Alors que le monde se remet du sommet des Nations Unies sur le climat à Sharm El-Sheikh, au Kenya, Loisa Maimpu passe sa journée à chercher de l’eau et de la nourriture pour sa famille et ses animaux. Depuis plus de deux ans, le Kenya subit une sécheresse d’une intensité inédite.

Une analyse de Leon Jander, responsable du programme Kenya

Loisa Maimpu, du peuple Massaï, vit dans le comté de Kajiado, une région aride du Kenya à la frontière avec la Tanzanie. Les Massaïs étant des éleveuses et éleveurs de bétail, les grands troupeaux font la fierté de chaque famille et constituent leur moyen de subsistance. La sécheresse croissante due aux changements climatiques rend difficile l’entretien de ces grands troupeaux et les Massaïs doivent parcourir des distances toujours plus longues pour trouver des pâturages.

La longue sécheresse affaiblit les animaux, dont beaucoup meurent.
Le raccourcissement de la saison des pluies a des conséquences dramatiques
Les populations des régions arides du Kenya sont déjà habituées aux périodes de chaleur et de sécheresse. Elles parviennent généralement à se rétablir lors de la saison des pluies suivante. Toutefois, les changements climatiques prolongent tellement la durée et l’intensité des sécheresses que tant les hommes et les femmes que les animaux n’arrivent plus à s’y adapter assez vite. En cette période, la pluie tombe habituellement dans de nombreuses régions du Kenya. C’est en partie le cas, mais pour la cinquième fois consécutive, la saison des pluies est moins intense que la moyenne. Les météorologues parlent d’une diminution des précipitations de 60 %. Les prévisions pour la saison des pluies du printemps 2023 sont tout aussi mauvaises. La sécheresse prolongée affecte la santé des personnes et des animaux ainsi que le développement des enfants, de même qu’elle entraîne une augmentation des décès. En outre, les conflits entre les personnes et avec les animaux se multiplient. Tout le monde est à la recherche d’eau et de nourriture.
L'agriculture offre des sources de revenus et de nourriture supplémentaires.
Amélioration de l’approvisionnement alimentaire
Afin de s’en sortir, les gens se tournent souvent vers l’agriculture comme source de revenus et de nourriture supplémentaires. L’organisation partenaire Olkejuado Pastoralists Development Organization (Dupoto-e-Maa), avec laquelle Action de Carême collabore avec succès depuis 2009, les accompagne dans cette démarche. Lors d’une évaluation externe du projet en 2021, des effets encourageants ont été constatés : 18 % des personnes faisant partie du groupe cible ont indiqué la vente de légumes comme principale source de revenus, alors qu’il n’en était pas encore question au début du projet. L’agriculture a également permis de diversifier l’alimentation et les familles ont désormais plus de légumes sur leur table.
Alors que le monde se remet du sommet des Nations unies sur le climat à Sharm El-Sheikh, au Kenya, Loisa Maimpu passe sa journée à chercher de l'eau et de la nourriture pour sa famille et ses animaux. Depuis plus de deux ans, le Kenya subit une sécheresse d'une intensité inédite.
Action de Carême soutient l’aide d’urgence 
Il faudra des années pour que les décisions prises lors de la COP27 soient mises en œuvre. D’année en année, il sera de plus en plus difficile d’atteindre l’objectif de 1,5 degré. De temps, Loisa Maimpu n’en a plus. Dans la région du projet, Action de Carême fournit une aide d’urgence afin d’atténuer la détresse la plus grave. Ce type d’aide est important pour que les progrès réalisés dans les projets de développement à long terme des organisations partenaires ne soient pas perdus.  

En 2020, l’émission Mitenand de la SRF a fait un reportage sur Dupoto-e-Maa, une organisation partenaire d’Action de Carême au Kenya. Vous trouverez le reportage ici (en allemand).

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« Tous peuvent le voir, mais tous détournent le regard » chante Reinhard Mey dans la chanson Narrenschiff (la Nef des fous), l’histoire d’un bateau qui fait cap sur un récif, à pleine vitesse. Une image qui décrit bien notre comportement individuel face à la crise climatique. Et dans le même temps nombreux sont celles et ceux qui espèrent que des décisions fortes et ambitieuses soient prises lors de la 27e Conférence sur le climat (COP 27) qui débute demain en Égypte.

