Action de Carême s’engage pour une politique climatique ambitieuse en Suisse. L’initiative pour les glaciers est un pas important dans cette direction. Choisissez maintenant quel visage célèbre deviendra notre ambassadeur climatique.

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Bernd Nilles, directeur d'Action de Carême
Après 25 ans, Action de Carême a décidé de renouveler ses lignes directrices. Bernd Nilles, le directeur de l’organisation, a donné une entrevue à kath.ch, le portail catholique de l’actualité religieuse en Suisse, et s’est notamment exprimé sur les nouvelles lignes directrices.

Qu’entend-on au juste par lignes directrices ?

Bernd Nilles : Les lignes directrices sont un peu l’âme d’une organisation, moins formelles que des statuts et plus détaillées qu’une stratégie. Elles définissent sa vision et sa mission en apportant de la cohérence à l’ensemble.

Quelle est l’idée centrale de ces lignes directrices ?

Nous pensons qu’un monde plus juste, un monde sans faim et une vie vécue dans la dignité sont possibles, et qu’il vaut la peine de se battre pour cela !  Pour atteindre cet objectif nous devons prendre soin de la Création, de sa diversité, et avoir à l’esprit les générations à venir. Cette démarche repose sur des valeurs chrétiennes, il s’agit d’agir sur un pied d’égalité avec nos organisations partenaires, avec toutes les personnes des pays du Sud et avec celles et ceux qui nous soutiennent en Suisse.

Quelles sont les nouveautés des lignes directrices ?

Nous avons introduit la notion de droit à l’alimentation pour toutes et tous ainsi que la nécessité d’un mode de vie et d’une économie qui respectent les limites de notre planète.

Ce qui nouveau également c’est que nous nous définissons désormais comme une organisation suisse de coopération internationale.

Mais ne l’avez-vous pas toujours été ?

Oui, mais l’ancien terme d’œuvre d’entraide exprimait moins cette collaboration d’égal à égal avec les organisations partenaires du Sud. Ce n’est que lorsque nous impliquons les personnes en tant qu’acteurs et actrices à part entière qu’un développement durable est possible. Il en résulte une collaboration mutuelle et non une dépendance.

Quels sont les autres points forts de votre vision et mission ?

Nous réaffirmons que nous sommes issus d’un mouvement de jeunesse catholique. Nous accordons de l’importance à l’éthique sociale chrétienne en ce qui concerne la science et les droits humains et nous prônons un engagement sans faille contre toute forme de discrimination. Nous voulons être une organisation qui s’engage pour la justice et qui la vit aussi au quotidien, y compris en ce qui concerne l’égalité des genres.

Comme dans le passé, nous abordons les causes de la pauvreté et les atteintes à l’environnement en prenant des positions courageuses tout en gardant une indépendance politique. Nous continuons à travailler en réseau et poursuivons la collaboration œcuménique dans l’animation du temps de carême auprès des paroisses et du grand public. 

Pandémie, justice climatique et changement d’identité visuelle ont été au menu de l’exercice 2021 d’Action de Carême, qui s’est employée, en collaboration avec ses partenaires locaux, à garantir l’accès à l’alimentation et aux semences. Notre œuvre d’entraide a dû fournir davantage d’aide d’urgence pour pallier les phénomènes météorologiques extrêmes toujours plus nombreux, dus aux changements climatiques. Elle est venue en aide à environ 2,4 millions de personnes.

En 2021, les activités réalisées par Action de Carême dans le cadre de ses 12 programmes pays et de ses trois programmes internationaux ont permis d’améliorer les conditions de vie d’environ 560 000 bénéficiaires direct·e·s et de 2,4 millions de bénéficiaires indirect·e·s. Avec des réseaux paysans, des groupes de solidarité, des institutions ecclésiales et des organisations de la société civile, Action de Carême a réalisé 355 projets axés sur l’accès à une alimentation saine et abondante. À cet effet, notre organisation a promu l’agroécologie et renforcé les capacités des communautés villageoises.

Près de 9 francs sur 10 investis directement sur le terrain
Le volume de dépenses s’est chiffré à 22 536 223 francs, contre 23 132 838 francs pour les recettes dont 86,8 % ont été directement affectées aux activités des projets.

Consommation responsable : notre campagne en Suisse a suscité le débat
Appelant à une consommation responsable de viande et à plus de justice climatique, l’affiche de la Campagne œcuménique 2021 a suscité de vifs débats. Elle montrait clairement les conséquences, pour les habitant·e·s de l’hémisphère sud, des décisions prises dans les pays industrialisés du Nord. C’est dans la même logique que nous avons adressé une pétition à la Banque nationale suisse afin qu’elle cesse ses investissements dans les énergies fossiles et contribue ainsi à atténuer l’impact de la crise climatique qui frappe déjà durement les pays du Sud. En Suisse, les activités d’information et de sensibilisation d’Action de Carême ont touché environ 3 millions de personnes.

Une image remise au goût du jour
À l’occasion de son soixantième anniversaire, Action de Carême a présenté son nouveau logo, en même temps que ses nouvelles désignations en allemand (Fastenaktion) et en italien (Azione Quaresimale), qui s’harmonisent ainsi avec son nom français. Les premières observations faites en 2022 montrent que ces changements ont été bien accueillis.

Perspectives pour 2022
La pandémie de Covid-19, qui dure depuis deux longues années, s’acharne sur la population des pays d’intervention d’Action de Carême, déjà aux prises avec la crise climatique depuis longtemps. La montée de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire qui en est le corollaire fait d’ores et déjà augurer une aggravation de la situation. Les conditions de vie vont encore empirer en raison de la guerre en Ukraine, qui a provoqué une pénurie de céréales et de carburant et une flambée des prix des denrées alimentaires. Face à des crises alimentaires inévitables, Action de Carême et ses partenaires misent sur l’autonomisation des bénéficiaires de leurs projets, une approche qui a fait ses preuves lors de crises précédentes. En conjuguant semences locales et techniques agroécologiques, ces bénéficiaires peuvent en effet produire leurs propres aliments et améliorer leur situation.

Informations complémentaires sur le rapport annuel et le travail d’Action de Carême :

  • Bernd Nilles, directeur d’Action de Carême,  +41 41 227 59 71
  • Tiziana Conti, Médias, information et campaigning, +41 21 617 88 82

Communiqué de presse
Campagne œcuménique 2022

Il est temps de prendre des responsabilités

Cette année encore, la Campagne œcuménique avait pour thème la justice climatique. Les œuvres d’entraide EPER, Action de Carême et Être Partenaires ont adressé des revendications politiques en faveur d’objectifs climatiques ambitieux à Madame la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Elles ont également lancé un appel à la responsabilité de chacun·e. Les messages clés des trois organisations de développement concordent avec ceux du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU (GIEC).

Afin de garantir la justice climatique, la Suisse ne doit plus émettre de CO2 en 2050. Étant donné que cet objectif ne sera vraisemblablement pas atteint, la Campagne œcuménique demande que des mesures soient prises immédiatement. « La justice climatique implique que les principaux pays responsables du réchauffement climatique assument la responsabilité des conséquences et des dommages dus aux changements climatiques dans le monde », explique Stefan Salzmann, le responsable climat et politique énergétique d’Action de Carême. La Suisse doit donc proposer une nouvelle loi CO2, qui fixe pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040 grâce à une réduction linéaire des émissions. Elle doit également sortir des énergies fossiles. En Suisse, une pétition en ce sens a déjà récolté de nombreuses signatures. Cette action est toujours en cours.

La crise climatique est bel et bien là, comme en témoignent les deux nouveaux chapitres du sixième rapport du GIEC. Ce dernier souligne l’urgence de réduire les émissions mondiales de CO2, de sortir des énergies fossiles et de développer les énergies renouvelables. Les émissions mondiales de CO2 ne cessent d’augmenter et le plan global de la politique climatique internationale nous mène droit vers une hausse des températures de l’ordre de 2,7 °C, ce qui aurait des conséquences désastreuses.

Une campagne largement soutenue
« Nous sommes ravi·e·s de l’engagement dont ont fait preuve les paroisses, les classes et les bénévoles », affirme Elke Fassbender, la responsable des campagnes de l’EPER. De nombreuses soupes de carême ont été organisées, plus de 7000 roses ont été vendues et des idées créatives ont permis de sensibiliser à la justice climatique. Une grande réussite a été l’« Escape Game » destiné aux jeunes. Il les sensibilise, par le jeu, à différents aspects de la justice climatique, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, sur lesquels ils peuvent ensuite mener une réflexion plus approfondie. Cela permet de renforcer, dès le plus jeune âge, le sentiment de responsabilité en matière de climat, car tout le monde peut agir pour réduire son empreinte carbone.

