Le réchauffement climatique touche le plus durement les groupes les plus vulnérables, dont la population sénégalaise. Aboubarcry Sall est le coordinateur de notre projet Bamtaree-Podor. Il nous raconte les conséquences de la crise climatique et les mesures qui sont prises.

 

« La sécheresse et le manque d’eau qui sévissent dans la région du Fouta au nord du Sénégal sont une des conséquences du réchauffement planétaire. Cela entraîne une disparition tragique d’espèces végétales et animales et porte de plus en plus atteinte à la sécurité alimentaire des populations et du bétail. Les pâturages et les ressources en eau diminuent comme peau de chagrin, notamment en raison de l’essor des cultures irriguées – notamment rizicoles – et de l’abus d’engrais chimiques et de pesticides, ces derniers ayant également des effets néfastes sur la santé des habitant·e·s. À la recherche de pâturages, les éleveuses et éleveurs doivent parcourir de longues distances, ce qui les éloigne de leur domicile habituel. S’ils emmènent leur famille, c’est l’éducation des enfants qui s’en ressent.

Précipitations irrégulières

Depuis plus de trois décennies, nous enregistrons des précipitations irrégulières en constante diminution. Auparavant, la saison des pluies durait de mai à octobre, soit six mois, et apportait 400 à 500 mm de précipitations. Ces vingt dernières années toutefois, elle ne dure que d’août à octobre et apporte moins de 250 mm. En revanche, nous subissons des inondations lors des années pluvieuses.

S’adapter au réchauffement climatique

Malgré tout, la population fait preuve de résilience et met au point des stratégies d’adaptation à la nouvelle donne. Pour assurer leur approvisionnement en eau, les habitant·e·s forent des puits et construisent des mares. Dans le domaine agricole, la sélection de semences résistantes à la sécheresse pour les cultures céréalières et maraîchères sur les champs familiaux ou collectifs fait des merveilles. En outre, la création de groupes de solidarité permet aux familles paysannes de s’entraider en temps de pénurie. »

L’approche des groupes de solidarité est originaire du Sénégal et constitue un pilier central du travail de l’Action de Carême. Pour en savoir plus sur les groupes de solidarité, cliquez ici.

Die anhaltende Trockenheit lässt Menschen und Tiere in Senegal leiden.
La sécheresse persistante affecte tant les humains que les animaux.

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Cet automne, certains de nos projets au Guatemala et aux Philippines ont été touchés par des ouragans et des typhons. Philippa Mund et Helena Jeppesen, responsables des programmes dans ces deux pays, décrivent les conséquences tragiques de ces évènements et expliquent pourquoi l’aide d’urgence est si importante.

Guatemala CODECA
Philippa Mund :  L’ouragan Julia a touché l’Amérique centrale le 9 octobre. Sa vitesse dépassait les 140 km/h. Il a provoqué de gros dégâts matériels et humains. Outre la vitesse des vents, l’ouragan a provoqué de fortes pluies qui ont inondé des régions entières. En 2020 les ouragans Eta et Iota avaient déjà causé d’énormes dégâts dans le département d’Alta Verapaz. Ce phénomène s’est reproduit en octobre. Le gouvernement en a profité pour proclamer l’état d’urgence. C’est un schéma bien connu lors de catastrophes naturelles : toute protestation ou mobilisation politique est ainsi criminalisée. Nos organisations partenaires ont fait une évaluation des dégâts et une analyse des besoins dans les régions où le projet est mené. Cette analyse a montré que les organisations partenaires, Tzuul Taq’a dans le département d’Alta Verapaz ainsi que la CODECA sur la côte sud étaient les plus touchées.

Helena Jeppesen : En l’espace d’un mois, les Philippines ont été frappées par deux puissants typhons : le typhon Noru le 25 septembre et le typhon Nalgae le 29 octobre. Bien que les vents du typhon Nalgae n’aient pas dépassé force 3 (89-117 km/h), la tempête a apporté de fortes pluies qui ont inondé les régions de Luçon, Visayas et Mindanao. Nous savons par les communautés indigènes Agtas de l’île de Bordeos sur Luzon que la destruction des maisons, des infrastructures et de l’agriculture par le super typhon Noru a été terrible. C’est l’île de Bordeos qui a été la première à être touchée par le typhon. L’électricité et les réseaux de téléphonie mobile ayant été coupés, il nous a fallu beaucoup de temps avant de pouvoir nous faire une idée des dégâts. Les zones les plus touchées étaient les îles au large des provinces de Quezon et d’Aurora, ainsi que quelques villages côtiers. Dans la zone de projet de YAPAK, dans le village côtier de Dingalan, des centaines de maisons ont été détruites.