Analyse de Stefan Salzmann, responsable Climat et politique énergétique chez Action de Carême.

Vagues de chaleur, sécheresses, pénuries d’eau, ce qui fait partie du quotidien des pays partenaires d’Action de Carême depuis des années s’applique aujourd’hui à la Suisse et à l’Europe. Ce que nous avons vécu durant l’été 2022 est un avant-goût amer de ce que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat nous prédit : une multiplication généralisée des phénomènes météorologiques extrêmes en raison du réchauffement climatique, y compris en Suisse.

Cap sur le récif
Et pourtant nous avons du mal à adapter nos pratiques individuelles. Les citernes sont remplies de mazout frais pour l’hiver. Une voisine me dit en passant à quel point elle se réjouit d’un voyage de trois jours à Ibiza. De nombreux concitoyens et concitoyennes qui se plaignaient de la chaleur en été s’énervent contre les prix élevés de l’énergie et achètent de la viande bon marché. Comme s’il n’y avait pas de lien entre tout ça ! Notre bateau se dirige droit sur le récif. Nous le savons et continuons comme si de rien n’était. Et, au final, la facture est supportée par une foule de gens du monde entier qui vivent dans la pauvreté.

Et la politique ?
En Suisse, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites à zéro d’ici 2050 – bien trop tard pour les habitant·e·s de nombreuses régions du monde qui en subissent déjà les conséquences sans y avoir contribué. Une partie du monde politique suisse ne prend pas l’urgence au sérieux. Un référendum a été lancé contre le contre-projet indirect à l’initiative pour les glaciers. Pourtant, la nouvelle loi sur le climat n’est qu’un premier pas dans la bonne direction. C’est précisément pour cette raison que le oui à l’initiative pour les glaciers est un strict minimum si nous voulons contribuer à une justice climatique globale. Prendre encore du retard n’est pas envisageable.

Sharm el Sheikh
La 27e conférence sur le climat débute le 6 novembre en Égypte. De nombreux points importants seront sur la table de négociation, dont le principal sera la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat de 2015. Celui-ci veut limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés Celsius voire, si possible, à 1,5 degré. Or, selon le Climate Action Tracker, nous nous dirigeons vers un réchauffement global de plus 2,7 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle. Concrètement, un programme de travail doit être adopté en Égypte afin d’intensifier d’urgence l’ambition et la mise en œuvre des réductions des émissions (Mitigation Work Programme). Outre la réduction, il s’agit également de s’adapter au réchauffement climatique. C’est pourquoi il est urgent de trouver un accord pour augmenter les contributions au financement de la lutte contre les changements climatiques afin d’indemniser les dommages irréversibles y résultant. De nombreux pays riches bloquent les négociations sur les pertes et dommages (Loss and Damage).

Pour ne citer qu’un dramatique exemple, les inondations au Pakistan, qui ont commencé en juin 2022 et se sont intensifiées en août 2022, ont fait plus de 1 000 morts, affecté 33 millions d’habitant·e·s et détruit 250 000 habitations et 1,8 million d’hectares de terres agricoles. Des millions de personnes sont désormais démunies, privées de perspectives et dépendantes du soutien des pays riches. La lutte pour la protection du climat au niveau mondial et la poursuite de la justice climatique sont indissociables de la notion de solidarité.

Action de Carême s’engage pour une politique climatique ambitieuse en Suisse. L’initiative pour les glaciers est un pas important dans cette direction. Choisissez maintenant quel visage célèbre deviendra notre ambassadeur climatique.

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Communiqué de presse
Campagne œcuménique 2022

Il est temps de prendre des responsabilités

Cette année encore, la Campagne œcuménique avait pour thème la justice climatique. Les œuvres d’entraide EPER, Action de Carême et Être Partenaires ont adressé des revendications politiques en faveur d’objectifs climatiques ambitieux à Madame la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Elles ont également lancé un appel à la responsabilité de chacun·e. Les messages clés des trois organisations de développement concordent avec ceux du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU (GIEC).