L’affiche de la campagne l’a montré on ne peut plus clairement : la baignoire remplie d’eau chaude, à gauche, symbolise notre mode de consommation dans les pays du Nord, la partie de droite ses conséquences : un homme essaye de se sauver d’une inondation. Cette image représente les catastrophes naturelles à travers le monde et la souffrance qui en résulte. « Il ne s’agit pas d’interdire aux gens de prendre des bains, mais de les sensibiliser, de les amener à réfléchir et à changer de comportement », explique Matthias Dörnenburg, le responsable des campagnes d’Action de Carême, à propos de l’affiche.

Ressources complémentaires :

Contact :

Justice climatique

La crise climatique menace les droits humains

Les Nations Unies mettent en garde contre le fait que le prolongement et l’aggravation de la crise climatique ne font qu’augmenter les violations des droits humains. Les habitant·e·s des pays du Sud, qui souffrent déjà de la faim et dont la situation précaire ne cesse de s’aggraver, sont les plus touché·e·s par les conséquences de cette crise alors qu’ils en sont les moins responsables. Par son travail, Action de Carême s’engage pour plus de justice climatique.

Un commentaire de Daniel Hostettler, responsable des programmes internationaux chez Action de Carême

Les droits humains menacés
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH) a clairement indiqué, dans une résolution l’été dernier, que la crise climatique impliquait des violations massives des droits humains pour des millions de personnes. Il énumère une série de droits humains, notamment le droit à l’alimentation, le droit à la santé et le droit à la vie, dont l’application est rendue difficile voire impossible en raison de la crise climatique. Les conséquences en sont, selon l’ONU, un accès réduit à la nourriture et à l’eau potable, aux services de santé et à l’assistance sociale, à l’éducation, à des logements adaptés, aux transports ainsi qu’au travail.

Notre consommation prive des populations entières de leurs droits fondamentaux
Il est important d’établir un lien entre crise climatique et droits humains. Cela nous amène à ne pas rejeter la crise comme une question morale à laquelle nous pouvons répondre en fonction de notre vision du monde. Il apparaît clairement que le mode de production et de consommation des États industrialisés et des classes sociales les plus aisées nie les droits fondamentaux de très nombreuses personnes. Le CDH appelle donc à une réduction rapide et continue des émissions de gaz à effet de serre conformément à l’accord de Paris ainsi qu’à une aide financière appropriée pour l’adaptation aux changements climatiques des pays les plus démunis.

Justice climatique pour toutes et tous

L’impact des mesures prises contre le réchauffement climatique devrait à nouveau être examiné afin d’éviter de nouvelles violations des droits humains, car il est inacceptable que cette lutte se fasse au détriment des populations les plus défavorisées. Selon l’ONU, ces mesures devraient être coordonnées et intégrées au développement social et économique. L’approche d’Action de Carême en matière de politique de développement suit ces prescriptions. Une justice climatique pour tous et toutes n’est possible que si les dimensions sociale et écologique de la crise sont pensées comme un ensemble. Dans ce contexte, la Suisse doit assumer ses obligations en tant que co-responsable du réchauffement climatique mondial, notamment en matière de respect des droits humains.

La crise climatique est aiguë et la Suisse est complice. Signez dès maintenant notre pétition destinée à la Conseillère fédérale Sommaruga !

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La construction d'un nouveau four

Kenya

Optimiser le potentiel d’un four amélioré

Après deux ans d’absence sur le terrain dus à la pandémie de coronavirus, Leon Jander, responsable du programme Kenya, a de nouveau pu se rendre dans le pays. Pendant la crise sanitaire, la communication avec les organisations partenaires et notre coordination nationale s’est surtout déroulée par visioconférence, ce qui a assez bien fonctionné au Kenya. Néanmoins, les anecdotes les plus enthousiasmantes se révèlent souvent lors des rencontres personnelles. En février, Leon a enfin pu voyager à nouveau pour rencontrer les organisations partenaires d’Action de Carême et visiter les projets.

Un rapport de Leon Jander, responsable du programme Kenya chez Action de Carême

Rebecca Wambui est l’une des premières bénéficiaires d’un four amélioré. Subventionnés par un projet de Caritas Kitui et financés par Action de Carême, ces fours n’utilisent que la moitié de la quantité de bois nécessaire pour cuisiner en comparaison avec les foyers traditionnels à trois pierres. Il en résulte une économie de temps (environ trois heures par semaine) et d’argent (environ 1,20 franc par semaine) pour les familles, et notamment pour les femmes et les filles, qui sont traditionnellement chargées d’aller chercher le bois. Lors de notre discussion, Rebecca m’a confié se servir du four au-delà de sa fonction première : le soir, après avoir terminé de cuisiner, elle pose un seau d’eau sur le four. Comme le four retient bien la chaleur, le matin, au réveil, elle se sert de l’eau chaude pour la douche.

La faim va s’aggraver
Outre l’avancement des projets, le collaboratrices et collaborateurs des organisations partenaires ainsi que les groupes cibles s’inquiétaient beaucoup des conséquences de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. En raison des difficultés d’approvisionnement dues aux restrictions liées à la pandémie et des sécheresses prolongées dans la Corne de l’Afrique, le prix du maïs avait déjà augmenté de 8 %, et celui du blé de 15 %, entre janvier 2021 et 2022. Au Kenya, environ 80 % du blé est en effet importé. Sous forme de chapati (galettes) ou de ugali (une sorte de purée de maïs), le maïs et le blé, mélangés avec de l’eau, constituent la base calorique de la nourriture kenyane. L’arrêt soudain des exportations de céréales de l’Ukraine et des limitations à l’export en Russie, doublées d’une augmentation du prix des carburants, va limiter l’approvisionnement de ces denrées au Kenya et les rendre encore plus chères, donc moins accessibles. Les habitant·e·s du Kenya craignent une flambée des prix et l’augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim.

Notre directeur Bernd Nilles classe les conséquences de la guerre pour le Sud mondial.

Aider à s’aider soi-même
Les organisations partenaires d’Action de Carême soutiennent l’autosuffisance des familles en les formant à des techniques de culture agroécologiques, diversifiées et résistantes aux changements climatiques. Ces méthodes aident les familles à mieux faire face aux crises sanitaires, politiques ou environnementales.

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En matière de CO2, la Suisse vit aujourd’hui à crédit

Des événements météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, les fortes précipitations ou les records de chaleur se produisent dans tous nos pays partenaires. En 1989 déjà, ces événements climatiques étaient au cœur de la Campagne œcuménique. Les choses ont-elles changé depuis ? Bien trop peu. Or, l’inaction de ces dernières décennies n’est pas sans conséquences : en Suisse, nous vivons dès aujourd’hui au-dessus de nos moyens.

Un commentaire de Stefan Salzmann, responsable Climat et politique énergétique chez Action de Carême

Laissez-moi vous expliquer la situation à l’aide d’un exemple fictif. Imaginez qu’en 1990, vous prenez votre retraite, à 65 ans et disposez de CHF 1,8 millions sur votre compte bancaire. Vous avez tout calculé : si vous vivez encore 30 ans, cela vous fait CHF 60 000 par an, soit environ CHF 5 000 par mois. Avec une telle somme, une personne peut vivre tout à fait convenablement en Suisse.

La Suisse vit à crédit

Le problème, c’est qu’en 1990, avec le mode de vie que vous avez, vous consommez CHF 10 000 par mois. Cet exemple illustre bien la situation : 15 ans à peine après votre départ à la retraite, vous aurez déjà dépensé tout votre argent. D’autres personnes devront alors prendre en charge vos dépenses. Vos enfants, par exemple. C’est exactement ce qui se passe en ce moment avec notre budget CO2. Non seulement nous avons épuisé notre budget et vivons désormais à crédit, mais nous continuons à vivre, comme avant, sur un grand pied. La question du crédit reste sans réponse, elle n’est même pas posée.

Nous revendiquons la justice climatique !