Philippa Mund : Le 30 octobre, Action de Carême a décidé de cofinancer à hauteur de 50 000 USD un projet d’aide d’urgence au Guatemala d’un montant total de 216 500 USD. L’Aide humanitaire de la DDC en assure la majeure partie. 1800 familles des départements d’Alta Verapaz, Suchitepéquez et Izabal vont pouvoir bénéficier de cette aide d’urgence.

Philippinen YAPAK
Helena Jeppesen : Avant même que les cyclones atteignent les côtes philippines, les organisations partenaires avaient pu se procurer des réserves d’urgence. La population des villages a été évacuée très tôt vers les écoles, les gymnases et les églises. La préparation aux catastrophes naturelles fait l’objet d’exercices réguliers dans les villages où nous travaillons. Nous pouvons ainsi éviter que des personnes ne perdent la vie dans des glissements de terrain, des chutes d’arbres ou à cause de toits qui s’envolent. Nous proposons en outre une aide psychologique à la population traumatisée et aux équipes des projets. (Plus d’informations sur l’approche psychosociale dans le dossier de Perspectives)

Philippa Mund :  L’Equipo de Emergencia Local (EEL), ou équipe d’urgence locale, emmenée depuis 2015 par la coordination de Action de Carême, a été activée le 9 octobre et a envoyé dès le 12 un premier rapport à la section de l’aide humanitaire de la DDC à Managua. Toutes les œuvres d’entraide suisses actives au Guatemala font partie de l’EEL. L’EEL est rattachée à l’ambassade de Suisse et est actionnée en cas de catastrophe naturelle, avec des procédures clairement définies.

Helena Jeppesen : Aux Philippines, les gens ont besoin d’urgence de kits d’hygiène, de nourriture, de bâches et de bois pour la réparation des maisons. En concertation avec les administrations locales et d’autres organisations humanitaires, nous nous concentrons sur l’aide psychologique avec YAPAK à Dingalan. Nous avons débloqué des fonds pour l’aide alimentaire à destination des communautés Agta de TDC.  Nous travaillons depuis de nombreuses années avec ces partenaires de projet et nous entretenons avec eux des échanges réguliers. De plus, des contrôles sont effectués régulièrement pour nous assurer que l’aide parvient bien aux personnes concernées.

Philippa Mund : Au Guatemala, la distribution est également organisée et réalisée par nos partenaires locaux. Ce sont des organisations qui connaissent très bien la situation et qui savent où sont les besoins les plus importants. Des kits d’hygiène, des filtres pour purifier l’eau polluée et des colis alimentaires sont distribués. Pour les achats, la coordination s’appuie sur des points de vente locaux avec qui nous avons déjà collaboré en 2019. Ils proposent des produits agroécologiques.

Cyclones, ouragans et crise climatique

On le sait, le réchauffement climatique exerce une influence déterminante sur la force et la fréquence des cyclones.

Causés par les changements climatiques anthropiques, ces épisodes météorologiques extrêmes peuvent causer d’énormes pertes et dommages. La thématique « Loss and Damage » est notamment à l’ordre du jour de la 27e conférence mondiale sur le climat (COP 27) qui se tient en Egypte depuis le 6 novembre. Et la discussion sera difficile car de nombreux pays riches bloquent les négociations sur ce thème. Ils ne veulent pas indemniser les dommages irréversibles causés par le réchauffement. Or, de nombreux pays riches n’ayant pas l’intention d’indemniser les dommages irréversibles causés par le réchauffement, les négociations sur ce thème s’annoncent tendues.

Action de Carême se bat lors de cette COP27 pour des contributions plus élevées tant en ce qui concerne les mesures contre le réchauffement climatique que l’atténuation des conséquences que ce dernier implique, notamment pour les personnes vivant dans le Sud de la planète. C’est pourquoi il est indispensable que la COP27 soit l’occasion de fixer des engagements forts en faveur de l’accord de Paris sur le climat de 2015, et des programmes ambitieux pour le mettre en œuvre.