Afin de garantir la justice climatique, la Suisse ne doit plus émettre de CO2 en 2050. Étant donné que cet objectif ne sera vraisemblablement pas atteint, la Campagne œcuménique demande que des mesures soient prises immédiatement. « La justice climatique implique que les principaux pays responsables du réchauffement climatique assument la responsabilité des conséquences et des dommages dus aux changements climatiques dans le monde », explique Stefan Salzmann, le responsable climat et politique énergétique d’Action de Carême. La Suisse doit donc proposer une nouvelle loi CO2, qui fixe pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040 grâce à une réduction linéaire des émissions. Elle doit également sortir des énergies fossiles. En Suisse, une pétition en ce sens a déjà récolté de nombreuses signatures. Cette action est toujours en cours.

La crise climatique est bel et bien là, comme en témoignent les deux nouveaux chapitres du sixième rapport du GIEC. Ce dernier souligne l’urgence de réduire les émissions mondiales de CO2, de sortir des énergies fossiles et de développer les énergies renouvelables. Les émissions mondiales de CO2 ne cessent d’augmenter et le plan global de la politique climatique internationale nous mène droit vers une hausse des températures de l’ordre de 2,7 °C, ce qui aurait des conséquences désastreuses.

Une campagne largement soutenue
« Nous sommes ravi·e·s de l’engagement dont ont fait preuve les paroisses, les classes et les bénévoles », affirme Elke Fassbender, la responsable des campagnes de l’EPER. De nombreuses soupes de carême ont été organisées, plus de 7000 roses ont été vendues et des idées créatives ont permis de sensibiliser à la justice climatique. Une grande réussite a été l’« Escape Game » destiné aux jeunes. Il les sensibilise, par le jeu, à différents aspects de la justice climatique, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, sur lesquels ils peuvent ensuite mener une réflexion plus approfondie. Cela permet de renforcer, dès le plus jeune âge, le sentiment de responsabilité en matière de climat, car tout le monde peut agir pour réduire son empreinte carbone.

L’affiche de la campagne l’a montré on ne peut plus clairement : la baignoire remplie d’eau chaude, à gauche, symbolise notre mode de consommation dans les pays du Nord, la partie de droite ses conséquences : un homme essaye de se sauver d’une inondation. Cette image représente les catastrophes naturelles à travers le monde et la souffrance qui en résulte. « Il ne s’agit pas d’interdire aux gens de prendre des bains, mais de les sensibiliser, de les amener à réfléchir et à changer de comportement », explique Matthias Dörnenburg, le responsable des campagnes d’Action de Carême, à propos de l’affiche.

Ressources complémentaires :

Contact :

En matière de CO2, la Suisse vit aujourd’hui à crédit

Des événements météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, les fortes précipitations ou les records de chaleur se produisent dans tous nos pays partenaires. En 1989 déjà, ces événements climatiques étaient au cœur de la Campagne œcuménique. Les choses ont-elles changé depuis ? Bien trop peu. Or, l’inaction de ces dernières décennies n’est pas sans conséquences : en Suisse, nous vivons dès aujourd’hui au-dessus de nos moyens.

Un commentaire de Stefan Salzmann, responsable Climat et politique énergétique chez Action de Carême

Laissez-moi vous expliquer la situation à l’aide d’un exemple fictif. Imaginez qu’en 1990, vous prenez votre retraite, à 65 ans et disposez de CHF 1,8 millions sur votre compte bancaire. Vous avez tout calculé : si vous vivez encore 30 ans, cela vous fait CHF 60 000 par an, soit environ CHF 5 000 par mois. Avec une telle somme, une personne peut vivre tout à fait convenablement en Suisse.

La Suisse vit à crédit

Le problème, c’est qu’en 1990, avec le mode de vie que vous avez, vous consommez CHF 10 000 par mois. Cet exemple illustre bien la situation : 15 ans à peine après votre départ à la retraite, vous aurez déjà dépensé tout votre argent. D’autres personnes devront alors prendre en charge vos dépenses. Vos enfants, par exemple. C’est exactement ce qui se passe en ce moment avec notre budget CO2. Non seulement nous avons épuisé notre budget et vivons désormais à crédit, mais nous continuons à vivre, comme avant, sur un grand pied. La question du crédit reste sans réponse, elle n’est même pas posée.

Nous revendiquons la justice climatique !