Action de Carême et l’EPER se sont donc posé la question de l’avoir. L’objectif était de déterminer la quantité de CO2 que la Suisse peut encore émettre si elle veut se comporter de manière climatiquement correcte. La conclusion est glaçante : à la mi-mars 2022, la Suisse aura émis la dernière tonne de CO2 d’un point de vue climatique. Autrement dit, à partir d’aujourd’hui, nous vivons à crédit, notre compte est vide, d’autres doivent payer pour nous. Les générations futures, mais aussi les habitant·e·s du Sud de la planète, qui souffrent déjà fortement des conséquences de la crise climatique. Si la Suisse veut continuer à contribuer à la justice climatique mondiale, elle doit agir. Outre des objectifs climatiques forts et zéro émission nette d’ici 2040 au plus tard, d’autres mesures sont indispensables, afin de dédommager le reste du monde pour notre comportement climatiquement injuste.

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Action de Carême se réjouit de continuer à compter parmi les membres d'Alliance Sud, qui démarre l'année 2022 en force avec un nouveau directeur et deux nouvelles organisations membres.

Communiqué de presse

De nouveaux membres viennent renforcer Alliance Sud

Avec de nouveaux membres, un nouveau directeur et une nouvelle présidence, une nouvelle ère s'ouvre dans l'histoire cinquantenaire d'Alliance Sud.

Action de Carême se réjouit de continuer à compter parmi les membre d’Alliance Sud dans le futur. La communauté de travail de grandes organisations suisses d’entraide démarre l’année 2022 avec un nouveau directeur et deux nouvelles organisations membres.

Face aux inégalités croissantes et à une société civile de plus en plus sous pression dans le monde entier, une voix forte en matière de politique de développement en Suisse est plus importante que jamais.

Pour en savoir plus, consultez le communiqué de presse d’Alliance Sud.

Grâce à Action de Carême, les communautés autochtones du Brésil ont pu s’exprimer à la COP26. En Amazonie, elles sont victimes d’expulsions et souffrent des conséquences du déboisement. De son côté, le gouvernement brésilien a fait tout ce qu’il a pu pour saboter le sommet sur le climat.

Un commentaire de Stefan Salzmann et Bernd Nilles depuis la COP26 à Glasgow

En Amazonie, les barrages causent le déplacement des communautés locales. Qu’en est-il de la justice climatique ?

Le public a répondu présent lors de l’événement organisé par Action de Carême à Glasgow dans le cadre du sommet sur le climat : une centaine de personnes l’ont suivi sur place et 200 autres se sont connectées en ligne. Des représentantes des communautés autochtones du bassin amazonien ont témoigné de leur vie quotidienne.

Les déplacements forcés, la perte de leurs maisons, la menace de disparition de leur culture et le manque de perspectives sont leurs principales préoccupations. Il est grand temps que le monde connaisse le revers de la médaille des projets d’énergie renouvelable à grande échelle, comme par exemple la construction du barrage de Belo Monte, afin que l’histoire ne se répète pas.

La politique brésilienne : du pur « greenwashing »

Les entreprises et les représentant·e·s politiques signent des tas d’initiatives internationales visant à soi-disant limiter le réchauffement de la planète. L’une d’entre elles consiste à mettre un terme à la déforestation, mais aucune mesure ni plan de mise en œuvre ne sont actuellement prévus.

Une autre consiste à faire pression pour la mise en place de réseaux de distribution d’énergie renouvelable à l’échelle mondiale. Au nom de la protection du climat, de grands projets sont mis en avant sans tenir compte des communautés locales. Le prochain grand barrage est déjà en cours de construction sur le Rio Tapajos.

Dans le pavillon brésilien, le gouvernement n’a aucun scrupule à présenter le succès du développement durable « vert » de l’État du Mato Grosso, alors même que ce dernier a été défriché comme aucun autre État ces dernières années afin d’y promouvoir l’agriculture agro-industrielle.

Action de Carême donne une voix aux peuples autochtones, le Brésil aux lobbyistes de l’agrobusiness

Au sein du réseau Juruena Vivo, les communautés autochtones se mobilisent contre la politique gouvernementale. Action de Carême leur a permis de se rendre à Glasgow pour que leur voix puisse être entendue.

À Glasgow, le Brésil a été représenté par non moins de 479 personnes, soit environ deux fois plus que le nombre de représentant·e·s du pays hôte, la Grande-Bretagne. L’organisation partenaire d’Action de Carême Observatorio do Clima a compté combien des précieuses accréditations ont été accordées aux différents secteurs : 9 à des organisations de lobbying du secteur agricole, 6 au secteur de l’industrie et 25 à celui des affaires.

Accès facilité pour les conjoints, pratiquement aucun accès pour les militant·e·s autochtones

Les épouses des représentants de quatre États et d’une grande ville ont été invitées à se joindre à la délégation brésilienne et ont eu accès à toutes les salles de négociation. Or, c’est précisément dans ces espaces de négociation que les représentant·e·s brésilien·ne·s sont connu·e·s pour avoir l’habitude d’entraver les revendications de transparence, de retarder les négociations par de longs monologues ou d’enrichir les textes d’amendements non majoritaires.

Parallèlement, la jeune militante indigène Txai Suruí, qui a eu la chance d’obtenir une accréditation pour assister à la conférence, a été physiquement harcelée en public par un membre de la délégation brésilienne, qui a ensuite été arrêté par le personnel de sécurité. Ce comportement inapproprié a valu au Brésil la distinction « Fossil of the Day » (fossile du jour), un prix décerné par la société civile pour dénoncer des attitudes inadéquates lors de la conférence.

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« De l’énergie pour quoi et pour qui ? »

Cette question était au cœur de l’événement organisé par Action de Carême et ses organisations partenaires lors de la COP26, la conférence sur le climat qui se tient actuellement à Glasgow. Nous avons toutes et tous besoin d’énergie dans notre vie quotidienne. Il en va de même pour les communautés autochtones des zones rurales du Brésil et de la Colombie, qui s’en servent notamment pour pouvoir stocker le poisson qu’elles pêchent ou pour faire fonctionner les pompes à eau nécessaires à l’irrigation de leurs champs. Le recours aux énergies renouvelables devrait être privilégié afin de limiter le réchauffement climatique. Quatre femmes autochtones témoignent.

Des voix de la Colombie et du Brésil

Juma Xipaya et Alessandra Korap Munduruku, cheffes indigènes respectivement des peuples Xipaya et Munduruku, ont apporté un impressionnant témoignage de l’impact de la construction du barrage de Belo Monte au Brésil sur leurs communautés. Ce projet a entraîné des violences et de la corruption dans la région. Tant les grandes que les petites centrales hydroélectriques peuvent mettre en danger les moyens de subsistance des communautés si elles ne sont pas planifiées de manière durable, car elles perturbent la migration des poissons. Dans le bassin de la Juruena, 160 centrales hydroélectriques de taille petite et moyenne sont prévues.

« Je n’arrive plus à imaginer ma vie sans le barrage de Belo Monte. L’impact n’a pas été seulement environnemental, mais aussi social, culturel et spirituel. Le barrage a changé nos vies et notre histoire. »

Juma Xipaia du peuple Xipaia, Brésil

Ati Gunnawi, de la communauté indigène d’Arhuaca, au nord de la Colombie, a relaté la lutte incessante de sa communauté contre la construction de barrages sur la rivière Don Diego. Elle a également montré les démarches entreprises par les communautés pour trouver des alternatives plus conformes à leurs besoins, comme l’installation de panneaux solaires pour mettre en place une école.

« C’est une bonne occasion de renforcer les réseaux et d’utiliser l’énergie solaire. Les projets sont réalisés en coopération avec les communautés qui le souhaitent. »

Ati Gunnawi Viviam de la communauté Arhuaca, Colombie

Sineia Bezerra do Vale, du peuple Wapichana à Roraima au Brésil a décrit la solution adoptée par sa communauté. Elle a décidé d’utiliser les vents forts de sa région pour produire de l’électricité au moyen d’éoliennes, ce qui lui permet de réduire sa dépendance aux générateurs diesel. L’énergie solaire est également exploitée et de nouveaux panneaux photovoltaïques sont en train d’être installés.