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Marieta Llanera, PhilippinesMarieta Llanera, Philippines

Lausanne, le 5 avril 2021 – La Campagne œcuménique « Justice climatique, maintenant ! » de HEKS et Action de Carême a suscité de nombreuses réactions pendant les semaines du carême. Les organisations de développement saluent ces échanges riches et constructifs qui font vivre la campagne et permettent de réaffirmer la pertinence d'un travail de sensibilisation mené depuis plus de 50 ans.

Quatrième campagne sur le climat des organisations de développement protestante et catholique – la première ayant eu lieu en 1989 –, celle qui se termine en ce lundi de Pâques aura fait l’objet de plusieurs débats allant du message transmis par l’affiche de la campagne à l’engagement des ONG chrétiennes – et, par extension, des Églises qu’elles sensibilisent – pour la justice climatique. 

L’affiche de la campagne a invité à réfléchir à l’empreinte écologique de notre consommation en général en prenant l’exemple de la consommation excessive de viande. En effet, le déboisement des forêts tropicales que sa production entraîne ainsi que la forte demande en eau et en énergie qu’elle requiert ont un impact incontestable sur le dérèglement climatique. Loin de vouloir culpabiliser les productrices et producteurs ou les consommatrices et consommateurs de viande, la campagne a eu comme objectif principal d’encourager une consommation plus consciente. 

La crise climatique est un défi mondial majeur et est intrinsèquement liée aux questions de justice sociale et de sécurité alimentaire. Elle impacte directement les droits humains et compromet le droit au développement des pays du Sud et le sort des générations futures. « Il est indispensable que les partis politiques, de droite comme de gauche, s’y intéressent. Cependant, cela fait aussi partie du mandat des organisations de développement Action de Carême et HEKS de s’engager, au Nord comme au Sud, en faveur de la justice climatique, de sensibiliser la population et les politiques sur la gravité du dérèglement climatique et de promouvoir une politique climatique responsable. Nous menons ce travail depuis plus de 50 ans. », affirme Yvan Maillard, responsable du programme Justice climatique chez HEKS.

Des soupes en plein air et des rencontres virtuelles. Retour sur les actions de la campagne en temps de Covid-19 

Cette année, la journée d’action a heureusement pu être maintenue et les paroisses s’y sont engagées activement. Des centaines d’entre elles ont vendu roses et chocolat équitables et mis en œuvre le thème de la campagne avec beaucoup de créativité, souvent en plein air pour s’adapter au mieux à la situation sanitaire. Les traditionnelles soupes de carême ont été adaptées et proposées sous forme de plats à l’emporter ou livrées à domicile. Après une légère baisse en 2020, plus de 400 boulangeries en Suisse se sont à nouveau mobilisées pour soutenir l’action Pain du partage. Du côté du jeûne, une quarantaine de groupes de jeûneurs et jeûneuses en Suisse romande se sont réunis virtuellement pour partager cette expérience qui a vu naître une nouvelle collaboration avec le projet Détox’ la Terre.

Les mesures liées à la pandémie n’ont pas freiné le travail de sensibilisation, qui a été adapté afin de pouvoir proposer différents rendez-vous sous forme de tables rondes ou d’ateliers en ligne. Le thème de la justice climatique a été abordé sous des angles multiples : les investissements des banques suisses dans les énergies fossiles, les mobilisations de la société civile, la co-création de récits de futurs désirables, les Conversations carbone ainsi que la ludique Fresque du climat. 

Même si Marieta Llanera, hôte de la campagne, n’a pu se rendre en Suisse, elle a toutefois pu rencontrer une centaine de personnes en ligne. Elle a témoigné des conséquences des changements climatiques aux Philippines et a sensibilisé le public à la gravité de la situation. Elle a également évoqué son travail avec les populations côtières de son pays, qui sont les plus affectées par le dérèglement du climat, et a souligné leur extraordinaire capacité de résilience.

 

Pour plus d’informations :

Contact :

Tiziana Conti, responsable médias, Action de Carême, 021 617 88 82

Marginalisées, discriminées et bafouées, les communautés indigènes du Guatemala sont les premières victimes de la pauvreté. La pandémie de Covid-19, une politique qui les méprise et, comble de malheur, les ouragans Eta et Iota les ont conduites au bord de l’abîme. Les indigènes ont besoin d’un soutien de toute urgence et la Journée internationale des droits humains est une bonne occasion de le rappeler.