Action de Carême et l’EPER se sont donc posé la question de l’avoir. L’objectif était de déterminer la quantité de CO2 que la Suisse peut encore émettre si elle veut se comporter de manière climatiquement correcte. La conclusion est glaçante : à la mi-mars 2022, la Suisse aura émis la dernière tonne de CO2 d’un point de vue climatique. Autrement dit, à partir d’aujourd’hui, nous vivons à crédit, notre compte est vide, d’autres doivent payer pour nous. Les générations futures, mais aussi les habitant·e·s du Sud de la planète, qui souffrent déjà fortement des conséquences de la crise climatique. Si la Suisse veut continuer à contribuer à la justice climatique mondiale, elle doit agir. Outre des objectifs climatiques forts et zéro émission nette d’ici 2040 au plus tard, d’autres mesures sont indispensables, afin de dédommager le reste du monde pour notre comportement climatiquement injuste.

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Communiqué de presse

L’EPER et Action de Carême demandent la justice climatique

Dans certaines régions du monde, la capacité d’adaptation aux changements climatiques a déjà atteint ses limites. Telle est la conclusion alarmante que le GIEC formule dans le rapport qu’il publie aujourd’hui. L’impact est particulièrement grave pour les popula-tions du Sud, qui ne sont pourtant guère responsables du dérèglement climatique. Pour cette raison, les organisations de développement Action de Carême et EPER demandent de toute urgence davantage de justice climatique.

La portée du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est aussi vaste que ses conclusions sont alarmantes : quelque 270 expert·e·s du monde entier ont analysé plus de 34 000 publications scientifiques et rédigé, sur cette base, le deuxième volet de leur sixième rapport, fort de 2500 pages. Celui-ci est consacré aux impacts des changements climatiques pour l’environnement et les êtres humains ainsi qu’aux efforts d’adaptation nécessaires pour que la Terre reste habitable.

Le dernier rapport du GIEC le dit sans ambages : « Les personnes en situation de pauvreté ne sont pas en mesure de s’adapter suffisamment au réchauffement, ce qui met en danger leur sécurité alimentaire. Les responsables de la crise climatique ont ainsi l’obligation morale de les soutenir », explique Stefan Salzmann, responsable du programme Énergie et justice climatique chez Action de Carême, qui a publié un blog sur le rapport. La lecture des 18 chapitres donne la mesure de l’ampleur des enjeux : le réchauffement est si avancé que certaines régions ne sont déjà plus en mesure de s’adapter aux conséquences de cette crise.

Une question de justice
Ce sont surtout les moyens de subsistance des personnes de l’hémisphère Sud qui sont le plus menacés, comme le confirme Judith Macchi, responsable thématique pour le climat et la résilience à l’EPER : « Nous en faisons actuellement l’expérience dans le sud de l’Éthiopie, une région qui subissait auparavant une sécheresse tous les dix ans. Ses habitant·e·s affrontent actuellement le troisième épisode d’aridité depuis 2012 et ne parviennent plus à se refaire entre ces phénomènes extrêmes toujours plus fréquents. »

L’exemple de l’Éthiopie montre clairement que ces personnes paient les pots cassés d’une crise dont elles ne sont pas responsables. Dans son nouveau document stratégique sur la justice climatique, l’EPER définit cette notion et les stratégies qu’elle applique dans ses projets du monde entier pour soutenir des personnes aux prises avec les conséquences du réchauffement. Elle y formule aussi ses revendications en la matière. « Nous demandons que les changements climatiques soient abordés comme un problème non seulement sur le plan écologique, mais aussi sur le plan social et sur celui des droits humains », précise Judith Macchi. « En conséquence, nous défendons les droits des personnes les plus démunies et œuvrons en faveur d’une répartition équitable des coûts et des charges du dérèglement climatique. »

Campagne œcuménique
En Suisse, Action de Carême et l’EPER ont placé la justice climatique au cœur de leur Campagne œcuménique pour un cycle de quatre ans. Intitulée « Justice climatique, maintenant ! », elle démarre le 2 mars. La campagne 2022 abordera tant le gaspillage d’énergie dans les pays riches comme la Suisse que l’impossibilité pour de nombreuses personnes au Sud de s’assurer un approvisionnement stable en énergie verte. Concrètement, les deux œuvres d’entraide demandent au Conseil fédéral et au Parlement de mettre rapidement en chantier la révision de la loi sur le CO2 dans le but de parvenir à la neutralité climatique à l’horizon 2040. 