La justice climatique passe par la protection des forêts vierges

La lutte contre le réchauffement climatique est urgente et doit s’accélérer. Les quatre femmes qui ont défendu les préoccupations de leurs communautés à la COP26 ont également apporté des exemples concrets de solutions et de réalisations. Puisque l’engagement en faveur des droits et des besoins des communautés rurales et autochtones contribue directement à la protection des forêts vierges et de la biodiversité, les moyens de subsistance de ces populations doivent impérativement être préservés et améliorés. La justice climatique ne pourra être atteinte que de cette manière.

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Typhon Sendong, Philippine. Un cocotier détruit une maison.Même si les typhons sont monnaie courante aux Philippines, ils sont devenus plus violents et plus fréquents en raison des changements climatiques. Des maisons et des fermes sont détruites et de nombreuses personnes restent sans abri.

Lors des négociations internationales sur le climat qui débuteront lundi prochain à la COP26 de Glasgow, la Suisse doit se montrer ambitieuse et s’engager à investir plus de ressources financières dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. C’est ce que plaide Action de Carême en vue du sommet des Nations Unies sur le climat, lors duquel les pays doivent présenter les mesures qu'ils entendent mettre en œuvre afin de contenir les changements climatiques.

La COP26 abordera la thématique du réchauffement de la planète et des moyens de l’éviter. Or, les voix des populations du Sud, qui sont les plus touchées par la crise climatique alors qu’elles n’y ont pratiquement pas contribué, seront sous-représentées. Action de Carême et ses organisations partenaires revendiquent la justice climatique et se feront les porte-parole des populations du Sud à Glasgow.

Des ressources financières supplémentaires sont nécessaires

Pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, il est crucial de remettre en question un système de prise de décisions à court terme qui découlent d’intérêts économiques unilatéraux. Le problème est mondial et nécessite des solutions globales qui incluent le financement de mesures d’adaptation ou d’atténuation dans les pays du Sud. En tant que pays riche et émetteur de CO2, la Suisse doit davantage financer l’adaptation aux changements climatiques en s’engageant à investir, d’ici 2025, des fonds supplémentaires dans la lutte contre les changements climatiques. Ces fonds devraient toutefois être indépendants du crédit-cadre pour la coopération internationale et viser de manière claire la réduction de la pauvreté.

Plus de transparence dans la lutte contre les changements climatiques

Action de Carême et ses organisations partenaires s’engagent pour une plus grande transparence dans les mesures prises pour lutter contre les changements climatiques. C’est la seule manière de vérifier si les différents pays respectent les engagements pris lors de l’accord de Paris sur le climat.

Action de Carême à Glasgow

Une délégation d’Action de Carême, constituée de deux experts en énergie et climat et de son directeur, Bernd Nilles, se rendra au sommet sur le climat pour faire entendre ces revendications. Les membres de la délégation se tiennent à disposition pour des évaluations ou des commentaires actualisés.

Objectif zéro émission nette d’ici 2040 – ou même d’ici 2022 ?

Action de Carême demande également que la Suisse atteigne l’objectif « zéro émission nette » d’ici à 2040, c’est-à-dire que la réduction des émissions de CO2 soit au moins linéaire et que l’élimination progressive des combustibles fossiles devienne obligatoire. Ce n’est qu’à ces conditions que la limite de 1,5 degré pourra être atteinte. D’un point de vue éthique, la Suisse aura épuisé son budget résiduel de CO2 d’ici mars 2022. Cette thèse sera discutée par plusieurs expert·e·s demain, mardi 26 octobre, à l’hôtel Kreuz à Berne (plus de détails ici).

Informations complémentaires en vue du sommet sur le climat

Prochaines étapes d’Action de Carême et des organisations partenaires :

  • Analyse de la mise en œuvre des objectifs climatiques dans différents pays
  • Formation des représentant·e·s des communautés autochtones aux processus de la conférence sur le climat
  • Débat sur la justice climatique et le budget carbone de la Suisse en octobre 2021

Action de Carême collabore avec des organisations partenaires pour lutter contre les changements climatiques dans le Sud :

Action de Carême propose des possibilités d’action contre les changements climatiques en Suisse :

 

Pour plus d’informations :

  • Tiziana Conti, responsable médias pour la Suisse romande, 076 366 06 40
Bernd NillesBernd Nilles présente le nouveau logo d'Action de Carême. Photo © Fabian Biasio / Action de Carême

En marche vers la transition, Action de Carême fait peau neuve

Action de Carême a célébré aujourd’hui son 60e anniversaire lors d’une cérémonie suivie d’une table ronde dont le thème était les défis de la coopération au développement, notamment dans le contexte de la crise climatique.

Intitulée « La coopération au développement en transition », la table ronde a été l’occasion de refaire le point sur l’orientation de la coopération au développement en période de crise climatique. Animée par Markus Brun, responsable de la coopération internationale au sein d’Action de Carême, elle a vu la participation de Doris Leuthard, ancienne conseillère fédérale, Ruth Huber, ambassadrice et membre de la direction de la DDC, Mgr Felix Gmür, président du Conseil de fondation d’Action de Carême, et Bernd Nilles, directeur d’Action de Carême et président d’Alliance Sud. Bernd Nilles a souligné que les personnes bénéficiaires des projets d’Action de Carême sont très impactées par les conséquences des changements climatiques. « Les catastrophes naturelles provoquées par le réchauffement climatique constituent une menace omniprésente pour les populations du Sud. Leurs moyens de subsistance sont constamment mis en péril par des sécheresses, des typhons ou des glissements de terrain et leur droit à l’alimentation ne peut plus être garanti ».

Plus de justice, moins de « politique de rafistolage »

En 60 ans, Action de Carême est restée fidèle à ses principes : un appel au renoncement, à la solidarité, à la réflexion et à un mode de vie plus sobre ainsi qu’engagement en faveur d’une plus grande responsabilité de la Suisse en matière de politique de développement et d’une gestion de projets sur un pied d’égalité avec nos partenaires dans les pays du Sud. Comme l’a évoqué Toni Bernet Strahm, ancien responsable Communication et formation et ancien membre du Conseil d’administration d’Action de Carême, dans son discours lors de la célébration : « Les femmes et les hommes qui prennent part à nos projets dans les pays du Sud constituent l’essentiel du travail et de l’impact d’Action de Carême. Grâce à leur savoir, leurs compétences, leur proactivité et leur courage, ces personnes créent des organisations, renforcent la société civile et contribuent à l’autonomisation des populations les plus vulnérables ».

Depuis sa fondation, l’idée à la base d’Action de Carême – s’attaquer aux causes plutôt que pratiquer une « politique de rafistolage », lutter pour la justice et favoriser un mode de vie qui n’hypothèque pas l’avenir – n’a cessé d’être approfondie.

Nouveau nom et nouveau logo

La nouvelle identité visuelle d’Action de Carême a été présentée pour la première fois lors de cette journée anniversaire. À partir du 1er janvier 2022, la dénomination romande Action de Carême deviendra la dénomination nationale, Fastenaktion évoluant en Fastenaktion et Sacrificio Quaresimale en Azione Quaresimale. Le changement de nom sera renforcé par un logo qui évoque l’humanité au milieu d’un cercle brisé symbolisant le pain partagé ou l’injustice du monde.

Vous trouverez plus d’informations sur le changement de nom et l’histoire d’Action de Carême dans le dernier numéro de notre publication trimestrielle Perspectives.

Tiziana Conti, responsable médias pour la Suisse romande
conti@actiondecareme.ch

Quand la nourriture fait défaut, les habitant·e·s du sud de Madagascar ne disposent souvent que des fruits des figuiers de Barbarie.

Dans le sud de Madagascar, la situation s'est détériorée. Les précipitations sont insuffisantes, le prix des denrées alimentaires flambe et les tempêtes de sable s’intensifient. Environ deux tiers de la population a besoin d'une aide d’urgence pour protéger ses moyens de subsistance, pallier à la pénurie alimentaire et préserver des vies.

Les perspectives pour la population sont mauvaises. Plus de 1,3 million de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Lors des deux dernières saisons des pluies, les précipitations ont été insuffisantes et les récoltes entre avril et septembre ont été quasi inexistantes. De plus, les cultures résistantes à la sécheresse ont été anéanties par les tempêtes de sable.

Une crise alimentaire lourde de conséquences

La production de riz, de légumineuses et d’autres aliments de base a perdu entre 60 % et 75 % du rendement que les malgaches espéraient. Le prix des denrées alimentaires, qui avait déjà flambé à cause de la pandémie de Covid-19, ne cesse d’augmenter. Sans aide extérieure, de nombreux ménages sont contraints de vendre leur bétail, leur mobilier, voire leurs ustensiles de cuisine pour pouvoir survivre, ce qui entraînera de graves conséquences à long terme.

