La votation sur l’initiative pour des multinationales responsables aura probablement lieu à l’automne de cette année. Les Églises souhaitent s’engager activement pour un oui à l’initiative – pour notre prochain et la Création. Une si large prise de position politique des Églises est sans égale.

« L’économie doit être au service de l’être humain. C’est pourquoi l’Église évangélique réformée de Suisse élèvera toujours la voix pour rappeler la Suisse à sa responsabilité à l’égard des êtres humains dans les pays du Sud », déclare Gottfried Locher, président du Conseil de l’Église évangélique réformée de Suisse. Pour l’évêque Markus Büchel, l’initiative pour des multinationales responsables est nécessaire, car « la protection des droits humains et de la Création doit s’appliquer dans le monde entier ». Également pour Alexis Bourgeois du Réseau évangélique suisse, la décision de soutenir l’initiative est essentielle car « nous avons la responsabilité de prendre soin de la création et de respecter les droits humains que cela soit ici ou au loin ».

Les Églises s’engageront activement pour l’initiative durant cette année de votation. La plateforme « Églises pour multinationales responsables » rassemble leur soutien et rend visible leur engagement. Leurs événements, leurs affiches et matériel sensibiliseront le plus grand nombre de personnes à l’objectif de l’initiative pour des multinationales responsables.

Montrez votre soutien à l’initiative dans la plateforme « Églises pour multinationales responsables »

Communiqué de presse de la plateforme « Églises pour multinationales responsables » du 23 janvier 2020

Les droits humains doivent être respectés au Nord comme au Sud

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Aujourd’hui, le Conseil des États a adopté un contre-projet alibi. Ainsi, le lobby des multinationales a réussi à s’imposer. Des multinationales comme Glencore et Syngenta ne devront pas répondre des dommages causés mais simplement publier une fois par an une brochure sur papier glacé.

Après la décision d’aujourd’hui du Conseil des États, la Suisse votera très probablement l’année prochaine sur l’initiative pour des multinationales responsables. Élaboré à la hâte, le contre-projet alibi de la conseillère fédérale Keller-Sutter a recueilli une majorité au Conseil des États. Ce projet ne mènera naturellement pas à un retrait de l’initiative, puisqu’il n’apporte aucune règle contraignante qui empêche les multinationales de violer les droits humains.

Avec la décision d’aujourd’hui, la majorité du Conseil des États adopte une posture protectrice vis à vis des grandes multinationales peu scrupuleuses comme Syngenta et Glencore et souhaite que ces multinationales continuent à l’avenir à ne pas être tenues responsables des violations des droits humains commises. Le contre-projet alibi adopté aujourd’hui n’amène aucune amélioration mais vise à faire croire aux votantes et votants que l’initiative pour des multinationales responsables ne serait plus nécessaire.

Dick Marty, co-président du comité d’initiative, est convaincu que la population ne tombera pas dans le panneau : « Je suis persuadé que ce contre-projet alibi ne déstabilisera pas les citoyens. Car nous savons tous que ce sont justement les grandes multinationales les moins scrupuleuses qui aiment le plus publier des brochures sur papier glacé. Les multinationales comme Glencore ne feront des affaires correctement que lorsque les violations des droits humains porteront à conséquence et qu’elles seront amenées à rendre des comptes. »

Votation l’année prochaine

La votation aura lieu probablement en automne ou en hiver 2020. Dick Marty aborde la campagne de votation de manière sereine: « Le fort soutien à l’initiative, également parmi les cercles de l’économie, me rend optimiste. Je suis très confiant car notre initiative vise une évidence. Lorsque des multinationales empoisonnent l’eau potable ou détruisent des régions entières, elles doivent rendre des comptes. »

Après plus de deux ans de délibérations, 20 séances de commission, et malgré une approbation claire donnée à deux reprises par le Conseil national, le Conseil des États aurait eu l’occasion aujourd’hui d’adopter un compromis largement soutenu. Bien qu’il contienne des concessions considérables par rapport à l’initiative pour des multinationales responsables, ce dernier aurait tout de même mené à des règles minimales contre les plus graves violations des droits humains commises par des multinationales.

Il revient maintenant au Conseil national de dire s’il maintient son soutien à son contre-projet. Mais la décision du jour au Conseil des États rend la votation très probable.

Nos partenaires dans les pays du Sud doivent également pouvoir bénéficier des droits humains.

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