Plus d’informations :

Renseignements :

Communiqué de presse

Action de Carême lance un projet innovant pour lutter contre la faim

En janvier 2022, Action de Carême a lancé un projet pluriannuel ayant pour objectif la promotion des droits humains au sein des systèmes alimentaires. Implémenté dans dix pays et avec une portée mondiale, le projet RAISE (voir encadré) vise à garantir aux paysans et paysannes la pleine jouissance de leurs droits et à renforcer leur autonomie ainsi que leur sécurité alimentaire.

Le projet RAISE met en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) en promouvant une agriculture agroécologique et adaptée aux conditions locales. Searice, une organisation partenaire d’Action de Carême en Asie du Sud-Est, accompagne le projet sur place. Selon sa directrice, Nori Ignacio, « Le projet vise à renforcer les droits humains et la sécurité alimentaire. Les initiatives qui contribuent à des changements significatifs dans les communautés ne peuvent être durables que si les familles paysannes s’organisent pour agir ensemble. Le travail en partenariat doit leur permettre de faire entendre leur voix et de revendiquer ainsi le respect de leurs droits fondamentaux ».

Le projet prévoit de former des paysans et paysannes, des jeunes et même des enfants sur les droits des paysan·ne·s. Des propositions visant à améliorer les lois nationales en rapport avec ces droits ainsi que les programmes agricoles et alimentaires vont être élaborées de manière conjointe. Parallèlement, un dialogue commun permettra de sensibiliser les gouvernements des pays du projet à la situation critique des familles paysannes et aux systèmes de culture alternatifs comme l’agroécologie. De nombreuses activités sont également prévues pour que ces droits soient mis en œuvre au niveau mondial, dans l’intérêt des personnes concernées, par exemple par le biais d’un rapporteur spécial ou une rapporteuse spéciale de l’ONU pour les droits des paysan·ne·s.

RAISE est notamment financé par la Direction du développement et de la coopération (DDC). « En contribuant à plusieurs projets de renforcement des droits humains, la DDC poursuit ses engagements en faveur d’une gouvernance des systèmes alimentaires plus équitable, participative, inclusive et responsable. Les organisations qui mettent en œuvre le projet RAISE bénéficient d’un excellent réseau au sein des communautés les plus vulnérables et dont l’insécurité alimentaire et nutritionnelle est principalement causée par des inégalités. Ce projet permettra notamment de renforcer les capacités des familles paysannes, des femmes et des jeunes en particulier, à améliorer leurs conditions de vie, par exemple en favorisant leur accès à la terre, aux semences, au financement ou à l’éducation », explique Alessandra Roversi du Programme global Sécurité alimentaire.

Actuellement, et en raison de la pandémie, le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de plus de 800 millions. Parallèlement, les paysans et paysannes productrices de denrées alimentaires sont les plus touchées par la pauvreté et la faim. Leur droit à participer à l’élaboration d’une politique agricole et alimentaire adaptée aux conditions locales est inscrit dans la UNDROP et doit être impérativement garanti. L’urgence est d’autant plus grande que la production alimentaire paysanne est déjà affectée par les changements climatiques, la perte de biodiversité, la dégradation des sols ou le manque d’accès à la terre, à l’eau ou aux semences.

À propos du projet RAISE

Le projet RAISE, qui est l’acronyme de « Rights-based and Agroecological Initiatives for Sustainability and Equity in Peasant Communities », est cofinancé par la DDC. Ce nouveau projet d’Action de Carême réunit des réseaux de groupes de femmes, des jeunes, des enfants et des familles paysannes afin d’encourager la mise en œuvre des droits des paysan·ne·s dans leurs pays et au niveau mondial. Action de Carême fait partie d’un consortium international qui compte cinq autres organisations : Searice, Rural Women Assembly, Dreikönigsaktion, Sociedad Científica Latinoamérica de Agroecología ainsi que Vétérinaires sans Frontières Suisse, avec ses partenaires CEMIRIDE et RBM. Le consortium porte le projet RAISE dans les pays suivants : Philippines, Inde, Népal, Kenya, Niger, Mali, Burkina Faso, Afrique du Sud, Bolivie et Mexique. De plus, la Geneva Academy est mandatée comme partenaire stratégique. Le projet RAISE se déroule dans le cadre du programme Droits humains et systèmes alimentaires de la DDC et est cofinancé par la DDC. La première phase de mise en œuvre a été lancée en janvier 2022 et durera quatre ans.