Il est urgent d’agir

Dans les districts d’Ampanihy et de Betioky, Taratra, organisation partenaire d’Action de Carême, met en œuvre, l’approche Tsinjo Aina avec des groupes d’épargne et de solidarité. Elle réalise également un projet sur la thématique de l’eau en collaboration avec le Consortium des ONG suisses pour l’eau et l’assainissement, financé par la Direction du développement et de la coopération (DDC). Grâce à un soutien financier et à la distribution de denrées alimentaires (riz, haricots et huile), Taratra aide les familles malgaches à assurer leurs moyens de subsistance. En outre, la distribution de semences permet à la population de produire à nouveau leur propre nourriture. 15 750 personnes de 35 villages bénéficient de ce projet d’urgence.

L’aide de Taratra et Action de Carême dans le média malgache Midi Madagasikara (14.07.2021)

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Rapport annuel 2020 : malgré la crise sanitaire, Action de Carême a pu continuer à garantir à ses bénéficiaires l’accès à la nourriture, aux semences et aux mécanismes d’entraide.

Comme l’a démontré l’année 2020, l’approche d’Action de Carême lui permet de continuer à garantir à la population bénéficiaire l’accès à la nourriture, aux semences et aux mécanismes d’entraide même dans un contexte de pandémie mondiale. Un tour de force rendu possible grâce au formidable élan de solidarité témoigné par la population suisse.

La crise sanitaire a frappé Action de Carême pendant la campagne œcuménique, qui représente la principale période de collecte de l’année. Si notre œuvre d’entraide n’a eu d’autre choix que d’annuler les soupes, les services religieux et autres événements dans tout le pays, l’incroyable générosité témoignée par nos donateurs et donatrices a néanmoins permis de financer tous les projets et programmes.

Parallèlement, la pandémie de coronavirus entrave considérablement les activités de notre organisation. Toute la difficulté consiste ainsi à maintenir le lien avec les organisations partenaires dans les pays bénéficiaires malgré les nombreuses restrictions. Voilà aujourd’hui plus d’un an que les chargé·e·s de projets et les coordinateurs·trices d’Action de Carême ont basculé en mode d’urgence. Toutefois, comme l’a démontré l’année dernière, nos projets, qui sont axés sur l’aide à plus long terme, parviennent à combattre la pauvreté même en ces temps difficiles.

En 2020, les activités réalisées par Action de Carême ont permis d’améliorer directement les conditions de vie d’environ 633 000 bénéficiaires dans le cadre de nos 14 programmes pays et de nos trois programmes internationaux. Un chiffre porté à 2,8 millions de personnes si l’on tient compte du nombre d’habitant·e·s touchés indirectement par ces actions. Par ailleurs, nous avons mené, aux côtés de réseaux paysans, de groupes de solidarité, d’organisations ecclésiales et d’associations de la société civile, 331 projets qui avaient pour objet de réduire le risque d’appauvrissement et d’assurer l’accès à une nourriture saine et abondante à la population. Même durant les confinements et les couvre-feux, il a été possible de garantir à la plupart des groupes cibles l’accès aux semences, à la nourriture ou aux caisses de solidarité. Les mesures visant à atténuer les effets de la pandémie de coronavirus ont quant à elles bénéficié à 352 000 personnes.

En Suisse, les activités de campagne et de sensibilisation réalisées par notre organisation ont touché plus de 3,5 millions de personnes, ce qui représente une hausse considérable. Notre engagement a ainsi bénéficié d’une grande visibilité en 2020, qu’il s’agisse de notre soutien de l’initiative pour des multinationales responsables en vue de protéger les droits humains, de l’essor des conversations carbone ou de notre action de distribution de roses menée dans de nombreux hôpitaux durant le confinement.

Hausse des recettes conjuguée à une baisse des dépenses

Le volume de dépenses s’est chiffré à 20 589 709 francs, contre 21 603 624 francs pour les recettes. Au total, 87 % des recettes ont été directement affectées aux activités des projets. Les programmes internationaux Énergie et justice climatique, Justice alimentaire et Matières premières et droits humains œuvrent à l’échelle nationale et mondiale afin d’amorcer des changements politiques et structurels et viennent renforcer les activités des programmes pays.

Voilà aujourd’hui 60 ans qu’Action de Carême met en œuvre avec succès son approche d’autonomisation. Celle-ci repose, notamment, sur les groupes de solidarité, des mécanismes particulièrement efficaces qui ouvrent des perspectives d’avenir à des dizaines de milliers de femmes et d’hommes sur tous les continents d’intervention d’Action de Carême. Même pendant la pandémie actuelle, aux conséquences mondiales toujours plus graves, l’approche adoptée par notre organisation a une nouvelle fois fait ses preuves : les bénéficiaires de nos projets disposaient de solutions face à la crise et ont pu continuer, malgré les couvre-feux et autres restrictions plus sévères, à cultiver leurs champs, à récolter des fruits et légumes et à vendre leurs produits en dépit de la fermeture des marchés.

Création d’une solide alliance

En 2019, Action de Carême a fondé l’alliance Sufosec (Alliance for Sustainable Food Systems and Empowered Communitites) aux côtés d’autres œuvres d’entraide. La faîtière a ensuite élaboré un programme commun axé sur la souveraineté alimentaire afin d’exploiter les synergies, de partager les savoir-faire et d’accroître son impact. Celui-ci déploie ses activités dans pas moins de 28 pays et bénéficie d’un financement de la Direction du développement et de la coopération (DDC).

Renseignements :

Bernd Nilles, directeur d’Action de Carême

Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir
Action de Carême – Rapport annuel 2020
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L’agriculture paysanne subit de plein fouet les conséquences des changements climatiques. Le commerce équitable la rend plus résiliente tout en contribuant à préserver le climat.

Les changements climatiques bouleversent les conditions météorologiques et dans notre société mondialisée, ce sont ceux qui en sont le moins responsables qui en subissent le plus les conséquences : les populations du Sud pratiquant l’agriculture paysanne souffrent de ces nouvelles conditions sources de sécheresses, d’inondations, de mûrissement précoce ou retardé, de mauvaises récoltes ainsi que de l’apparition de nouveaux parasites, mauvaises herbes et maladies. C’est souvent l’ensemble de l’économie d’un pays qui en souffre, puisque la petite paysannerie en constitue une part essentielle. 

Ces paysan·ne·s n’ayant souvent que très peu de moyens financiers, ils peinent à faire face aux nouvelles conditions météorologiques. Si le monde paysan a toujours su s’adapter à certains changements, les stratégies utilisées jusqu’à maintenant ne font pas le poids face à l’ampleur des bouleversements actuels.

Le commerce équitable, facteur de résilience

Le commerce équitable aide l’agriculture paysanne à s’adapter aux conséquences des changements climatiques, à devenir plus résiliente, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et à réussir la transition vers les énergies renouvelables. L’accent est mis sur des formations, données par des expert·e·s locaux, afin de rendre l’agriculture plus résistante et de garantir la sécurité alimentaire et les revenus. Les normes du commerce équitable comprennent des critères écologiques, qui montrent la voie vers une agriculture à la hauteur des enjeux climatiques, par exemple en ayant recours aux énergies renouvelables, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en gérant de manière durable les déchets et les ressources hydriques.

Notre consommation fait la différence

Si la consommation dans les pays du Nord change la donne pour les paysans·ne·s de la filière équitable, le commerce équitable ne bénéficie toutefois pas qu’aux productrices et producteurs sur place : il nous permet aussi de consommer de manière climatoresponsable, car l’agriculture paysanne est particulièrement respectueuse du climat. En règle générale, ce sont en effet la culture et la transformation d’un produit, et pas son transport, qui génèrent la grande majorité des émissions de CO2.

Pour en savoir plus sur les liens entre le commerce équitable et le climat, cliquez ici.

Affiche de Swiss Fair Trade pour la Journée mondiale du commerce équitable 2021.

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Napina Odette Toe, coordinatrice de projet chez ORCADE, Ouagadougou, Burkina Faso. © Eva Schmassmann

Un rapport sur la contamination au mercure des orpailleurs au Burkina Faso a été publié en mars 2021 par NADEL, le Centre pour le développement et la coopération de l'école polytechnique fédérale de Zurich, en collaboration avec Action de Carême et son organisation partenaire burkinabé SAGRASY.

