Marginalisées, discriminées et bafouées, les communautés indigènes du Guatemala sont les premières victimes de la pauvreté. La pandémie de Covid-19, une politique qui les méprise et, comble de malheur, les ouragans Eta et Iota les ont conduites au bord de l’abîme. Les indigènes ont besoin d’un soutien de toute urgence et la Journée internationale des droits humains est une bonne occasion de le rappeler.

Alors que les Guatémaltèques sont aux prises avec les ravages causés par les ouragans et la pandémie, le Congrès approuve des coupes claires dans le budget dont le poids est supporté une fois de plus essentiellement par les communautés indigènes. La pauvreté et la marginalisation de la population n’ont fait qu’empirer et les violations des droits humains, comme l’interdiction des rassemblements, sont monnaie courante. Flavio Caal Chen, du comité de Redsag, un partenaire d’Action de Carême, brosse un panorama désolant : « Les ouragans Eta et Iota ont fait d’immenses ravages, provoquant inondations et glissements de terrain. La population souffre énormément des conséquences des tempêtes et des pluies torrentielles, surtout dans le nord et l’est du Guatemala. Il est encore impossible d’estimer exactement les dégâts. En effet, les précipitations se succèdent et le niveau des rivières reste élevé. Des centaines de maisons sont sous l’eau, les récoltes de maïs et de haricots sont dévastées, les semences pour la prochaine campagne agricole perdues, des potagers et des villages entiers inondés. Des centaines de communautés sont coupées du monde et encore sous la menace. »

Un gouvernement passif face à une situation d’urgence

La destruction des récoltes et des semences est une catastrophe, car l’agriculture paysanne est aussi la pourvoyeuse d’aliments d’un grand nombre de citadin·ne·s. Les petit·e·s paysan·ne·s peuvent normalement écouler leurs excédents et se procurer ainsi un revenu supplémentaire. Après des mois de confinement, la police de la région de Sololá, où travaille le partenaire d’Action de Carême, a encore durci les directives présidentielles visant à restreindre les déplacements. En effet, alors que le président Alejandro Giammattei avait autorisé les déplacements des véhicules chargés de denrées alimentaires, la police a décidé de les interdire. Il a fallu une émeute de la population affamée pour que la police fasse marche arrière et applique correctement la directive présidentielle.

Quant au soutien que l’État dispense aux communautés indigènes en matière d’agriculture, il est lui aussi marqué du sceau de l’iniquité. « En octobre par exemple, les données du monitorage effectué par la Coordinación de ONGs y Cooperativas de Guatemala (Congcoop) indiquent que le ministère de l’Agriculture n’a utilisé que 33 % de son budget, une donnée alarmante dans un pays frappé de plein fouet par la pandémie, d’autant plus que les communautés indigènes, notamment, n’ont reçu aucun appui », dénonce Flavio Caal Chen de Redsag. Le gouvernement guatémaltèque a aussi encore des progrès à faire en ce qui concerne la prévention des catastrophes naturelles : face à des phénomènes météorologiques récurrents comme les ouragans, il n’a toujours pas pris les mesures qui s’imposent pour protéger tous les habitant·e·s, quel que soit leur statut social.

Droit à la protection, à la sécurité et à l’alimentation

Avec son partenaire Redsag, Action de Carême demande, à l’occasion de la Journée des droits humains, que les communautés indigènes du Guatemala puissent bénéficier de leur droit à la protection, à la sécurité, à l’alimentation et à l’autodétermination. Pour que les paysans et les paysannes puissent vivre et travailler dans des conditions dignes, il faut en outre que le Guatemala adopte et mette en œuvre la Déclaration sur les droits des paysans des Nations Unies que défend Action de Carême en Suisse et dans les pays de l’hémisphère sud. Cette déclaration encourage en effet les gouvernements à adopter des mesures de protection et de soutien des paysannes et des paysans. Coordinateur de Redsag, David Paredes en explique sans détours les raisons : « Sans les paysannes et les paysans, il n’y a pas de nourriture, personne qui prenne soin de l’environnement, de l’eau, des semences et de la biodiversité, des éléments indispensables à notre vie. Il est donc impératif de préserver leurs droits et de leur garantir l’accès à la terre, à l’eau, aux semences et à un travail digne ».