Pour de plus amples informations :

Bernd NillesBernd Nilles présente le nouveau logo d'Action de Carême. Photo © Fabian Biasio / Action de Carême

En marche vers la transition, Action de Carême fait peau neuve

Action de Carême a célébré aujourd’hui son 60e anniversaire lors d’une cérémonie suivie d’une table ronde dont le thème était les défis de la coopération au développement, notamment dans le contexte de la crise climatique.

Intitulée « La coopération au développement en transition », la table ronde a été l’occasion de refaire le point sur l’orientation de la coopération au développement en période de crise climatique. Animée par Markus Brun, responsable de la coopération internationale au sein d’Action de Carême, elle a vu la participation de Doris Leuthard, ancienne conseillère fédérale, Ruth Huber, ambassadrice et membre de la direction de la DDC, Mgr Felix Gmür, président du Conseil de fondation d’Action de Carême, et Bernd Nilles, directeur d’Action de Carême et président d’Alliance Sud. Bernd Nilles a souligné que les personnes bénéficiaires des projets d’Action de Carême sont très impactées par les conséquences des changements climatiques. « Les catastrophes naturelles provoquées par le réchauffement climatique constituent une menace omniprésente pour les populations du Sud. Leurs moyens de subsistance sont constamment mis en péril par des sécheresses, des typhons ou des glissements de terrain et leur droit à l’alimentation ne peut plus être garanti ».

Plus de justice, moins de « politique de rafistolage »

En 60 ans, Action de Carême est restée fidèle à ses principes : un appel au renoncement, à la solidarité, à la réflexion et à un mode de vie plus sobre ainsi qu’engagement en faveur d’une plus grande responsabilité de la Suisse en matière de politique de développement et d’une gestion de projets sur un pied d’égalité avec nos partenaires dans les pays du Sud. Comme l’a évoqué Toni Bernet Strahm, ancien responsable Communication et formation et ancien membre du Conseil d’administration d’Action de Carême, dans son discours lors de la célébration : « Les femmes et les hommes qui prennent part à nos projets dans les pays du Sud constituent l’essentiel du travail et de l’impact d’Action de Carême. Grâce à leur savoir, leurs compétences, leur proactivité et leur courage, ces personnes créent des organisations, renforcent la société civile et contribuent à l’autonomisation des populations les plus vulnérables ».

Depuis sa fondation, l’idée à la base d’Action de Carême – s’attaquer aux causes plutôt que pratiquer une « politique de rafistolage », lutter pour la justice et favoriser un mode de vie qui n’hypothèque pas l’avenir – n’a cessé d’être approfondie.

Nouveau nom et nouveau logo

La nouvelle identité visuelle d’Action de Carême a été présentée pour la première fois lors de cette journée anniversaire. À partir du 1er janvier 2022, la dénomination romande Action de Carême deviendra la dénomination nationale, Fastenaktion évoluant en Fastenaktion et Sacrificio Quaresimale en Azione Quaresimale. Le changement de nom sera renforcé par un logo qui évoque l’humanité au milieu d’un cercle brisé symbolisant le pain partagé ou l’injustice du monde.

Vous trouverez plus d’informations sur le changement de nom et l’histoire d’Action de Carême dans le dernier numéro de notre publication trimestrielle Perspectives.

Tiziana Conti, responsable médias pour la Suisse romande
conti@actiondecareme.ch

Rapport annuel 2020 : malgré la crise sanitaire, Action de Carême a pu continuer à garantir à ses bénéficiaires l’accès à la nourriture, aux semences et aux mécanismes d’entraide.

Comme l’a démontré l’année 2020, l’approche d’Action de Carême lui permet de continuer à garantir à la population bénéficiaire l’accès à la nourriture, aux semences et aux mécanismes d’entraide même dans un contexte de pandémie mondiale. Un tour de force rendu possible grâce au formidable élan de solidarité témoigné par la population suisse.