Les mineurs artisanaux utilisent le mercure, une neurotoxine dangereuse, pour extraire l’or du minerai. Malgré les diverses tentatives en cours pour réduire et éliminer le mercure dans l’extraction artisanale de l’or, cette méthode reste populaire dans le monde entier, y compris au Burkina Faso. Les travailleurs et travailleuses utilisent le mercure au quotidien, sans l’équipement de protection individuelle nécessaire, ce qui peut potentiellement leur causer de graves problèmes de santé, à eux et à leurs proches.

Depuis fin 2019, grâce à une forte mobilisation de plusieurs partenaires d’Action de Carême – ORCADE, ANDI, UGPAKS et AKOFED –, des dizaines d’orpailleurs artisanaux et des membres de leur entourage ont accepté de faire tester des échantillons de leurs cheveux pour évaluer leur contamination individuelle au mercure. Sur 179 participant·e·s à l’étude, 84,4 % présentaient de faibles concentrations de mercure et étaient classés comme étant exposées à un faible risque. 12,8 % présentait des concentrations moyennes et cinq mineurs (2,8 %) des concentrations élevées. Deux femmes en âge de procréer présentaient respectivement une exposition moyenne et élevée au mercure.

Parallèlement à ces constats, l’étude s’est penchée sur le rôle de la connaissance, de la perception du danger ainsi que de l’accès aux équipements de protection individuelle sur le comportement de protection, dans le but d’encourager les travailleuses et travailleurs à se protéger en suivant les meilleures pratiques. Des campagnes d’information et des formations sur les modalités de contamination au mercure sont révélées nécessaires pour améliorer les conditions de travail dans les mines. Napina Odette Toe, coordinatrice de projet chez ORCADE (Organisation pour le renforcement des capacités de développement), se réjouit de prendre part à cette opération : « Nous renforcerons cette campagne de sensibilisations avec des messages clairs et sans équivoque. »

L’extraction artisanale de l’or a un potentiel significatif pour réduire la pauvreté au Burkina Faso, mais elle a aussi des impacts négatifs importants sur les communautés locales. Les jeunes sont nombreux à être saisis par la fièvre de l’or. Ils abandonnent alors leurs études et tentent de gagner gros en travaillant comme orpailleurs et orpailleuses. Une décision qu’ils paient souvent au prix fort : le travail dans d’étroites galeries et l’utilisation de produits chimiques toxiques prélèvent un tribut élevé et leurs bras font défaut sur les champs.

La non-récupération des émanations de mercure implique également que le métal devient un polluant majeur de l’environnement, et sa présence affecte donc bien au-delà des seul·e·s travailleurs et travailleuses sur les sites miniers. Le mercure utilisé lors de l’extraction de l’or pollue l’eau et le sol, et menace la santé des populations locales.

Le partenaire d’Action de Carême ORCADE sensibilise depuis plusieurs années les orpailleurs et orpailleuses à l’importance de l’agriculture et tente de limiter les effets désastreux de l’orpaillage sur l’environnement. Cela se fait par le biais de forums de théâtre, d’émissions de radio et de « boîtes à images », entre autres. Concernant les émissions radio, Napina Odette Toe soutient qu’il s’agit d’un canal privilégié et efficace : « Il s’agit d’émissions interactives. Comme nous recevons beaucoup d’appels de jeunes orpailleurs, des orpailleurs plus âgés appellent aussi pour donner des conseils aux plus jeunes. »

Renseignements :

  • Diane Crittin, responsable des programmes Burkina Faso et RDC chez Action de Carême
La pétition a été remise à Berne le 27 avril par Yvan Maillard (HEKS) à deux représentant·e·s de la Banque nationale. Photo : Action de Carême/Patrik Kummer

Lausanne, le 30 avril 2021 – La Banque nationale suisse (BNS) n'assume toujours pas ses responsabilités en matière de politique climatique. Lors de l'assemblée générale en ligne d'aujourd'hui, en réponse aux questions des organisations de développement HEKS et Action de Carême, elle a simplement déclaré qu'elle participait à « l'échange international d'expériences » dans le cadre d'un réseau de banques centrales, mais sans citer de mesures concrètes pour réduire son impact sur le climat.

Mercredi 28 avril, les deux organisations d’entraide ont remis à la banque une pétition signée par 14 000 personnes demandant à la BNS de renoncer aux investissements dans les énergies fossiles (voir le communiqué de presse de ce matin).

La BNS a déclaré qu’elle n’est pas soumise à l’Accord de Paris et que la loi suisse sur le CO2 ne contient aucune réglementation concernant ses investissements. Elle a également souligné qu’elle vise une diversification la plus large possible de ses investissements. Bien que, depuis un certain temps, la BNS affirme travailler intensivement sur la question des changements climatiques, elle n’a fait jusqu’à présent qu’un petit pas en excluant de son portefeuille les entreprises qui exploitent principalement des mines de charbon. Il ne s’agit que de cinq entreprises parmi les 150 actives dans ce secteur et elles ne représentent que 0,1 % des investissements de la BNS dans les énergies fossiles.

La BNS est donc à la traîne par rapport à d’autres banques centrales comme la Banque de France et la Banque de Suède qui, pour des raisons climatiques et de risque financier, se retirent du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Une étude publiée par l’ONG Positive Money confirme le retard de la BNS en matière de protection du climat. La Suisse se classe loin derrière les banques centrales de ses pays voisins.

Renseignements :

La pétition a été remise à Berne le 27 avril par Yvan Maillard (HEKS) à deux représentant·e·s de la Banque nationale. Photo : Action de Carême/Patrik Kummer

Lausanne, le 30 avril 2021 – La Banque nationale suisse (BNS) devrait se retirer des investissements dans les énergies fossiles qui alimentent le réchauffement climatique. C'est ce que demandent les organisations de développement HEKS et Action de Carême dans une pétition signée par 14 000 personnes. La pétition a été remise à la BNS mercredi sur la Place fédérale à Berne. La responsabilité climatique de la BNS sera également un sujet abordé lors de l'assemblée générale de la banque qui se tiendra aujourd'hui.

En tant que l’un des plus grands investisseurs au monde, la Banque nationale suisse joue un rôle non négligeable dans la crise climatique : fin 2019, elle détenait près de six milliards de dollars d’actions dans des entreprises d’énergies fossiles, finançant ainsi des émissions de 43 millions de tonnes d’équivalents CO2 par an. Ces émissions sont presque égales aux émissions nationales de la Suisse. Selon un rapport des Artisans de la transition, la stratégie d’investissement de la BNS favorise un réchauffement climatique de quatre à six degrés d’ici 2100. Cela rendrait la terre largement inhabitable d’ici la fin du siècle.

Dans une pétition signée par 13 929 personnes, les organisations de développement Action de Carême et HEKS demandent donc à la BNS de désinvestir immédiatement des énergies fossiles. La pétition a été remise mercredi à un représentant de la BNS sur la Place fédérale à Berne. Les organisations d’entraide soulèveront également la question de la responsabilité climatique de la BNS lors de l’assemblée générale en ligne d’aujourd’hui et questionneront la banque sur sa stratégie d’investissement.

La BNS est à la traîne

La stratégie de placement de la BNS est en contradiction avec ses propres directives de placement. Celles-ci stipulent que la banque doit s’abstenir d’investir dans des projets qui « violent massivement les droits humains fondamentaux ou causent systématiquement de graves dommages à l’environnement ». Dans le cadre de la Campagne œcuménique de cette année « Justice climatique, maintenant ! », HEKS et Action de Carême ont rapporté que ce sont surtout les populations des pays du Sud qui souffrent le plus des conséquences du réchauffement climatique, telles que l’augmentation du nombre d’ouragans ou l’allongement des périodes de sécheresse. Ceci constitue une violation de des droits fondamentaux de personnes qui n’ont que peu contribué à la crise climatique.

Co-sponsorisée par l’organisation Campax, la pétition demande à la BNS de servir de modèle et de contribuer à une plus grande justice climatique mondiale en abandonnant progressivement ses participations dans les entreprises actives dans les énergies fossiles. La marge de manœuvre d’un des plus grands investisseurs au monde est encore très large. Annoncée en décembre 2020, la décision d’exclure de son portefeuille les entreprises qui exploitent principalement des mines de charbon ne représente qu’un petit pas pour la banque, si l’on tient compte que 99,9% des investissements dans les énergies fossiles ne sont pas concernés.