Alors que les Guatémaltèques sont aux prises avec les ravages causés par les ouragans et la pandémie, le Congrès approuve des coupes claires dans le budget dont le poids est supporté une fois de plus essentiellement par les communautés indigènes. La pauvreté et la marginalisation de la population n’ont fait qu’empirer et les violations des droits humains, comme l’interdiction des rassemblements, sont monnaie courante. Flavio Caal Chen, du comité de Redsag, un partenaire d’Action de Carême, brosse un panorama désolant : « Les ouragans Eta et Iota ont fait d’immenses ravages, provoquant inondations et glissements de terrain. La population souffre énormément des conséquences des tempêtes et des pluies torrentielles, surtout dans le nord et l’est du Guatemala. Il est encore impossible d’estimer exactement les dégâts. En effet, les précipitations se succèdent et le niveau des rivières reste élevé. Des centaines de maisons sont sous l’eau, les récoltes de maïs et de haricots sont dévastées, les semences pour la prochaine campagne agricole perdues, des potagers et des villages entiers inondés. Des centaines de communautés sont coupées du monde et encore sous la menace. »

Un gouvernement passif face à une situation d’urgence

La destruction des récoltes et des semences est une catastrophe, car l’agriculture paysanne est aussi la pourvoyeuse d’aliments d’un grand nombre de citadin·ne·s. Les petit·e·s paysan·ne·s peuvent normalement écouler leurs excédents et se procurer ainsi un revenu supplémentaire. Après des mois de confinement, la police de la région de Sololá, où travaille le partenaire d’Action de Carême, a encore durci les directives présidentielles visant à restreindre les déplacements. En effet, alors que le président Alejandro Giammattei avait autorisé les déplacements des véhicules chargés de denrées alimentaires, la police a décidé de les interdire. Il a fallu une émeute de la population affamée pour que la police fasse marche arrière et applique correctement la directive présidentielle.

Quant au soutien que l’État dispense aux communautés indigènes en matière d’agriculture, il est lui aussi marqué du sceau de l’iniquité. « En octobre par exemple, les données du monitorage effectué par la Coordinación de ONGs y Cooperativas de Guatemala (Congcoop) indiquent que le ministère de l’Agriculture n’a utilisé que 33 % de son budget, une donnée alarmante dans un pays frappé de plein fouet par la pandémie, d’autant plus que les communautés indigènes, notamment, n’ont reçu aucun appui », dénonce Flavio Caal Chen de Redsag. Le gouvernement guatémaltèque a aussi encore des progrès à faire en ce qui concerne la prévention des catastrophes naturelles : face à des phénomènes météorologiques récurrents comme les ouragans, il n’a toujours pas pris les mesures qui s’imposent pour protéger tous les habitant·e·s, quel que soit leur statut social.

Droit à la protection, à la sécurité et à l’alimentation

Avec son partenaire Redsag, Action de Carême demande, à l’occasion de la Journée des droits humains, que les communautés indigènes du Guatemala puissent bénéficier de leur droit à la protection, à la sécurité, à l’alimentation et à l’autodétermination. Pour que les paysans et les paysannes puissent vivre et travailler dans des conditions dignes, il faut en outre que le Guatemala adopte et mette en œuvre la Déclaration sur les droits des paysans des Nations Unies que défend Action de Carême en Suisse et dans les pays de l’hémisphère sud. Cette déclaration encourage en effet les gouvernements à adopter des mesures de protection et de soutien des paysannes et des paysans. Coordinateur de Redsag, David Paredes en explique sans détours les raisons : « Sans les paysannes et les paysans, il n’y a pas de nourriture, personne qui prenne soin de l’environnement, de l’eau, des semences et de la biodiversité, des éléments indispensables à notre vie. Il est donc impératif de préserver leurs droits et de leur garantir l’accès à la terre, à l’eau, aux semences et à un travail digne ».

 

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Depuis le mois de mars, le Guatemala est en état d’urgence en raison de la pandémie de coronavirus. Le 6 novembre dernier, la tempête tropicale Eta a aggravé la situation, ravageant des maisons et des récoltes.

Projet d’aide d’urgence : aidez les familles dans les régions de Jalapa et Cubulco.

