Pendant des années, John* et ses collègues ont travaillé dans des mines de charbon sudafricaines sans recevoir de masques pour se protéger de la poussière. Aujourd’hui, plus d’un millier d’anciens mineurs comme lui souffrent de maladies pulmonaires et réclament un dédommagement de la part des compagnies minières. Action de Carême et l’Entraide protestante (EPER) appuient leur action.
Un texte de François Mercier, responsable du programme Matières premières et droits humains
Dans la province de Mpumalanga, en Afrique du Sud, les mines de charbon sont partout. Le travail dans les mines, souterraines ou à ciel ouvert, est pénible et mal payé. La poussière et les dangers sont omniprésents.
Les quatre mineurs que j’ai rencontrés il y a quelques années à Ermelo ont tous travaillé pendant plus de 20 ans dans des mines de charbon, dont celles appartenant au géant suisse des matières premières Glencore. Ce n’est qu’en l’an 2000, après que les syndicats ont protesté contre les mauvaises conditions de travail, que les compagnies minières acceptent de donner des masques au personnel.
Des séquelles à vie
Pour plus d’un millier de mineurs, cette mesure arrive trop tard. La poussière de charbon s’est accumulée au fond de leurs poumons et déclenche longtemps plus tard une maladie pulmonaire, la pneumoconiose.
Les quatre mineurs d’Ermelo ne travaillent plus aujourd’hui et ils sont visiblement très marqués par la maladie : « Je ne peux plus respirer normalement. Ma poitrine me fait mal et j’ai des problèmes cardiaques », explique John*. Son collègue ajoute : « Je ne peux plus respirer sans médicaments ». Avec d’autres anciens mineurs, ils ont fondé l’association Zamani (« Tentons notre chance » en zoulou) pour s’entraider. Plusieurs de leurs anciens collègues sont déjà décédés de la maladie.