D’autres banques centrales vont plus loin et se retirent des combustibles fossiles pour des raisons climatiques et pour réduire les risques de pertes financières. Afin de se conformer à l’accord de Paris sur le climat, la Banque de France, par exemple, prévoit d’éliminer complètement le charbon et d’exclure les entreprises pétrolières et gazières de son portefeuille d’ici 2024. Une étude publiée fin mars par l’ONG Positive Money confirme le retard de la BNS en matière de protection du climat : elle se classe derrière les banques centrales de ses pays voisins, mais aussi derrière les institutions correspondantes de l’UE, du Royaume-Uni, du Brésil et de la Chine.

Plus d’informations :

Renseignements :

Lausanne, le 27 avril 2021 – La loi sur le CO2 est la mise en œuvre des engagements internationaux de la Suisse en matière de climat. Dans l'intérêt des populations des pays du Sud, qui souffrent déjà cruellement des conséquences des changements climatiques, Action de Carême se prononce en faveur du « oui » lors de la votation du 13 juin. En collaboration avec Justice et Paix et œco Églises pour l’environnement, Action de Carême publie aujourd'hui une prise de position détaillée sur la loi sur le CO2.

La révision de la loi sur le CO2 pose les jalons d’une politique climatique plus efficace dès 2022. Action de Carême, Justice et Paix et œco Églises pour l’environnement la soutiennent pour les raisons suivantes :

  • La loi sur le CO2 applique systématiquement le principe de causalité et répartit équitablement le poids des mesures, puisqu’elle restitue à la population une grande partie de la taxe d’incitation sur le CO2. Les instruments qu’elle introduit constituent une étape importante de la lutte contre le réchauffement planétaire et de l’engagement pour la justice climatique. C’est pour cette raison que les organisations actives dans la coopération au développement la soutiennent énergiquement.
  • La loi sur le CO2 adopte des mesures dans le domaine de l’aviation, particulièrement dommageable pour le climat, en introduisant une taxe sur les billets d’avion. La moitié de cette taxe sera restituée à la population sous la forme d’une bonification écologique, de sorte que la majorité de la population, qui ne prend pas ou peu l’avion, en tirera aussi parti.
  • La loi sur le CO2 oblige la Suisse à rendre ses flux financiers compatibles avec les objectifs de la politique climatique.

En disant « oui » à la loi sur le CO2, la Suisse peut s’engager sur la voie de la neutralité carbone et contribuer à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré. Si le « non » devait l’emporter, il faudrait attendre des années pour que la Suisse se dote de mesures et d’objectifs contraignants, ce qui représenterait un grave échec pour la politique climatique suisse, à laquelle les Chambres fédérales ont consacré plus de trois ans de travaux.

Justice climatique, maintenant !

Lors de la prochaine conférence mondiale sur le climat (COP 26), qui débutera à Glasgow le 1er novembre 2021, les États parties, dont la Suisse, discuteront de l’actualisation de leurs objectifs climatiques et de leurs nouveaux engagements pour faire face à l’urgence. Il est important que notre pays présente des objectifs plus ambitieux que ceux basés sur l’actuelle loi sur le CO2 afin que la dynamique de mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat soit maintenue et renforcée.

Action de Carême s’engage en faveur de la loi sur le CO2 et des objectifs climatiques internationaux, car la catastrophe climatique touche particulièrement les personnes les plus démunies. Dans les projets des œuvres d’entraide actives dans les pays du Sud, des dizaines de milliers de personnes souffrent déjà de l’augmentation dramatique des phénomènes climatiques extrêmes : cyclones, inondation des côtes et de longues périodes de sécheresse. Leur situation alimentaire, déjà précaire, se détériore de plus en plus.

La prise de position sur la loi sur le CO2 peut être consultée ici

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter :

  • Wolfgang Bürgstein, économiste et théologien, secrétaire général de Justice et Paix et coauteur de la prise de position, 078 824 44 18
  • Kurt Zaugg-Ott, docteur en théologie, responsable d’œco Églises pour l’environnement, 076 531 26 00
  • Matthias Dörnenburg, responsable du département Communication chez Action de Carême, 041 227 59 21

À propos d’Action de Carême

Prochaines étapes d’Action de Carême et des organisations partenaires :

  • Analyse de la mise en œuvre des objectifs climatiques dans différents pays
  • Formation des représentant·e·s des communautés autochtones aux processus de la conférence sur le climat
  • Débat sur la justice climatique et le budget carbone de la Suisse en octobre 2021

Action de Carême collabore avec des organisations partenaires pour lutter contre les changements climatiques dans le Sud :

Action de Carême propose des possibilités d’action contre les changements climatiques en Suisse :

Pour de plus amples informations sur la justice climatique, vous pouvez contacter :

  • David Knecht, économiste et responsable du programme Énergie et justice climatique chez Action de Carême, 041 227 59 89
  • Matthias Dörnenburg, responsable du département Communication et de la Campagne œcuménique 2021 « Justice climatique, maintenant ! » chez Action de Carême, 041 227 59 21

Dans la nuit du 11 au 12 novembre, le typhon Vamco a frappé le nord des Philippines, laissant dans son sillage des zones sévèrement endommagées, notamment dans le Grand Manille, à Infanta et dans la province voisine d’Aurora. Trois projets d’Action de Carême à Infanta, dont le projet partenaire de Jubla Suisse, ont été durement touchés.

Marcelino, collaborateur de TCD Infanta, montre le niveau de l'eau dans son village. Photo : TCD
Le typhon Vamco, appelé Ulysse aux Philippines, est la cinquième tempête tropicale à traverser le pays en un mois. Il a provoqué les pires inondations que Manille ait connues depuis des années. Trente-neuf personnes sont décédées et plus d’une douzaine de personnes sont toujours portées disparues après les fortes pluies et les vents violents. Sur l’île de Luzon, plus d’un million de personnes ont été privées d’électricité et 400 000 ont dû quitter leur domicile.

« Nous n’avons pas fermé l’œil »

La coordinatrice d’Action de Carême, Bembet Madrid, a témoigné après le typhon : « La situation ici, dans le Grand Manille, est similaire à celle que nous avons connue en 2009 après le passage du typhon Ondoy. Environ 70 % de la zone urbaine est inondée. Le typhon s’est déchaîné entre deux heures et six heures du matin. Nous n’avons pas fermé l’oeil. Il s’est déplacé lentement en générant des rafales de vent allant de 155 à 255 kilomètres à l’heure et de fortes précipitations. Je crains que nos projets n’aient été gravement touchés par les dégâts ».

Les organisations partenaires signalent de lourds dommages

Action de Carême n’a pas encore une idée précise de l’ampleur des dégâts dans les projets TCD, Anti-Apeco et Yapak dans le diocèse d’Infanta. Les premiers rapports des organisations partenaires font état de dommages importants causés aux habitations, aux infrastructures ainsi qu’à l’agriculture. Début novembre, les champs avaient déjà été gravement détériorés par un précédent typhon. La population a un urgent besoin de nourriture, de semences, de plants, de matériaux de construction, d’outils ainsi que de masques de protection.

Nous publierons des mises à jour de la situation dans le cadre de nos projets ainsi que de l’aide que nous pourrons fournir aux personnes touchées par le typhon aux Philippines.

Soutenez les personnes touchées par le typhon Vamco

Un grand merci pour votre don !
Bernd Nilles, directeur d'Action de Carême, sert de la soupe à l'occasion du 50e anniversaire de la Campagne œcuménique.

Dans 14 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, Action de Carême accompagne et encourage des personnes qui prennent leur destin en main. En 2019, nos 14 programmes pays et nos 3 programmes internationaux ont permis à plus de 620 000 bénéficiaires direct·e·s et 2,7 millions de bénéficiaires indirect·e·s d’améliorer leur situation matérielle et mieux défendre leurs droits. Le public suisse a été touché par diverses actions nationales et, à notre plus grande satisfaction, nous avons pu terminer l’année avec des comptes équilibrés.