La tempête tropicale Eta s’est déchaînée sur l’Amérique centrale il y a quelques jours. Le Guatemala a été frappé par des pluies torrentielles qui ont provoqué de violents éboulements et détruit de nombreuses maisons. Il est encore trop tôt pour évaluer les dégâts causés par la tempête sur nos projets. Ce qui est sûr, c’est qu’une grande partie des récoltes de maïs et de haricots a été détruite. Le responsable de notre organisation partenaire Tzuul Taq’a témoigne : « Il est triste de voir que des maisons qui n’avaient même pas l’eau courante sont aujourd’hui inondées. Beaucoup de gens ont tout perdu. »

L’aide, c’est de la nourriture, des semences et de l’espoir

En raison des mesures de confinement dues à la pandémie de Covid-19, de nombreuses familles n’ont plus de revenu. Dans cette situation doublement difficile, nous voulons apporter un soutien supplémentaire à nos projets. Afin d’assurer le ravitaillement de 300 familles dans les régions de Jalapa et Cubulco, nous soutenons deux projets d’aide d’urgence qui consistent à fournir aux familles du maïs, des haricots, du sucre ainsi que des semences pour remplacer la récolte perdue. Nous souhaitons redonner de l’espoir aux populations touchées par la tempête et leur montrer qu’elles ne ne sont pas seules.

Une collaboratrice et un collaborateur de l'organisation Tzuul Taq'a informent sur la situation liée au coronavirus et distribuent de la nourriture en urgence.

Une catastrophe après l’autre

À cause du coronavirus, la situation au Guatemala était déjà précaire avant la tempête tropicale. Dans les régions où les cas d’infections augmentent, les gens ne sont autorisés à quitter leur maison qu’en cas de première nécessité, notamment pour faire des courses alimentaires. Cette situation a un impact considérable sur nos projets, dont la continuité n’est possible qu’à certains endroits.

De nombreuses activités s’accompagnent désormais d’une assistance via les téléphones portables, qui permettent aux personnes participant aux projets de poser des questions et recevoir des conseils. En même temps, la crise actuelle met en avant le travail effectué par nos organisations partenaires, notamment en matière d’agroécologie. En effet, l’utilité de cette méthode de culture de semences traditionnelles, sans pesticides ni engrais chimiques, est reconnue et appréciée au-delà des campagnes.

Aujourd’hui, les habitant·e·s des villes prennent conscience que leur alimentation dépend de la production des agricultrices et agriculteurs. Le dur labeur quotidien des paysan·ne·s est valorisé et leur confiance en leurs capacités est renforcée.

Le coronavirus creuse les inégalités sociales

Cette pandémie met également en lumière, de manière implacable et brutale, les inégalités qui existent encore au Guatemala, plus de vingt ans après les traités de paix. Les mesures de prévention contre le coronavirus sont difficiles à mettre en œuvre dans les zones rurales. Pour se laver régulièrement les mains il faut avoir de l’eau et du savon mais, dans la plupart des régions où se déroulent nos projet, ce n’est pas le cas. Une femme doit déjà parcourir des kilomètres à pied chaque matin pour aller chercher de l’eau pour boire et pour la cuisine. Comment pourrait-elle ramener suffisamment d’eau pour que toute la famille puisse se laver les mains plusieurs fois par jour ?

Philippa Mund, responsable du programme Guatemala chez Action de Carême

 

Pour de plus amples informations sur l’impact du Covid au Guatemala, cliquez ici

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Ines Pérez und Yojana Miner

Inés Pérez Hernández et Yojana Miner, les coordinatrices de notre programme au Guatemala, nous informent régulièrement de la crise de coronavirus dans le pays. Sur le long terme, elles craignent des conséquences néfastes pour la population indigène.

« L’économie informelle est au point mort. C’est difficile pour ceux qui vivent au jour le jour. On s’inquiète beaucoup de la manière dont on peut se procurer de la nourriture lorsque les gens ne sont pas autorisés à quitter leur maison et qu’il n’y a pas de ressources financières.

Les transferts d’argent destinés aux familles qui ont des parents aux États-Unis ou dans d’autres pays ne fonctionnent plus correctement, car les banques ont cessé 75 % de leurs services. Nous craignons une augmentation importante des problèmes liés au manque de nourriture et à la malnutrition. Environ 60 % de la population vit déjà en dessous du seuil de pauvreté.