 

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Depuis le mois de mars, le Guatemala est en état d’urgence en raison de la pandémie de coronavirus. Le 6 novembre dernier, la tempête tropicale Eta a aggravé la situation, ravageant des maisons et des récoltes.

Projet d’aide d’urgence : aidez les familles dans les régions de Jalapa et Cubulco.

La tempête tropicale Eta s’est déchaînée sur l’Amérique centrale il y a quelques jours. Le Guatemala a été frappé par des pluies torrentielles qui ont provoqué de violents éboulements et détruit de nombreuses maisons. Il est encore trop tôt pour évaluer les dégâts causés par la tempête sur nos projets. Ce qui est sûr, c’est qu’une grande partie des récoltes de maïs et de haricots a été détruite. Le responsable de notre organisation partenaire Tzuul Taq’a témoigne : « Il est triste de voir que des maisons qui n’avaient même pas l’eau courante sont aujourd’hui inondées. Beaucoup de gens ont tout perdu. »

L’aide, c’est de la nourriture, des semences et de l’espoir

En raison des mesures de confinement dues à la pandémie de Covid-19, de nombreuses familles n’ont plus de revenu. Dans cette situation doublement difficile, nous voulons apporter un soutien supplémentaire à nos projets. Afin d’assurer le ravitaillement de 300 familles dans les régions de Jalapa et Cubulco, nous soutenons deux projets d’aide d’urgence qui consistent à fournir aux familles du maïs, des haricots, du sucre ainsi que des semences pour remplacer la récolte perdue. Nous souhaitons redonner de l’espoir aux populations touchées par la tempête et leur montrer qu’elles ne ne sont pas seules.

Une collaboratrice et un collaborateur de l'organisation Tzuul Taq'a informent sur la situation liée au coronavirus et distribuent de la nourriture en urgence.

Une catastrophe après l’autre

À cause du coronavirus, la situation au Guatemala était déjà précaire avant la tempête tropicale. Dans les régions où les cas d’infections augmentent, les gens ne sont autorisés à quitter leur maison qu’en cas de première nécessité, notamment pour faire des courses alimentaires. Cette situation a un impact considérable sur nos projets, dont la continuité n’est possible qu’à certains endroits.

De nombreuses activités s’accompagnent désormais d’une assistance via les téléphones portables, qui permettent aux personnes participant aux projets de poser des questions et recevoir des conseils. En même temps, la crise actuelle met en avant le travail effectué par nos organisations partenaires, notamment en matière d’agroécologie. En effet, l’utilité de cette méthode de culture de semences traditionnelles, sans pesticides ni engrais chimiques, est reconnue et appréciée au-delà des campagnes.

Aujourd’hui, les habitant·e·s des villes prennent conscience que leur alimentation dépend de la production des agricultrices et agriculteurs. Le dur labeur quotidien des paysan·ne·s est valorisé et leur confiance en leurs capacités est renforcée.

Le coronavirus creuse les inégalités sociales

Cette pandémie met également en lumière, de manière implacable et brutale, les inégalités qui existent encore au Guatemala, plus de vingt ans après les traités de paix. Les mesures de prévention contre le coronavirus sont difficiles à mettre en œuvre dans les zones rurales. Pour se laver régulièrement les mains il faut avoir de l’eau et du savon mais, dans la plupart des régions où se déroulent nos projet, ce n’est pas le cas. Une femme doit déjà parcourir des kilomètres à pied chaque matin pour aller chercher de l’eau pour boire et pour la cuisine. Comment pourrait-elle ramener suffisamment d’eau pour que toute la famille puisse se laver les mains plusieurs fois par jour ?

Philippa Mund, responsable du programme Guatemala chez Action de Carême

 

Pour de plus amples informations sur l’impact du Covid au Guatemala, cliquez ici

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