La crise sanitaire a frappé Action de Carême pendant la campagne œcuménique, qui représente la principale période de collecte de l’année. Si notre œuvre d’entraide n’a eu d’autre choix que d’annuler les soupes, les services religieux et autres événements dans tout le pays, l’incroyable générosité témoignée par nos donateurs et donatrices a néanmoins permis de financer tous les projets et programmes.

Parallèlement, la pandémie de coronavirus entrave considérablement les activités de notre organisation. Toute la difficulté consiste ainsi à maintenir le lien avec les organisations partenaires dans les pays bénéficiaires malgré les nombreuses restrictions. Voilà aujourd’hui plus d’un an que les chargé·e·s de projets et les coordinateurs·trices d’Action de Carême ont basculé en mode d’urgence. Toutefois, comme l’a démontré l’année dernière, nos projets, qui sont axés sur l’aide à plus long terme, parviennent à combattre la pauvreté même en ces temps difficiles.

En 2020, les activités réalisées par Action de Carême ont permis d’améliorer directement les conditions de vie d’environ 633 000 bénéficiaires dans le cadre de nos 14 programmes pays et de nos trois programmes internationaux. Un chiffre porté à 2,8 millions de personnes si l’on tient compte du nombre d’habitant·e·s touchés indirectement par ces actions. Par ailleurs, nous avons mené, aux côtés de réseaux paysans, de groupes de solidarité, d’organisations ecclésiales et d’associations de la société civile, 331 projets qui avaient pour objet de réduire le risque d’appauvrissement et d’assurer l’accès à une nourriture saine et abondante à la population. Même durant les confinements et les couvre-feux, il a été possible de garantir à la plupart des groupes cibles l’accès aux semences, à la nourriture ou aux caisses de solidarité. Les mesures visant à atténuer les effets de la pandémie de coronavirus ont quant à elles bénéficié à 352 000 personnes.

En Suisse, les activités de campagne et de sensibilisation réalisées par notre organisation ont touché plus de 3,5 millions de personnes, ce qui représente une hausse considérable. Notre engagement a ainsi bénéficié d’une grande visibilité en 2020, qu’il s’agisse de notre soutien de l’initiative pour des multinationales responsables en vue de protéger les droits humains, de l’essor des conversations carbone ou de notre action de distribution de roses menée dans de nombreux hôpitaux durant le confinement.

Hausse des recettes conjuguée à une baisse des dépenses

Le volume de dépenses s’est chiffré à 20 589 709 francs, contre 21 603 624 francs pour les recettes. Au total, 87 % des recettes ont été directement affectées aux activités des projets. Les programmes internationaux Énergie et justice climatique, Justice alimentaire et Matières premières et droits humains œuvrent à l’échelle nationale et mondiale afin d’amorcer des changements politiques et structurels et viennent renforcer les activités des programmes pays.

Voilà aujourd’hui 60 ans qu’Action de Carême met en œuvre avec succès son approche d’autonomisation. Celle-ci repose, notamment, sur les groupes de solidarité, des mécanismes particulièrement efficaces qui ouvrent des perspectives d’avenir à des dizaines de milliers de femmes et d’hommes sur tous les continents d’intervention d’Action de Carême. Même pendant la pandémie actuelle, aux conséquences mondiales toujours plus graves, l’approche adoptée par notre organisation a une nouvelle fois fait ses preuves : les bénéficiaires de nos projets disposaient de solutions face à la crise et ont pu continuer, malgré les couvre-feux et autres restrictions plus sévères, à cultiver leurs champs, à récolter des fruits et légumes et à vendre leurs produits en dépit de la fermeture des marchés.

Création d’une solide alliance

En 2019, Action de Carême a fondé l’alliance Sufosec (Alliance for Sustainable Food Systems and Empowered Communitites) aux côtés d’autres œuvres d’entraide. La faîtière a ensuite élaboré un programme commun axé sur la souveraineté alimentaire afin d’exploiter les synergies, de partager les savoir-faire et d’accroître son impact. Celui-ci déploie ses activités dans pas moins de 28 pays et bénéficie d’un financement de la Direction du développement et de la coopération (DDC).

Renseignements :

Bernd Nilles, directeur d’Action de Carême

Ensemble pour une agriculture qui préserve notre avenir
Action de Carême – Rapport annuel 2020
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