La population rurale et indigène, notre principal groupe cible dans les projets, sera particulièrement touchée et cette crise leur laissera probablement de profondes cicatrices. Les organisations partenaires d’Action de Carême ont dû réduire une grande partie de leurs activités en raison de l’interdiction de rassemblement. Cependant, elles utilisent des canaux de communication alternatifs tels que le téléphone et les médias sociaux, et informent les personnes participant aux projets sur la manière dont elles peuvent se protéger.

Nous travaillons nous-mêmes à domicile depuis la mi-mars et sommes en contact permanent avec les organisations partenaires, que nous soutenons du mieux que nous pouvons. Nous espérons que, entre octobre et décembre, le retard sur les activités prévues au sein des projets pourra être rattrapé.

La pression du gouvernement sur la société civile se poursuit

Le fait que le Congrès n’ait pas encore cessé de fonctionner pourrait constituer un risque majeur, car des lois qui violent les droits de la population pourraient être adoptées pendant les couvre-feux. Nous espérons que la loi sur les organisations non gouvernementales, qui restreindrait fortement nos possibilités de travail, ne sera pas traitée maintenant.

Au Guatemala, la disponibilité de la nourriture et son accès sont les défis centraux de cette crise. Cela montre une fois de plus combien il est important de mettre l’accent sur le droit à l’alimentation et combien il est nécessaire de tenir compte des préoccupations de la population rurale et indigène. Notre programme au Guatemala s’inscrit dans cette vision. »

Inés Pérez, coordinatrice du programme œcuménique au Guatemala.

Action de Carême prévoit de continuer à soutenir ses organisations partenaires dans les 14 pays dans la même mesure, afin qu’elles ne soient pas contraintes de licencier du personnel et qu’elles puissent adapter leur travail aux circonstances actuelles.

Chaque don nous aidera à soutenir ce travail et à le poursuivre. Vous trouverez ici de plus amples informations sur le programme d’Action de Carême au Guatemala.

 

Präsident von Guatemala, Alejandro Giammattei

L'évolution de la crise de coronavirus au Guatemala

Le 13 mars, le président Giammattei annonce le premier cas de coronavirus du pays, un Guatémaltèque venu d’Italie. Dès le 16 mars, toutes les écoles sont fermées et d’autres mesures sont annoncées :

  • Les frontières terrestres, aériennes et maritimes sont fermées et l’entrée des étrangers au Guatemala est interdite.
  • Plus de rassemblements de plus de trois personnes. Les processions de Pâques sont annulées.
  • Le couvre-feu est décrété entre 16h et 4h.
  • Les transports publics sont suspendus.
  • Les centres commerciaux sont fermés, de même que les bars, les clubs et les restaurants. Les exceptions sont les pharmacies, les stations d’essence et les services de base.
  • Les personnes de plus de 60 ans, les personnes à risque et les femmes enceintes n’ont pas le droit de sortir de chez elles.

Ce règlement s’applique provisoirement jusqu’au 20 avril, les écoles restant fermées jusqu’à la fin du mois. Quiconque ne respecte pas le couvre-feu ou enfreint d’autres règles s’expose à des sanctions très sévères : des amendes s’élevant au minimum à l’équivalent de 850 francs ou l’emprisonnement jusqu’à 6 ans. Ces mesures touchent particulièrement les personnes qui travaillent dans le secteur informel et qui ne peuvent pas respecter le couvre-feu.

Avant Pâques, les mesures ont été renforcées davantage. Tout voyage à l’intérieur du pays est interdit. Dans le même temps, le président a promis de mettre à disposition 11 milliards de quetzales, soit environ 1,35 milliard de francs suisses. 2 millions de familles vont recevoir 1000 quetzales, soit environ 120 francs suisses, pour trois mois chacune. La question de savoir si et comment cela sera mis en œuvre reste ouverte. Le problème de la violence domestique a également été soulevé et les femmes ont été invitées à se manifester si elles en étaient victimes.

Le 8 avril, le gouvernement a indiqué qu’une vingtaine de cas d’infection s’ajoutent chaque jour et que 11 000 personnes ont été mises en quarantaine. Sachant parfaitement que le système de santé n’est pas préparé à une telle crise, le président a menacé de ne retirer les mesures de prévention que si les nouvelles infections étaient inférieures à 12 par jour. Le bilan au 12 avril fait état de 156 personnes infectées, parmi lesquelles 5 sont décédées et 19 sont considérées comme guéries.

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