Action de Carême tire un bilan réjouissant d’un exercice aux comptes équilibrés, ce qui aurait été impossible sans le soutien des fidèles donateurs et donatrices. Aussi souhaite-t-elle leur exprimer ici sa plus sincère reconnaissance ! En dépit des difficultés actuelles, le directeur Bernd Nilles ne se départ pas de son optimisme : « Le bon résultat financier enregistré en 2019 nous permet d’aborder avec confiance une année 2020 hypothéquée par la Covid-19, car nous pouvons garantir l’efficience et l’efficacité de nos projets de développement en dépit de la crise. »

Non seulement l’étroite coopération mise en place dans nos pays d’intervention avec des partenaires locaux a fait ses preuves, mais l’évaluation de notre stratégie arrivée à mi-parcours montre aussi que nos projets atteignent réellement les groupes cibles définis.

En Suisse également, Action de Carême a établi une collaboration fructueuse au sein de plusieurs alliances et notamment de la nouvelle faîtière SuFoSEC (Sustainable Food Systems and Empowered Communities). Fondée l’an passé avec cinq autres organisations, cette alliance se propose de veiller à la sauvegarde des moyens de subsistance, de la sécurité alimentaire et de l’autonomisation des communautés locales dans le cadre de l’Agenda 2030.

C’est aussi dans un esprit de partenariat que nous militons pour l’initiative pour des multinationales responsables, actuellement encore examinée par le Parlement. En l’occurrence, le mouvement « Églises pour multinationales responsables » a mobilisé de vastes secteurs ecclésiaux.

Défendre le climat et rendre hommage à 50 femmes engagées

En 2019, des millions d’élèves se sont joints à la lutte mondiale contre les changements climatiques, faisant de cette question cruciale pour l’avenir de l’humanité une préoccupation du quotidien pour chacun et chacune d’entre nous, toutes tranches d’âge et conditions sociales confondues. Dans cet ordre d’idées, nous avons étendu à toute la Suisse notre programme de « Conversations carbone », déjà introduit en Suisse romande en collaboration avec HEKS. Nous avons ainsi proposé l’an passé en plusieurs localités de Suisse alémanique cette méthode conçue en Angleterre pour aider les participant·e·s à adopter un mode de vie sobre en carbone et à réduire leur empreinte écologique. Par ailleurs, pendant les semaines de mobilisation pour le climat en prélude aux élections fédérales, Action de Carême a joué un rôle important dans l’organisation des funérailles très remarquées célébrées en mémoire du glacier du Pizol.

La Campagne œcuménique « Ensemble avec des femmes engagées – ensemble pour un monde meilleur » a permis de donner un visage à 50 actrices du changement et de mettre en avant l’action et le courage des femmes qui collaborent avec Action de Carême et HEKS. Cet hommage a été l’un des principaux messages du 50e anniversaire de la Campagne œcuménique célébré à Berne et à Lucerne lors de manifestations publiques. Chaque année, la Campagne œcuménique permet de toucher plus de deux millions de personnes en Suisse.

Appel à renforcer la lutte contre la pauvreté : des comptes équilibrés

Action de Carême a saisi l’occasion offerte par la mise en consultation du nouveau message du Conseil fédéral sur la coopération au développement pour défendre tant ce secteur que ses propres activités. Avec « Alliance Sud », dont elle a assumé la présidence en décembre passé, Action de Carême est beaucoup intervenue dans le processus politique et le débat public par le biais de ses relations publiques, de la mobilisation citoyenne et du plaidoyer. Nous avons notamment formulé nos revendications concernant l’adoption d’un programme prioritaire de lutte contre la pauvreté, l’allocation de 0,7 % du produit national brut à l’aide au développement et un juste financement de la lutte contre les changements climatiques, ne pénalisant pas les plus démunis.

Grâce à de nombreux dons, à la subvention de la DDC d’un montant inchangé et à une maîtrise rigoureuse des coûts, nous sommes parvenus à équilibrer nos comptes. Les recettes provenant des dons et des subventions (sans la DDC) se sont élevées à 15 361 184 francs, contre 15 685 116 francs en 2018. Avec le produit du négoce et des prestations de services, le produit d’exploitation totalise 22 625 102 francs (contre CHF 21 889 927 en 2018). Grâce aux produits immobiliers et financiers, Action de Carême termine l’année sans enregistrer de perte. 

Renseignements :

Tiziana Conti, responsable médias, Action de Carême, 021 617 88 82

 

 

Ensemble avec des femmes engagées – ensemble pour un monde meilleur
Action de Carême rapport annuel 2019
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« La crise climatique nous oblige à repenser le monde, tout en évitant que la transition se fasse aux dépens des communautés paysannes et indigènes vulnérables. Un objectif qu’Action de Carême défend lors de la conférence sur le climat. »

David Knecht, responsable du programme Économies alternatives, Action de Carême

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La Conférence annuelle des Nations Unies sur le climat a lieu au début de ce mois à Madrid. Avec ses alliés, Action de Carême se fera le porte-parole des communautés paysannes et indigènes menacées par les changements climatiques, afin que leur cause soit entendue et que les accords adoptés prévoient des mécanismes pour les protéger.

Le Brésil a annoncé un objectif ambitieux : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 37% à l’horizon 2025 par rapport à 2005. Pour y parvenir, il faut que les énergies renouvelables couvrent 45% de ses besoins en 2030, de sorte que de nombreux ouvrages hydroélectriques sont à l’étude.

Démasquer les solutions à courte vue

Dans l’État fédéral du Mato Grosso situé dans l’Amazonie brésilienne, notre partenaire Opan est aux premières loges pour constater à quel point la mise en œuvre lacunaire de cet objectif continue de nuire aux populations les plus défavorisées. Dans le seul bassin de la Juruena, il est prévu de construire 127 barrages de petite et moyenne taille, qui mettent en péril les moyens de subsistance des indigènes de la région. En effet, le régime des eaux est bouleversé, les ressources halieutiques disparaissent et certains lieux saints ne sont plus accessibles. De surcroît, l’énergie produite n’apporte aucun avantage à la population locale, car elle est injectée dans le réseau national qui dessert surtout les villes.

Pour cette raison, Opan, une organisation de communautés indigènes soutenue par Action de Carême, dénonce ces solutions qui n’en sont pas et promeut des systèmes énergétiques socialement justes. Pour notre partenaire, il est toujours plus important de pouvoir exercer des pressions internationales sur le gouvernement brésilien actuel, qui étouffe sans cesse davantage la société civile, dont les dirigeant-e-s sont de plus en plus menacés.

À la recherche de solutions socialement justes

Ce sont précisément ces solutions socialement justes qui sont au cœur de la mission de notre partenaire colombien Censat : il met en place des systèmes de production locaux comme des pompes mues par l’énergie solaire –qui irriguent des champs agroécologiques – ou des centrales à biogaz collectives de petite taille, utilisées pour transformer le cacao.

En effet, la portée des objectifs climatiques de l’ONU est insuffisante s’ils ne surveillent « que » la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il est ainsi important que les aspects sociaux soient pris en compte dans la mise en œuvre urgente et nécessaire d’objectifs contractuels contraignants. C’est cette dimension sociale qu’Action de Carême et ses alliés défendent lors de la Conférence sur le climat de Madrid. Avec la CIDSE, le réseau international d’organisations de développement catholiques, il est prévu de consacrer une manifestation à cette thématique, afin de défendre la cause des groupes de population défavorisés, et notamment des indigènes.

Le négoce des certificats d’émissions de COn’est pas une solution durable

À Madrid, les négociations porteront concrètement sur le négoce des certificats d’émissions de CO2. Le Conseil fédéral souhaite avoir recours à ce mécanisme pour atteindre les objectifs climatiques que la Suisse s’est fixés. Ce négoce a pour but de compenser les gaz à effet de serre émis par un pays – la Suisse, par exemple – par des mesures concrètes de réduction mises en œuvre dans d’autres pays, comme le remplacement de groupes électrogènes diesel par des éoliennes à Madagascar. Ce mécanisme repose sur l’hypothèse qui veut que le lieu d’émission ou de réduction des gaz à effet de serre n’a aucun impact sur le climat, contrairement à l’eau ou à la pollution atmosphérique.

Action de Carême estime que ce commerce mondial n’atteint pas son but : la Suisse, pays prospère, doit assumer pleinement sa responsabilité en matière d’émissions de gaz à effet de serre et atteindre l’objectif de réduction à l’intérieur de ses frontières. En outre, le danger est grand que le négoce des certificats d’émission génère des incitations perverses et favorise des projets climatiques aux conséquences sociales dévastatrices.

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